Art 12: Sabot - CARPE

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<<< Retour aux articles                                                                                                                                                       Article publié en Juillet 2014


LE SABOT DU CHEVAL



Le pied du cheval constitue un élément essentiel de sa locomotion.

Le cheval est un périssodactyle, c’est à dire qu’il possède un  nombre impair de doigt ( il n’en a qu’un !!) : ce « doigt », le sabot, correspond aux deux dernières phalanges du doigt médian de la main humaine.




HISTOIRE de l’évolution du sabot


Il y a 54 millions d’années (période de l’Eocène), vivent les premiers hippomorphes connus (l’espèce Eohippus) : ils possèdent alors 4 doigts à l’avant et 3 à l’arrière, ainsi qu’un  coussinet plantaire souple a la place du sabot.

Il y a 30 millions d’années (période de l’Oligocène), les
Merychippus et les Hipparions, ancêtres du cheval, sont contraints de gagner les steppes et les plaines à cause de la régression des forêts : le sol est plus dur et ils doivent pour échapper aux prédateurs développer leurs aptitudes à la course ;  le nombre de doigts se réduit à 3.

Au Pliocène, il y a moins de 2 millions d’années, le
Pliohippus présente un doigt unique mais il est fendu : plus tard, les espèces comme le cheval, l’âne, et zèbres (le groupe des Equus) perdront cette fente de leur sabot.  








Evolution du pied du cheval





ANATOMIE du pied









Le paturon : Le paturon est la partie du membre compris entre le boulet et la couronne. Elle a pour base la première phalange.
En arrière du paturon passe l’artère qui irrigue le sabot : l’artère digitée. On peut donc sentir à cet endroit-là le pouls (dit pouls digité).
En cas d’inflammation du pied, le pouls digité est ressenti très fort.   

La couronne : Zone intermédiaire entre le sabot et le paturon.

Le bourrelet périoplique : Bande de corne plus molle, située en haut de la paroi, et qui se confond en arrière avec la fourchette ; elle secrète le périople, une sorte de vernis qui protège le sabot du dessèchement.


Le sabot : Protège les éléments fragiles du pied. La paroi (aussi appelée muraille) est partagée en différentes régions ;  d’avant en arrière, on distingue :
- La pince,
- La mamelle,
- Le quartier,
- Le talon.

La paroi se prolonge sur le pourtour de la surface en contact avec le sol et constitue à cet endroit la surface portante du cheval.
L’angle des sabots avec le sol doit être approximativement de 45 °.





Anantomie du pied




Les os du sabot :


- La « 3eme phalange », ou os du pied, qui s’articule avec :

- La « 2eme phalange », ou os de la couronne et

- L’os naviculaire (en forme de nacelle).


Le coussinet plantaire : Tissu élastique qui joue le rôle d’amortisseur.

Les tendons
: Cordons accrochant les muscles sur l’os.

Les ligaments
: Cordons permettant de relier les os entre eux au niveau des articulations.










La surface solaire : Surface en contact avec le sol.

La sole : Partie concave de la voûte plantaire. Au niveau des antérieurs, la pince est plus allongée, la sole moins concave et la forme plus circulaire.

La ligne blanche(ou sillon circulaire) : Zone située entre la sole et la partie inférieure de la paroi. C’est à cet endroit que les clous des fers viennent embrocher le pied.

La fourchette : Saillie en forme de V située sur la surface plantaire qui recouvre le coussinet plantaire. Elle est constituée d’une corne plus  molle que la sole. La fourchette joue un rôle dans l’amortissement du pied et dans la stimulation de la circulation sanguine puisqu’à chaque poser de pied les vaisseaux sanguins sont comprimés et le sang est repoussé dans les jambes.

Les branches du V de la fourchette rejoignent en arrière du pied le bourrelet périoplique pour former
les glomes.

Les lacunes latérales : Creux de chaque côté des branches du V formés par la fourchette.

La lacune médiane : Creux entre les branches du V formé par la fourchette.


La corne est synthétisée au niveau du bourrelet périoplique (au-dessus du sabot). Elle est composée de kératine ( la même matière que les chevaux ou les ongles) et pousse à raison de 1 cm par mois ; le sabot se renouvelle donc complètement en moyenne tous les 8 mois.

La croissance de la corne s’appelle avalure. Elle est plus importante en été qu’en hiver (en été, les sols sont plus durs et donc la corne s’usent davantage ; un mécanisme d’adaptation provoque donc chez le chevaux une croissance plus rapide de la corne quand les jours rallongent) .
Elle est également  plus rapide chez les juments et les hongres que chez les étalons.
Les pieds non ferrés croissent plus rapidement que les pieds ferrés, et leur corne est plus dure.

La corne est blanche lorsqu’elle fait suite à  une balzane. Contrairement à une idée très répandue, elle n’est pas plus fragile que la corne noire.

La corne n’est pas innervée : elle est donc parfaitement insensible ; c’est pourquoi les chevaux ne ressentent pas de douleur quand on coupe la corne ou qu’on les ferre .

En liberté, l’usure du sabot compense exactement la pousse de la corne. Le cheval domestiqué est quant à lui exposé :
- A une usure trop importante de la corne : liée au travail, ou
- A une usure trop faible : liée à la « sédentarité »par rapport au cheval en liberté.

C’est pourquoi il faut faire intervenir régulièrement un maréchal ferrant afin de « parer » (couper la corne excédentaire) ou ferrer un cheval selon ses besoins. Le maréchal pourra également corriger une déformation du sabot qui entraine des défauts de locomotion.



FONCTIONNEMENT du pied

Lorsqu’il se pose au sol, la paroi, le talon et la couronne se déforme légèrement pour absorber le choc.
C’est pourquoi le facteur le plus important pour le bon fonctionnement du pied est l’élasticité de celui-ci. : De la même façon qu’un homme souffre de chaussures trop raides, le pied du cheval souffre d’un sabot trop sec.

Le coussinet plantaire, situé sous la fourchette, a un rôle d’amortisseur.

Le poids enfonce la seconde phalange et l'os naviculaire à l'intérieur du sabot et tend à écraser le coussinet plantaire contre la fourchette.

A chaque poser le pied, le réseau veineux du pied est comprimé, et le sang remonte ainsi plus facilement dans les jambes.

Le pied est innervé de nombreuses terminaisons nerveuses permettant au cheval de ressentir les variations de pression.


Selon les aptitudes du cheval, la forme du pied varie :

- Les chevaux élevés pour les courses de galop et de plat et les chevaux de dressage ont tendance à avoir les pieds étroits.

- Les chevaux élevés pour le saut et le complet ont un pied plus large pour amortir les sauts.

Mais la forme du sabot n’affecte en rien les performances.









LE FERRAGE et MARECHAL FERRANT


Le parage est la découpe du sabot par le maréchal ferrant.
Il a pour but de donner au sabot une forme et une longueur adéquate.

Il doit être effectué toutes les 4 à 8 semaines chez les chevaux qui ne portent pas de fers, selon la pousse du sabot et l’activité du cheval.

Il faut être particulièrement attentif au parage régulier des poulains car de mauvais aplombs peuvent entrainer des séquelles irréversibles.  Certains poulains présentent de grandes déviations des membres qui peuvent être corrigées par un entretien régulier.

On parle de :  
- parage « au naturel »pour les chevaux qui ne sont pas ferrés mais qui travaillent,
- parage classique
- parage en vue de ferrer
- parage orthopédique : pour corriger un défaut d’aplomb ou pour soulager le pied dans certaines pathologies.

Si un antérieur est plus large que l’autre, c’est que le cheval aura tendance à s’appuyer plus dessus
è cela peut mettre en évidence un phénomène de compensation d’un membre douloureux ou d’une anomalie de la locomotion lieé à un défaut, une douleur …

Le ferrage permet de limiter l’usure du pied lorsque le cheval travaille. Le changement des fers doit être effectué en moyenne toutes les 6 semaines.  








Le cheval doit, dès son plus jeune âge, être habitué à se laisser manipuler les pieds. En effet, il est très difficile d’apporter les soins nécessaires à un cheval difficile qui se défend lorsqu’on lui prend les pieds.



HIPPOSANDALES



Les hipposandales sont des dispositifs permettant de remplacer ou compléter le ferrage. Ce sont véritablement des « chaussures » pour chevaux.

Il en existe de nombreuses sortes :

- pour les soins : hipposandales permettant de faire  des bains de pied ou de maintenir un pansement







- pour le travail : suivant le travail effectué, elles sont de différentes formes, de différentes matières …




                                                                     






Même si l’hipposandale possède quelques inconvénients (il faut que la taille de pied reste constante, il est parfois difficile de trouver la taille exacte correspondant au pied du cheval …), elle permet au cheval de ne pas avoir le pied enserré dans un fer en permanence ; en effet, le fait d’être ferré favoriserait chez le cheval la survenue de troubles, en particulierl’arthrose.




SOINS DES PIEDS
"Pas de pied, pas de cheval »


L’hygiène des pieds est fondamentale : la litière du cheval doit être entretenue afin d’éviter la macération, et les pieds doivent être quotidiennement surveillés et curés.
En effet, le pourrissement de la fourchette est dûe à l’action des bactéries qui provoquent son ramollissement et qui sont responsable d’une odeur nauséabonde.

Il est bénéfique d’appliquer une à 2 fois par semaine un produit adapté à l’état du sabot : graisse, onguent, goudron …

Curer
Le sabot doit être curé quotidiennement ou avant et après chaque sortie du cheval afin d’éliminer les débris qui ont pu s’accumuler au niveau de la sole : ces débris pourraient pénétrer dans le pied et causes de graves dommages.

Avec le cure- pied, le pied doit être nettoyé du talon vers la pince, puis une brosse à poils durs doit être passée sous et sur le sabot.
Attention toutefois à ne pas frotter trop fort au niveau du périople afin de ne pas endommager le système d’hydratation du pied.

Hydrater
L’hydratation du pied évite le fendillement du sabot et maintient sa souplesse.

Le pied possède son propre système d’hydratation. Mais lorsque l’environnement est très humide (terrain boueux, stalles humides …), les pieds ont tendance à se dessécher car cette humidité va retirer la couche protectrice naturelle du sabot.
Il faudra alors appliquer sur le sabot des huiles (exemple : la lanoline).

Les produits destinés à faire pousser la corne ou à améliorer la qualité de celle-ci doivent être appliqués au niveau de la couronne qui génère la corne.

La douche des membres et des sabots humidifient et favorisent la circulation sanguine ; il faut veiller cependant à bien sécher le pied après la douche afin de ne pas provoquer de crevasses au niveau des plis de flexion (paturon).

Pour conserver l’humidité sur un sabot très sec, il faut graisser le pied après la douche, une fois que le sabot est sec (appliquer de la graisse sur une zone humide n’a aucun intérêt car la graisse ne pénétrera pas).

Enfin, masser la couronne, notamment lors de l’application des huiles et graisses permet de stimuler la pousse de la corne.


Assainir
La multiplication des bactéries peuvent provoquer le pourrissement de la fourchette.  

Le pied doit être quotidiennement curé, brossé et assainit (goudron, liqueur de Vilatte …).



Les différents produits


Les huiles :
Elles évitent le dessèchement du pied et lui confèrent une bonne élasticité ; elles se révèlent très utiles chez les chevaux aux sabots fragilesqui supportent mal la ferrure.

L’huile de laurier assouplit le sabot et stimule la pousse de la corne. Elle prévient la formation des seimes.

L’huile d’olive peut être également appliquée sur des pieds secs.


Les graisses :
Elles peuvent être végétales, animales, minérales …

Elles sont appliquées sur les sabots secs.

La graisse de poisson est utilisée pour apporter de la vitamine A et D au sabot.

Attention, les graisses ne doivent pas être mélangées au goudron de Norvège.


Les onguents blonds :
Ils hydratent et nourrissent le pied.


Les onguents noirs :
Ils sont astringents (se dit d’un produit qui resserre et assèche les tissus) et désinfectants.

Ils préservent le pied de l’humidité et permettent de conserver une corne souple.


Les onguents verts :
Hydratent la corne.


Les goudrons végétaux :
Ils sont désinfectants et protecteur de la sole et de la fourchette (ilspréviennent notamment son pourrissement).

Attention à ne pas les appliquer sur la paroi, car cela pourrait rendre la corne cassante.

Le goudron de Norvège protège, durcit et renforce la corne. Il peut être appliqué pour protéger la sole fragile.


La liqueur de Vilatte :
Permet d’assainir une fourchette et des lacunes pourries ou qui dégagent simplement une odeur nauséabonde.

Utiliser un coton- tige pour appliquer la liqueur de Vilate dans les lacunes.



L’alimentation :


Une alimentation correcte est la base pour des sabots de bonne qualité. Elle doit apporter suffisamment  de vitamine B et de zinc.

Si les apports sont insuffisants, des compléments alimentaires peuvent être administrés.

La biotine, bien connue dans le monde des chevaux est la vitamine B8 (attention au risque de confusion, elle est encore parfois étiquetée comme vitamine H).

Elle est naturellement présente dans de nombreuses plantes.

Beaucoup de compléments alimentaires contiennent de la biotine et sont destinés à améliorer la qualité du sabot, mais également des poils et des crins.

Une astuce consiste à remplacer la biotine par du Régilait en poudre (2 cuillères à soupe dans la ration pendant 20 jours).
En effet, il est riche en vitamine B et en zinc.

La levure de bière est riche en vitamine B ( B1, B5, B8, B9) et en minéraux et peut être administrée pour améliorer une corne de mauvaise qualité et cassante.


Le débat des pieds nus


De nombreux cavaliers militent aujourd’hui pour une équitation « sans fers ».

Il est vrai qu’à l’état sauvage, les chevaux évoluent sur de grandes distances et parfois des sols durs avec des pieds nus et que pendant des millénaires l’homme a conquis le monde grâce à des chevaux qui ne portaient pas de fers.

Les arguments avancés par les cavaliers qui préfèrent les  pieds nus sont :

- que le fer est nocif pour le pied: Il serait à l’origine d’un resserrement et d’une déformation progressive du pied.
Le fer empêcherait le pied d’exercer ses fonctions naturelles grâce à l’élasticité qui lui est conférée.
Il serait à l’origine de nombreux troubles, dont une altération de la circulation sanguine.

- Le fer changerait la façon dont le poids est porté sur les pieds, ce qui provoquerait des problèmes tendineux et musculaires.
De plus, les chocs seraient moins bien amortis du fait de la rigidité du pied.

- Il représente un danger supplémentaire pour les autres chevaux et les personnes.

- Les coûts d’entretien seraient plus élevés.
En effet, le parage et l’utilisation d’hipposandales reviennent moins chers à l’année que l’entretien d’une ferrure.

Si l’équitation à « pieds nus » demande au cheval une période de transition assez longue (au moins un an, pendant laquelle son pied va durcir pour d’adapter au terrain), de nombreux chevaux évoluent aujourd’hui dans de nombreuses disciplines (y compris l’endurance) avec des performances tout à fait normales.

Néanmoins, il convient de nuancer ces opinions:

- Le fer présente l’avantage de pouvoir utiliser son cheval sur n’importe quel terrain.

- Tous les chevaux ne peuvent pas évoluer pieds nus. Il faut prendre en compte un  certain nombre de critères concernant le cheval, son activité et son environnement.
Si la plupart du temps, il est possible de passer à une équitation à pied nus, il convient de ne pas imposer au cheval des souffrances inutiles.

- Enfin, le fer est un outil orthopédique parfois indispensable.


PATHOLOGIES


Selon l’exercice du cheval, celui-ci est plus ou moins prédisposéà subir différents troubles du pied :

- CSO : Pathologie podotrochleaire : maladie naviculaire
- Dressage : Problèmes tendineux ou ligamentaires des jarrets et boulets.
- Complet : Maladie naviculaire et pathologies tendineuses et ligamentaires.


Défauts d’aplomb des sabots :

Ils entrainent une répartition inégale des pressions au niveau du pied. Il faut donc les compenser par une ferrure adaptée afin d’éviter la survenue de pathologies.

Les aplombs doivent être droits  et la longueur du talon doit être la moitié de celle de la pince :




   




On dénombre de nombreux  défauts d’aplomb qui affectent le sabot :

- La pince est tournée vers l’extérieur : le pied est dit « panard ». L’appui se fait sur le talon extérieur et le quartier interne.







Cheval panard



- La pince est tournée vers l’extérieur : le pied est dit « cagneux ». L’appui se fait sur la pince, la mamelle et sur le talon interne.





Cheval cagneux





- L’appui se fait principalement sur la pince : le pied est dit « pinçart ».

- L’appui se fait principalement sur le talon : le pied est dit « talus ».

- La paroi est très verticale et le talon très haut : le pied est dit « rampin », il traine au sol lors de la marche.

- Un côté du sabot est plus haut que l’autre, le pied est dit « de travers ».



Tares


Ce sont les affections articulaires qui atteignent les os, les cartilages et les gaines synoviales des tendons (gaine contenant du liquide qui permet d’éviter le frottement des tendons contre l’os et permet le glissement des tendons les uns sur les autres).

On parle de tares dures et de tares molles.

Les tares dures atteignent les os et les cartilages. Elles sont disgracieuses, mais n’entrainent généralement pas de symptômes.




Tare dure


Les tares molles correspondent à des kystes synoviaux : les articulations sont entourées d'une poche contenant du liquide synovial, qui permet aux os de l’articulation de glisser entre eux.
Cette poche peut développer une petite excroissance, qui se remplit de liquide synovial à son tour : c’est le kyste synovial.

Les tares molles sont souvent liées à un travail excessif des articulations et des tendons. Elles sont souvent peu douloureuses.





Tare molle




Fourbure


La fourbure est une congestion inflammatoire aigue du pied. Mais le sabot n’étant pas extensible, il en résulte une compression des vaisseaux sanguins, donc une ischémie (diminution de l’apport de sang aux tissus) et une nécrose (mort des tissus).
Les os se désunissent alors de la corne, et la troisième phalange bascule vers l’avant : elle peut, dans les cas extrêmes, venir perforer la sole.













Symptômes de la fourbure

- Boiterie des antérieurs
- Pour soulager les antérieurs de son poids, le cheval se porte sur les postérieurs




- Un des sabots antérieurs est chaud et douloureux à la percussion (lorsqu’on le frappe avec un cure- pied par exemple).

- Parfois : sueurs, pouls accéléré, respiration accélérée, température augmentée, cheval abattu.


Notes :
Constantes normales chez le cheval
Pouls : 28-40 bpm
Fréquence respiratoire : 8-16 / mn
Température : 37.5- 38°



La fourbure est liée à l’accumulation de toxines dans l’organisme, c’est une sorte « d’empoisonnement ».

Cause des fourbures :
- Excès de nourriture, déshydratation.
- Infections généralisée.
- Rétentiondu placenta chez la jument qui vient d’avoir un poulain.
- Excès de travail.
- Excès de poids chronique.
- Traitement par corticoïdes.

La fourbure est une urgence. En cas de doute, il faut contacter immédiatement son vétérinaire.


Traitement :
- Traitement de la cause.
- Mise au repos ; ne pas faire marcher le cheval. Cela favorise la bascule de la 3éme phalange.
- Anti- inflammatoires.
- Ferrure orthopédique qui limitera l’appui sur la pince et favorisera l’appui sur les talons.
- Traitement visant à provoquer une « vasodilatation », c’est-à-dire une dilatation des vaisseaux sanguins et une fluidification du sang.
- Ne pas doucher les pieds à l’eau froide, pour ne pas provoquer une vasoconstriction (resserrement des vaisseaux sanguins).


Une fourbure aigue (c’est-à-dire une crise soudaine et violente) peut se transformer en fourbure chronique (la maladie s’installe dans le temps). Si le cheval peut supporter qu’on lui retire ses fers orthopédiques, on privilégiera alors le déferrage, car celui-ci permettra au pied d’être mieux vascularisé et favorisera la guérison.



Maladie naviculaire
( maladie podotrochléaire)



C’est la maladie de l’os naviculaire et des tissus qui l’environnement : tendons, articulations et ligaments.

Cause de la maladie naviculaire :
A l’origine de la maladie naviculaire, on trouve des  micro- traumatismes répétés qui entrainent un cercle vicieux:
Inflammation du pied
è destruction osseuse èdéfaut de motricité è inflammation …

Ces traumatismes peuvent être dûs à :
- Une surcharge de travail, terrain de travail mauvais, mauvais parage, mauvaise ferrure : qui provoquent une atteinte des tendons et des ligaments.

- Un pied avec une pince longue est des talons bas est prédisposé a cette pathologie.

- Une prédisposition génétique peut être en cause (certains chevaux dont les parents ont développé cette maladie peuvent être plus facilement atteints).


La douleur se situe au niveau des talons : le cheval appuiera préférentiellement sur la pince.

Traitement :
- Mise au repos
- Anti inflammatoire
- Ferrure adaptée : egg- bar shoes, c’est à dire ferrure à l’envers. Parfois, des talonnettes sont posées. Le principe est de soulager l’appui sur les talons.



   
Egg bar shoes



La section des nerfs digités peuvent supprimer la douleur en cas de maladie naviculaire.
Mais elle cause une aggravation de la maladie, car le cheval n’ayant plus mal, il va augmenter l’appui sur le pied malade.
De plus, elle est également transitoire : la douleur réapparaitra au bout de quelques mois.
Elle est donc le traitement de dernier recours, et qui n’a pas pour but de le guérir, mais de soulager sa douleur transitoirement.


Arthrose

Il est lié au vieillissement des articulations. Elle entraîne une boiterie dite « à froid », c’est-à-dire que la boiterie est plus forte « au démarrage » et moins forte lorsque l’articulation devient chaude au cours de l’exercice.

Le cheval va s’appuyer davantage sur le talon.

Traitement
- Favoriser l’exercice en prévention.
- De nombreux traitements existent pour protéger les articulations et prévenir l’arthrose.
- Harpagophytum au long cours.
- Ferrure orthopédique.



Pied bot

Rétractation du fléchisseur, c’est-à-dire du muscle qui permet au pied de se fléchir. Cela provoque :

- Une paroi qui pousse à la verticale.
- Talons massifs.
- Fourchette très serrée dans une sole très dure.
- Sole irrégulière et convexe par endroit.



Pied bot




Traitement :

Essentiellement par les soins de maréchalerie :

- Pose d’un fer à la florentine
- Déferrement et parage du pied de façon à remettre, le tendon fléchisseur du pied en activité.




Fer à la florentine




Encastelure


L’encastelure est un resserrement du sabot, qui provoque une atrophie de la fourchette et du coussinet plantaire.

L’appui ne se fait donc plus suffisamment sur la fourchette, et le cheval boite.




Encastelure




Seimes


Fentes du sabot.




Seime


La seime classique est la plus grave, et atteint la couronne : la corne cesse alors de pousser.

Elles peuvent être très douloureuses et provoquer secondairement une infection.

Pour prévenirles seimes, il faut maintenir une bonne hydratation du pied et parer régulièrement le cheval.

Le traitement : soins de maréchalerie.
- Elles peuvent être stoppées par exemple par un coup de râpe en haut de la seime lorsqu’elle est montante.
- Les seimes descendantes sont plus difficiles à soigner car la couronne, qui génère la corne, ne peut pas combler la seime. Parfois, le maréchal pose des agrafes pour resserrer les bords de la seime.
- Le port d’hipposandales est parfois nécessaire.


                                 
Seime rapée                                                               Seime agrafée





Fourmilière


La corne se décolle des tissus et crée une cavité.
Elle peut être secondaire d’une fourbure, d’une seime ou d’un « clou de rue ».
La cavité s’infecte par la suite, provoquant une boiterie,  un échauffement du pied, et un œdèmeau-dessus du sabot.


           
Fourmilière




Traitement : soins de maréchalerie.

Le maréchal va creuser la cavité et appliquer des pansements désinfectants.



Pourriture de fourchette


Liée à une mauvaise hygiène  du pied. La fourchette devient noire et spongieuse. Elle dégage une odeur nauséabonde.



Fourchette pourrie



Traitement préventif : Entretien du pied et de la litière.

Traitement curatif : Application d’antiseptique.

Pododermatite végétant(crapaud)


Liée à un défaut d’entretien dans un climat chaud et humide. La sole s’effrite et devient blanchâtre.




Crapaud



Traitement préventif : Entretien du pied et de la litière.

Traitement curatif : Application d’antiseptique. Parfois, l’administration d’antibiotique par le vétérinaire est nécessaire.




Les abcès de pied
(voir article consacré à cette pathologie)


Un abcès de pied est une collection de pus localisée dans la sole.

Il peut être lié à un traumatisme ou à la pénétration de bactéries dans le pied.

Les abcès entrainent une boiterie intense car ils sont très douloureux.

Le pied est chaud, le pouls digité est « trop bien perçu », c’est-à-dire qu’il frappe très fort.

Traitement :
- La collection de pus est évacuée,
- La cavité infectée est curetée,
- Des antiseptiques sont appliqués.
-  Parfois, l’administration d’antibiotiques par le vétérinaire est nécessaire.
- Penser àvérifier que le cheval est bien vacciné contre le tétanos.
- L’élimination de la collection peut être facilitée par les bains de pied ( détails dans l’article consacré aux abcès de pieds).


Crevasses


Lésions de la peau au niveau des plis « de flexion », c’est-à-dire au paturon.
Elles sont liées à un manque d’hygiène, une litière sale, des douches prolongées avec un séchage insuffisant.



Crevasse


Le traitement est essentiellement préventif : il faut maintenir le pied et la litière propre, bien sécher la peau après la douche et éviter de couper les fanons qui permettent à l’eau de s’évacuer naturellement.

Le dentifrice ou l’homéoplasmine peut être utilisé pour soigner de crevasses déjà installées.



Gale de boue

Infection par un acarien (ChorioptesBovis).

La gale de boue provoque une forte irritation de la zone atteinte ; le cheval peut se montrer parfois agité et aller jusqu’à mordre le membre parasité.

Les membres doivent être maintenus au sec, et traités avec des produits désinfectants et anti- parasitaires. Lorsque le cheval est en milieu humide, la peau peut être protégée par l’application de vaseline.




Gale de boue





Bleimes


Contusion de la sole.

Elles peuvent être liées à un traumatisme de la sole, une marche avec une sole trop plate (elle doit être légèrement concave), ou un corps étranger. Elles peuvent être également liées à un resserrement des talons, une fourbure, ou à une mauvaise ferrure.
Les bleimes peuvent provoquer secondairement un abcès.


Bleimes




Traitement :

- Mise au repos.
- Extraction du corps étranger.
- Anti- inflammatoire.
- Pansement.
- Parfois, une ferrure « a plaque »est posée, mais elle a l’inconvénient de rendre la sole plus fragile.



Ferrure à plaque



L’étonnement

Congestion de la chair du pied liée à un coup. Il est l’équivalent de la bleime, mais sur le dessus du pied et non dessous.  Il peut être douloureux et entraîner une boiterie importante.


Clou de rue

Perforation de la sole par un objet.

Traitement
- Traitement local par antiseptique,
- Parfois un traitement antibiotique est nécessaire.
- Penser àvérifier que le cheval est bien vacciné contre le tétanos.


Enclouure et piqure

Lors du ferrage, un clou peut perforer les tissus vifs des pieds.
On parle de piqûre si le clou est immédiatement retiré et d’enclouure si le clou reste en place.



Atteintes

Ce sont des chocs sur les membres.
Des guêtres et protèges boulets peuvent être posés afin de protéger le cheval des atteintes.



Entorse

Ce sont des déchirures des ligaments (cordons qui rattachent les os entre eux au niveau des articulations). Elles atteignent principalement le boulet.



Fracture des os du pied

Ce sont des fractures graves, qui peuvent entrainer l’euthanasie du cheval.


CS


 
 
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