Art 16: conformation allures - CARPE

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Article publié en Septembre 2014


Anatomie : Conformation des chevaux


I) Quelques définitions

II) La conformation

III) L’équilibre

IV) Format et proportions
1) Le profil

a) Longiligne
b) Médioligne
c) Bréviligne

2) Le canon de Bourgelat

V) La conformation en rapport avec les aptitudes des chevaux

1) Vitesse
2) Puissance
3)Haute- école et dressage




I) Quelques définitions

Conformation : La conformation est la manière dont sont assemblées les différentes parties du corps ; c’est « l’ apparence extérieure » de l’animal .

Allure : Manière de se déplacer, d’exécuter les mouvements.

Aptitude : Compétence reconnue dans un domaine.



II) La conformation des chevaux

Les chevaux ont évidemment dans leur morphologie des critères communs mais les races ne possèdent pas toutes la même « conformation ».  

L’équilibre et les allures du cheval dépendent de cette conformation.

Les différentes parties du corps du cheval ont des fonctions particulières et de leur forme et de leur conformation dépendront les aptitudes naturelles du cheval :


-
Les antérieurs soutiennent la masse.
- Les postérieurs jouent un rôle de propulsion.
- L’encolure sert de balancier.
- La colonne vertébrale assure la liaison entre l’arrière et l’avant main : elle transmet la propulsion vers l’avant.



III)  L’équilibre

L’équilibre du cheval dépend de l’endroit où se place son « centre de gravité ».

La morphologie, la musculature, le dressage, le poids porté par le cheval (…) sont des facteurs qui interviennent sur cet équilibre.

Par exemple, une encolure fine et longue surcharge l’avant main.
Le fait de porter un cavalier déplace l'équilibre vers les épaules...

Certains chevaux sont dits «
faits en descendant » : l’équilibre est naturellement porté sur les épaules.

Les chevaux  « faits en montants »ont quant à eux un centre de gravité reporté sur l’arrière, sur les hanches .



L’équilibre du cheval porté sur les épaules favorisera la vitesse


Cheval « descendant », équilibre sur les épaules


S’il est intéressant dans les courses d’avoir un cheval en équilibre sur les épaules, toutes les autres disciplines de l’équitation viseront à reporter ce poids sur l’arrière main.

Mais
le dressage du cheval doit lui permettre de déplacer ce centre de gravité à volonté.




L’équilibre peut être horizontal




Equilibre horizontal




L’équilibre peut être sur les hanches pour les allures rassemblées



Cheval « montant », équilibre sur les hanches





IV) Format et proportions

Les races équines sont classées en fonction de 3 critères morphologiques :

-
Le profil (longiligne, bréviligne et médioligne)
-
Le format (poids) et les proportions (déterminées par diverses mesures)
- Le rapport entre ces différentes mesures (déterminant des
indices) et les angles articulaires.




Principaux repères anatomiques et mesures du cheval


A= Longueur de la tête (de la base de l’oreille au bout du nez)
B= Périmètre thoracique (passant par la base du garrot et par le passage de sangle)
C= Hauteur au garrot (du sommet du garrot au sol)
D= Longueur du corps (de la pointe de l’épaule à la pointe de la fesse)
E= Longueur de la croupe (de l’angle externe de la hanche à la pointe de la fesse)
F= Vide sous sternal (de la partie inférieure du sternum au sol)






Angles et principaux repères anatomiques


A
= Angle scapulo- huméral
B= Angle de l’épaule ( scapula) avec l’horizontale
C= Angle de l’humérus avec l’horizontal
D= Angle ilio- femoral = Angle coxo- femoral
E= Angle du grasset
F= Angle du jarret
G= Angle de l’ilium avec l’horizontal
H= Angle du fémur avec l’horizontal




1)Le profil

L’analyse de la morphologie du cheval prend en compte 4 critères :
- La
taille
- La
compacité
- L’
architecture des rayons osseux antérieurs
- L’
architecture des rayons osseux postérieurs


a) Le longiligne

Les chevaux de courses sont dits longilignes (ils sont élancés).

Chez ce type de chevaux, les rayons des épaules/ bras/ avant-bras sont généralement
longs et les rayons du canons courts, donnant des allures peu « relevées ».


Au contraire, chez les chevaux possédant des avants bras courts et des canons longs, les allures sont relevées.

La longueur des paturons donnent de l’élasticité aux allures.



Le longiligne : Pur-sang anglais


Longiligne, de taille moyenne et très élancé (très peu de compacité), ce cheval est plutôt fait « en descendant », son équilibre se porte sur les épaules, ce qui lui donne de la vitesse, mais peu de souplesse, de maniabilité et de capacité au rassembler.





b) Le médioligne

Les chevaux de selles sont dits médiolignes (ils s’inscrivent dans un carré).

Ce type de cheval possède un meilleur
équilibre naturel que les autres, favorable au « rassembler », et le poids d’un cavalier les affecte moins.




Le médioligne : le cheval ibérique



Médioligne, de taille moyenne, ce type de cheval est plutôt fait « en montant » : il a tendance àêtreéquilibré sur les hanches et possède une grande souplesse, une grande maniabilité et une tendance au rassembler.



c) Le bréviligne

Les chevaux de traits sont dits brévilignes (ils sont plus compacts).



Le Bréviligne : le cheval de trait


Bréviligne, de poids très important et de taille moyenne, ce type de cheval est très compact, il a une importante force de traction et de résistance.




2) Le canon de Bourgelat

En 1962, Claude Bourgelat, fondateur de l’Ecole Vétérinaire de Lyon établit les bonnes proportions sur des chevaux de dressage idéalement « conformés ».

L’unité de mesure est la longueur de la tête.

Cette conformation correspond plus à celle des lusitaniens (ou de l’alter real, qui d’après ce critère est le cheval de dressage idéal) que des chevaux de selle.






V) La conformation en relation avec les aptitudes des chevaux



« L’harmonie d’ensemble prime avant tout. La première harmonie qui s’impose est la correspondance entre l’avant main et l’arrière main, et la juste proportion de l’influence réciproque qu’elles exercent l’une et l’autre dans tous les mouvements du cheval ». Général Decarpentry, 1949.



1) La vitesse

La vitesse dépend de la longueur et du rythme des foulées.

Une
grande taille et des allures dites « rasantes » sont donc indispensables.

Des
« rayons supérieurs » ( bras, avant-bras) longs associés à un canon court est le meilleur atout pour aller « chercher le terrain » loin devant sans que le pied ne décolle trop du sol.

Le pur sang de course, par exemple possède une grande taille et a des allures « rasantes » idéales pour avoir des foulées très allongées :
épaule longue et inclinée, bras long et vertical, croupe longue et horizontale, cuisse longue, jambe longue, canon court. La fermeture de l’angle coxo- fémoral ramène le postérieur très en avant.




Pur sang anglais







Les trotteurs sont grands, mais plus « compacts » que les galopeurs : épaule plus verticale, angle scapulo- huméral plus ouvert, avant-bras plus court, canon plus solide, croupe plus inclinée, angle de l’ilium et du fémur avec l’horizontale et angle coxo- fémoral plus ouvert ce qui permet un engagement du fémur maximum pendant le trot.




Trotteur







2) La puissance


Les sauteurs

Un sauteur est
grand et très compact : épaule inclinée, angle scapulo- huméral, angle de l’épaule et de l’humérus avec l’horizontal plutôt fermés. Croupe longue, inclinée, large, rectangulaire vue de dessus, puissant, angle du fémur avec l’horizontal assez fermé.

Le sauteur doit avoir une
grande capacité au rassembler pour l’abord de l’obstacle qui nécessite de déplacer l’équilibre vers les hanches. Les extrémités solides et fortes donnent de la puissance.




L’Hanovrien est connu pour sa capacité en saut d’obstacle









Le trait

Une grande
puissance est développée par les chevaux de trait : ils sont très lourds et très compacts. L’épaule est courte et verticale, le bras long et incliné (force de traction), l’avant-bras, le canon et le paturon sont courts et puissants. La croupe est courte, large et oblique. La cuisse est longue (puissance et traction), le jarret est fort.




Cheval de trait breton








3) Haute école et dressage


Pour ces disciplines, le cheval doit avoir une conformation propice au rassembler et des allures relevées.

L’arrière main est forte pour supporter le poids déplacé vers les hanches. L’encolure doit être relevée et la tête ramenée.
On recherche des extrémités postérieures avancées sous le corps, des angles des jarrets fermés, avant-bras et jambes courtes mais canons assez longs. Ainsi les allures sont relevées.




L’alter real correspond au « canon de Bourgelat »



Les chevaux ibériques possèdent un équilibre naturel sur les hanches.

Ils sont extrêmement maniable, possèdent une grande aptitude au rassembler et des allures relevées. Ils sont très souples, ce qui les empêche parfois de conserver une rectitude : c’est pourquoi on les rencontre peu dans les hautes compétitions de dressage.








En bref :
Le longiligne (type pur-sang anglais) : aptitude naturelle à la course
Le médioligne (type cheval ibérique) : aptitude naturelle a la haute école
Le bréviligne (type cheval de trait) : aptitude naturelle au trait



Mais l’aptitude d’un cheval n’est pas seulement une résultante de sa conformation, mais aussi de son entrainement, de son caractère et de divers autres critères.

De taille peu élevée et d’allure et d’origines peu communes dans le CSO, Jappeloup reste un des plus grands champions de saut d’obstacle français grâce à sa fougue, sa rapidité et son respect pour les barres.



CS

 
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