Art 18: Intelligence - CARPE

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Article publié en Octobre 2014


Intelligence du cheval


L’intelligence est l’ensemble des fonctions mentales ayant pour objet la connaissance ; il s’agit de l’aptitude à s’adapter à une situation, et à agir de façon adéquate selon les circonstances (donc l’aptitude à résoudre des problèmes).

L’intelligence intervient dès qu’une réaction est effectuée sans qu’elle soit instinctive où un réflexe.

La définition de Douglas Hofstadter dans "Göedel, Escher, Bach" apporte quelques précisions:
L’intelligence est la capacité de :
- réagir avec souplesse aux situations qui se présentent,
- tirer profit de circonstances fortuites,
- discerner le sens de messages ambigus ou contradictoires,
- juger de l'importance relative de différents éléments d'une situation,
- trouver des similitudes entre des situations malgré les différences qui peuvent les séparer,
- établir des distinctions entre des situations malgré les similitudes qui les rapprochent,
- synthétiser de nouveaux concepts à partir d'anciens concepts assemblés différemment,
- trouver des idées nouvelles.    ( source Wikipédia)

Le cheval possède un potentiel d’intelligence important.

Les animaux qui développent les aptitudes intellectuelles les plus importantes sont ceux qui mettent longtemps à devenir adulte, qui ont une vie longue et qui se reproduisent lentement : en effet, une vie longue implique des changements dans l’environnement auquel l’animal devra s’adapter, donc stimule son intelligence naturellement.

De même, l’enfance est la période qui permet de faire un grand nombre d’apprentissage, par répétition des gestes de la mère ou par le jeu, qui permet de « faire semblant ». Or le cheval ne devient adulte qu’entre 5 et 7 ans.

Ce qu’il ne comprend pas l’effraie, c’est pourquoi un cheval est « curieux », il va s’intéresser à un objet qui lui a fait peur afin de l’interpréter et de se rassurer.

Le siège de l’intelligence est évidemment le cerveau, et 4 conditions doivent être réunies afin que ce dernier fonctionne correctement :

- Un cerveau bien oxygéné.

Donc une bonne santé physique. Evidemment, le cerveau ne doit pas être touché par des lésions qui pourraient gêner son fonctionnement.
Attention, la taille du cerveau n’est pas en relation avec l’intelligence d’un animal. Ceci a été depuis longtemps démontrée par les scientifiques.

- Des organes sensoriels apportant une information adéquate.

Pour apporter une réponse à un environnement particulier, il est nécessaire de « saisir » cet environnement.
Evidemment un organe défectueux peut être remplacé par d’autres, par exemple, un cheval aveugle ne sera pas « moins intelligent » ; une fois adapté à son handicap, ses autres sens prendront le relais afin de lui fournir toutes les informations nécessaires pour connaitre et comprendre ce qui l’entoure.

Le cheval, comme tous les animaux qui sont des « proies » pour d’autres, est doté de grandes capacités sensorielles : vision développée, ouïe fine … qui lui permettent de percevoir leur environnement avec une grande sensibilité.

Prenons par exemple le cheval connu sous le nom de
Clever Hans dit« le malin » : Connu pour pouvoir résoudre des additions simples, il a été démontré que ce cheval ne savait pas réellement compter, mais qu’il percevait chez son propriétaire une attitude particulière quand il atteignait le compte. Il percevait des signes presque imperceptibles pour les humains.




Hans le malin



Cette sensibilité différente de l’homme et du cheval est souvent à l’origine des ordres contradictoires que l’homme peut envoyer inconsciemment au cheval et donc à l’origine d’incompréhension. Mais si l’homme peut apprendre à interpréter le comportement du cheval, le cheval peut lui aussi apprendre à « décrypter »l’humain.


- Des conditions mentales correctes.

Un choc ou une forte émotion altère le fonctionnement du cerveau : en cas de peur par exemple, le cheval ne peut pas « réfléchir »  correctement, d’où le danger d’un cheval paniqué, même s'il s’agit d’un cheval bien éduqué.

Le manque de stimulation intellectuelle peut également être à l’ origine de carences intellectuelles. Un cheval qui reste enfermé 23h par jour dans un box est forcément « sous stimulé ». Au contraire, un environnement riche en variété lui offre autant d’occasion d’augmenter ses connaissances et de stimuler son cerveau.

- La mémoire.

Mémoire et intelligence sont intimement liées : il faut être intelligent pour mémoriser et l’apprentissage est impossible sans mémoire.

Elle est également un élément qui doit être pris en compte : les expériences passées du cheval déterminent son vécu qui peut parfois être une contrainte pour un apprentissage. Un cheval se souvient par exemple d’une punition injuste et ce vécu ira à l’encontre de l’apprentissage que le cavalier veut lui dispenser.
Comme tous les herbivores à longévité allongée, le cheval est doué d’une excellente mémoire.

Le cheval, comme l’enfant ne « nait » pas intelligent : mais il possède un grand potentiel qui peut lui permettre de développer sa capacité logique.

Par l’éducation de sa mère, l’observation de son environnement, la relation avec d’autres chevaux et avec l’homme, le cheval développe naturellement ses structures mentales. L’éducation apportée par son cavalier va également lui permettre d’acquérir des connaissances et de la logique.

L’intelligence du cheval peut progresser tout au long de sa vie : il peut apprendre même à l’âge adulte, jusqu’à ce qu’il atteigne le seuil de la sénilité.

Mais pour réaliser cet apprentissage, il faut rassembler certaines conditions qui lui sont nécessaires.

- Le travail doit être
motivant pour le cheval (d’où l’intérêt des « récompenses »), et varié, afin qu’il n’éprouve pas d’ennui.
Le travail, lorsqu’il est présenté comme un jeu est bien plus motivant qu’une répétition rébarbative de gestes.

Le cheval n’est pas forcement motivé par les mêmes buts que les humains : sauter des barres ou répondre à un ordre, tout cela doit lui apporter quelque chose pour que cela devienne logique. Son but premier reste de préserver sa vie et son confort. C’est pourquoi le jeu et les récompenses permettent de trouver à ces actions qui pourraient lui être rébarbatives un intérêt à les accomplir.

- Le travail doit également répondre à une
logique compréhensible par le cheval, les ordres clairs et facilement interprétables. Cela implique aussi qu’il est préférable de lui enseigner une chose à la fois afin de ne pas brouiller son esprit et de ne pas le surcharger d’enseignements sur une séance de travail.

Le sens de la pédagogie est essentielle pour faciliter l’apprentissage du cheval tout autant que pour un enfant : c’est pourquoi let travail doit être réfléchit, apportant autant au cavalier qui devient pédagogue qu’à son cheval. Pour développer l’intelligence d’un cheval, il faut être soi-même « intelligent ».

Pour exécuter un exercice, il est nécessaire au cheval de « comprendre » : lorsqu’il ne comprend pas le travail qui lui est demandé, il commet des erreurs, se désintéresse du travail, manque de concentration et s’énerve. Il ne peut exécuter et apprendre correctement sans comprendre.
Doué d’une grande sensibilité psychologique, le manque de compréhension lui fait perdre ses moyens. Il peut alors agir de façon illogique et imprévisible.

Bien entendu, ce travail du cavalier sur son cheval nécessite une connaissance de la personnalité de ce dernier. Est-il joueur ? Se déconcentre-t-il ? Comment interprète-t-il les ordres qui lui sont donnés ? L’éducation doit être menée en fonction du caractère du cheval. Distrait, réactif, de tempérament impétueux … tous les chevaux ont leurs caractéristiques ainsi qu’un vécu qu’il convient de prendre en compte pour que le travail soit efficace.

- Un climat de
confiance est évidemment nécessaire pour que le cheval se concentre sur ce qui lui est demandé et non sur ce qui l’effraie, et afin que le travail ne soit pas pour lui associé à « un mauvais moment ».

-
Le langage est un moyen de communication qui non seulement permet de développer un apprentissage, mais aussi l’intelligence du cheval : en effet, il est structuré, logique, et associatif, comme les structures mentales correctes du cheval.


En conclusion, le cheval est un animal qui a une intelligence potentielle, mais c’est à son dresseur de rendre cette intelligence réelle, son éducation et sa stimulation intellectuelle lui permettant de « transformer l’essai ».




CS

 
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