Art 19: Emphysème - CARPE

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Article publié en Décembre 2014



Emphysème du cheval


L’emphysème est une maladie respiratoire aussi appelée Maladie pulmonaire obstructive du cheval (MPOC),  Broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO),  Obstruction récidivante des voies aériennes (ORVA).

Le terme le plus juste et qui correspondant le mieux aux mécanismes qui le créent est le terme de «
Pousse ».


Comment ?







Un peu d’anatomie :


Radiographie pulmonaire du cheval


L’air pénètre dans l’organisme par les voies aériennes supérieures (nez, trachée ), puis ces voies aériennes se divisent en 2 bronches qui elles mêmes vont se diviser à de nombreuses reprises, devenant de nombreuses bronchioles, qui à leurs extrémités sont formées d’un « petit sac », appelé alvéole.







Cette alvéole est le lieu où l’oxygène inspiré pénètre dans le sang, échangé contre le dioxyde de carbone qui doit être éliminé. Pour assurer leur bon fonctionnement, et notamment pour éviter que ces petits sacs « s’aplatissent », les alvéoles produisent du mucus (une sécrétion visqueuse).







La pousse est l’équivalent de l’asthme ou de l’emphysème pulmonaire chez l’homme (mêmes si les mécanismes qui l’engendrent ne sont pas réellement les mêmes).

C’est une
maladie inflammatoire chronique :
- Les alvéoles pulmonaires se déchirent et produisent du mucus en excès.
- Peu à peu, les alvéoles déchirées forment des « bulles », des zones où le poumon devient inefficace.
- Le mucus encombre les bronches et la respiration devient inefficace.

Le cheval emphysémateux est appelé «
poussif ».


Pourquoi ?

La pousse correspond à une réaction d’hypersensibilité due à des poussières allergisantes : moisissures et spores qu’on peut trouver dans un box mal aéré, avec de la litière souillée ou un cheval nourri avec du foin moisi ….

Parfois, le foin de
luzerne est en cause, certains chevaux y sont allergiques et déclenchent des symptômes semblables à l’emphysème.

Elle atteint donc principalement des chevaux qui vivent en box.

Les poussières et toutes les substances « irritantes » pour le poumon (comme par exemple l’ammoniac dégagé par les urines) aggravent le phénomène d’hypersensibilité bronchique.

Un emphysème peut également se déclencher à la suite d’une
infection virale, qui laisse des séquelles sous forme de cette hypersensibilité bronchique.

Certains facteurs environnementaux peuvent aggraver les symptômes, notamment le
degré d’humidité, le pollen, et la pollution à l’ozone.


La pousse atteint généralement (mais pas exclusivement) les chevaux de
plus de 12 ans, et on estime que 10 à 20 % des chevaux en sont atteints.

On soupçonne aujourd’hui une prédisposition héréditaire.


Comment la reconnaitre ?

Symptômes


Les premiers symptômes passent souvent inaperçus. C’est pourtant à ce stade que la maladie peut être enrayée :

-
Essoufflement au moindre effort,
-
Toux à l’effort, et notamment en début de travail ou après avoir bu. La toux est sèche, par quintes.
- En cas de gros efforts, on observe une
respiration abdominale (contraction des abdominaux, ses flancs s’agitent au rythme de la respiration).
- Le mucus produit en grande quantité peut parfois être évacué sous forme de
« jetâge » blanchâtre.




Jetâge blanchâtre


La maladie évolue ensuite et lorsqu’elle devient chronique, on observe :

-
Dyspnée (difficultés respiratoires), augmentation de la fréquence respiratoire (normes : 8 à 14 mouvements respiratoires / mn).

-
« Ligne » typique du poussif qui apparait le long du flanc : le cheval ayant du mal à expirer, il utilise de façon excessive ses muscles abdominaux pour expulser l’air de ses poumons encombrés de mucus. Ces muscles se développent petit à petit en formant une « arête » anormale le long de ses flancs.



Arête abdominale



- Le cheval s’amaigrit, son état général se dégrade, car à la longue, son coeur se dégrade.

- La maladie peut être ponctuée de crises aigues (dites «
crises de pousse ») : le cheval est en détresse respiratoire :


- sa tête est proche du sol,
- il a les yeux exorbités,
- le rythme cardiaque (le pouls, dont les normes sont de 32 à 44 battements par minute au repos) est augmenté,
- le dos est vouté.



La crise aigue doit être soignée en urgence car elle peut être rapidement fatale.




Comment traiter la pousse ?


Un traitement administré dès les premiers symptômes vise à éviter au cheval de souffrir de dysfonctionnement respiratoire, même si le cheval restera sensible aux allergènes.

Une fois installée, l’emphysème ne disparait pas ; elle devient alors une maladie chronique. Mais le traitement vise à diminuer les symptômes, à offrir au cheval une vie confortable et surtout à éviter toute crise aigue.


Eviter les allergènes et les substances allergènes

Il faut d’abord éviter les allergènes dans l’environnement du cheval : l’idéal est de laisser le cheval en pré (attention au foin de luzerne).

Si l’hébergement en pré n’est pas possible, le box doit être tenu propre, la litière souillée doit être enlevée tous les jours, et le box désinfecté (murs compris) une fois par mois au minimum (par exemple avec de l’eau javellisée).


La litière doit être exempte de poussière (privilégier le lin, la tourbe ou la paille de froment). Il est parfois conseillé d’utiliser des litières de copeaux de papier, mais elle est particulièrement onéreuse, et certains chevaux peuvent développer une allergie à l’encre d’imprimerie.

L’ammoniac dégagé par l’urine est un gaz irritant et il faudra veiller à ce que les urines soient évacuées du box.

Enfin,
le box doit être correctement aéré (attention toutefois au courant d’air).



Alimentation

Le foin doit être rincé afin d’être débarrassé des spores et moisissures : il doit donc être immergé dans un grand volume d’eau propre pendant 15 à 30 mn avant d’être distribué (pas plus de 30 mn afin qu’il conserve ses valeurs nutritives).

La distribution de
préfané est excellente : en effet l’herbe ensilé se conserve plus longtemps en restant de bonne qualité.

Mais cette méthode est plus onéreuse que d’immerger le rinçage du foin.  

Attention, le préfané destiné aux bovins ne convient pas aux chevaux et peut provoquer des coliques. Veiller à ce que l’herbe soit bien destinée aux chevaux.

Attention à l’orge aplatie et au mais concassé (…) car ils sont fins, et lorsque le cheval souffle sur sa ration, il respire des microparticules issues de son alimentation.

Il faut alors
mouiller les aliments, ou préférer les mashs.



Eviter la survenue de pathologies respiratoires

Les vaccins des pathologies pulmonaires (grippe et rhino pneumonie) doivent être effectués chaque année.
La survenue de ces pathologies chez un cheval emphysémateux peut lui être fatale ou lui provoquer de graves séquelles.

De plus, les petites «  bulles » formées par les alvéoles inefficaces sont un milieu propice au développement de bactéries.


Le travail

Le cheval peut continuer à être monté tant que les symptômes sont légers,  en évitant un travail trop dur et un environnement poussiéreux.

Attention également aux périodes de dissémination du pollen, aux jours très chauds où la pollution est augmentée, et aux jours humides, où les symptômes peuvent être exacerbés : Le travail doit être adapté à sa forme du jour.

L’échauffement doit être long et progressif : c’est surtout en début de travail que le cheval va évacuer le mucus excédentaire.

Mais cette maladie lorsqu’elle évolue est rapidement très fatigante et induit une «
intolérance à l’effort ».
Evidemment, le cheval est mis au repos dans les périodes de crises graves.


Vétérinaire

Le vétérinaire doit intervenir dès les premiers symptômes afin d’éviter l’installation de la maladie sous le mode chronique
En cas de crise aigue, il doit être appelé en urgence.

Le traitement doit être prescrit par votre vétérinaire (pas de médication sauvage) et adaptée à chaque cheval. On retrouvera :

- Des «
bronchodilatateurs ».
- Des
corticoïdes.
- Des
antihistaminiques.
- Un traitement de «
désensibilisation » peut être instauré chez des jeunes chevaux, mais il est normalement plus efficace sur les allergies à manifestations cutanées que respiratoires.
- Un
lavage broncho- alvéolaire peut être réalisé par le vétérinaire.
- L’
homéopathie peut être un adjuvant précieux au traitement (sans le remplacer).
Se référer au livre de
J. Peker et M.N Issautier «  Homéopathie et cheval ».
- La
phytothérapie (administration d’huiles essentielles dans des seaux d’eau chaudes) peut parfois faciliter la respiration.

Quand il est bien soigné, un cheval peut retrouver une vraie qualité de vie et ses symptômes diminuer de façon significative (surtout si l’emphysème est récent, d’où l’intérêt de traiter le plus vite possible).

L’emphysème fait partie des
vices rédhibitoires, susceptibles d’annuler la vente d’un cheval.


L’emphysème est une maladie potentiellement grave. Un traitement adapté doit être administré le plus rapidement possible pour que la maladie ne devienne pas chronique et donc irréversible. En plus des traitements allopathiques ( médicamenteux), l’hygiène de vie est indispensable et passe au premier plan dans la guérison du cheval.

CS






 
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