Art 22: allures - CARPE

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Article publié en Décembre 2014





Les allures


L’allure désigne les différentes façons du cheval de se déplacer.

On distingue
les allures naturelles, c’est à dire qui sont innées chez le cheval, des allures artificielles, c‘est à dire celles qui lui sont inculquées par le dressage.

Les chevaux possèdent en général
3 allures naturelles : le pas, le trot, et le galop/ canter.

Certains chevaux possèdent des allures naturelles supplémentaires, et sont qualifié de «
chevaux d’allures ».

Enfin, certaines allures sont qualifiées de «
défectueuses », comme l’amble, le traquenard ou l’aubin.


Les 3 allures principales


Le pas
Le pas est une allure marchée, symétrique à 4 temps égaux séparés
:



Postérieur droit   2) Antérieur droit   3) Postérieur gauche   4) Antérieur gauche


Au pas, chaque postérieur, en arrivant au sol, oblige son antérieur à se lever.

Vitesse moyenne 7 km/h.


Le trot
Allure sautée, symétrique à 2 temps égaux par bipèdes diagonaux ; chaque temps est suivi d’une période de projection
:



1) Bipède diagonal droit (c’est à dire antérieur droit + postérieur gauche en même temps)   2)Projection  3) Bipède diagonal gauche (antérieur gauche et postérieur gauche)  4) Projection


Vitesse moyenne  14 km/h.


Le galop et le canter

Allure courue et basculée, asymétrique à 3 temps, suivis d’une période de projection
; le cheval galope soit sur l’antérieur droit (galop à droite) soit sur l’antérieur gauche (galop à gauche) : le galop porte le nom du côté de l’antérieur qui est le dernier à se poser.



Pour un galop à droite
:  1)Postérieur gauche  2)Bipède diagonal gauche (antérieur gauche + postérieur droit)  3)Antérieur droit  4)Projection



On parle de
galop à juste lorsque le cheval utilise le galop à droite à main droite et le galop à gauche à main gauche.

Le
galop à faux (contre galop) survient lorsque le cheval galope à gauche à main droite et galope à droite à main gauche.

Le galop peut être
rassemblé, lorsqu’il s’effectue à petites foulées engagées sous la masse du corps.

Le galop est
allongé lorsqu’au contraire, le cheval effectue de grandes foulées.

Vitesse moyenne 21 km/h, mais certains chevaux de course peuvent atteindre les 88 km/h.

Le
canter est le galop que les chevaux de course effectuent pendant leur détente. C’est un galop très rassemblé.



Les allures naturelles supplémentaires


1)Allures amblées

L’amble
Allure marchée, symétrique à 2 temps par bipèdes latéraux.




1)Bipède latéral droit, c’est à dire : Antérieur droit + postérieur droit en même temps  2)Projection  3) Bipède latéral gauche : Antérieur gauche + postérieur gauche en même temps.


Généralement, les quadrupèdes se déplacent par bipèdes diagonaux, mais
certains quadrupèdes « marchent à l’amble », comme l’éléphant, la girafe, l’ours, certains chiens comme le lévrier barzoï ou les chiens de traineau ...

Certaines races de chevaux ont été sélectionnées pour leur amble spontané (le cheval est dit « ambleur ») ; en effet, cette allure est très confortable, présente un grand avantage pour la monte en amazone, et c’est pourquoi elle était très recherchée au Moyen Age chez les haquenées.

Haquenées : Cheval ou plus souvent jument de petite taille, facile à monter et se déplaçant à l’amble, « cheval des dames par excellence ».

Il faut distinguer l’amble de cochon (de marche) de l’amble volant
.

En effet, bien que considérée comme une dégradation de l’allure en dressage équestre, on retrouve la pratique de cette allure :
- En course de sulky chez
l’American Standartbred (trot amblé).
- En Galice, la pratique de l’amble (
andadura galega) est une tradition et un sport.
Mais on parle alors d’amble volant.

D’autres allures naturelles sont des
« ambles rompus », comme le tölt, le paso ...



L’amble de cochon (aussi appelé amble de voyage)

L’amble de cochon est l’amble à petit vitesse.



Amble commun





L’amble volant
Amble  à 4 temps dont un en suspension
.





Il s’obtient à partir du galop.
La vitesse de l’amble volant peut atteindre celle d’un galop de course.

L’amble volant s’observe chez le
cheval islandais. L’équitation islandaise est la seule à pratiquer l’amble volant « monté », les autres chevaux utilisant l’amble volant participant généralement à des courses attelés à des sulkys.


Le trot amblé
Allure proche de l’amble, visible chez certains chevaux de course américains.




Le
tölt (appelé gait au Etats Unis)



Allure naturelle supplémentaire, notamment connue du cheval islandais. Elle fait partie des allures dites « d’amble », puisqu’il s’agit d’un « amble rompu ».

Allure marchée à 4 temps, réputée très confortable (il n’y a
pas de période de projection et un pied repose en permanence au sol).

Le mécanisme est le même que le pas, mais le tölt peut être exécuté sur de très grandes variations de vitesse :



1) Postérieur gauche  2) Antérieur gauche  3) Postérieur droit  4) Antérieur droit.




Le slow gait



Pas amblé à 4 temps, relevé et lent, où chaque membre frappe tour à tour énergiquement le sol. Elle est pratiquée par l’American Saddlebred.



Le rack



Le rack est  une allure de l’American Saddlebred ; il s’agit d’un amble rompu, à  4 temps, très rapide, relevé et spectaculaire, réputée pour être une allure très confortable.



Paso llano



Pratiqué par le Paso péruvien, le paso llano est une allure naturelle à 4 temps, latérale ( amble rompu à 4 temps).
Elle consiste en une allure
permanente, et harmonieuse dans laquelle le cheval a un mouvement alternatif et doux. L’allure est rapide mais extrêmement confortable, car le centre de gravité reste pratiquement immobile.




2) Allures flottantes


Le flat walk ( flat floot walk)
Pas lent et glissé
, tellement ample et déliée que le cheval semble flotter au dessus du sol. Le Tennessee Walking Horse est réputé pour cette allure.


Le fox-trot
Allure marchée et glissée, à 4 temps égaux, rapide et confortable
pour le cavalier. La vitesse moyenne est de 8 à 12 km/h, mais peut atteindre jusqu’à 16 km/h.
Elle est une allure naturelle du
Missouri Fox Trotter.


Le running walk

Pas rapide et très ample, où le cheval relève beaucoup les membres
. Il est visible chez certains chevaux américains, comme le Tennessee Walking Horse. On dit de cette allure qu’elle est « flottante », comme le flat walk.




Même si cette allure est naturelle chez le Tennesse Walking Horse, des techniques de dressage cherchant à la développer sont largement récriées chez les amoureux des chevaux. En effet, les chevaux participant aux concours d’allures et pratiquant le running walk font souvent l ‘objet de véritables tortures afin « d’exagérer » leur tendance naturelle à relever les membres.





Le rocking chair canter
Petit galop rassemblé qui donne un mouvement de roulis
: l’arrière main reste quasiment horizontale, alors que l’avant main s’élève. Cette allure est elle aussi attribuée au Tennessee Walking Horse et est également qualifiée « d’allure flottante».


Chevaux d’allures

Ce sont les chevaux possédant l’amble et / ou ses dérivés dans leurs allures naturelles.

- American Saddlebred : Cheval de selle américain, pratiquant le
rack et le slow gait. Le Morgan, cheval à l’origine de l’American Saddlebred est aussi considéré comme un cheval d’allure.



 

                                                                                  American Saddlebred                                         




- Islandais : Poney originaire d’Islande, connu pour son
tölt et son amble.






- Paso péruvien : Pratique le
paso llano.




- Rocky Moutain Horse
: Cheval de selle américain pratiquant le tölt ( appelé «
gait » aux Etats Unis).





- Tenessee Walking horse : cheval de selle américain pratiquant le
flat walk, le running walk et le rocking chair canter (3 allures dites « flottantes »).




- Missouri Fox Trotteur
: Cheval américain pratiquant le
fox-trot, le flat-floot walk et le canter.






3) Allures artificielles


Le galop à 4 temps
Il survient lorsque les chevaux de course atteignent une très grande vitesse ou lorsque le galop est très lent ou sur place («galop terre à terre »).

Lors du 2ème temps, le cheval dissocie le posé du bipède diagonal : il pose d’abord le postérieur puis l’antérieur au lieu de les poser en même temps :


Galop classique:


1) Postérieur gauche  2) Bipède diagonal gauche (antérieur gauche + postérieur droit)  3) Antérieur droit  4)Projection



Galop à 4 temp
s :



1) Postérieur gauche  2)Postérieur droit  3) Antérieur gauche  4) Antérieur droit  5)Projection



Le passage



Trot écourté et raccourci.

Très
majestueux, le trot est effectué dans une très grande lenteur et le temps de suspension est fortement marqué.

Les antérieurs s’élèvent jusqu’à ce que l’avant bras soit presque à l’horizontal en même temps que le postérieur de la même diagonale se détache vigoureusement du sol.

Le diagonal au sol doit commencer à se détacher du sol avec énergie avant que l’autre diagonale commence à redescendre : c’est ainsi que le temps de suspension doit rester le plus long possible.  

Pour effectuer un passage de qualité, on prend en compte
les critères d’équilibre, la régularité, la flexion prononcée des articulations, le rassembler et l’attitude arrondie du cheval, sa relaxation et la discrétion du cavalier.

Le passage, bien que certains chevaux très équilibrés et dotés d’une grande impulsion aient une capacité à l’effectuer, est l’aboutissement d’un long dressage.









Le piaffer




Trot sur place, relevé et suspendu : Le cheval se projette en cadence d’un diagonal sur l’autre, de façon majestueuse, dans un bel arrondi.
Pour être de qualité, un piaffer doit être
équilibré, régulier, accompli avec légèreté, les articulations doivent être fléchies de façon prononcées, le cheval doit être parfaitement relaxé et le cavalier discret.

Le piaffer doit être relevé : les avant bras s’élèvent jusqu’à ce que l’avant bras soit presque à l’horizontal pendant que le postérieur de la même diagonale s’élève au dessus du boulet de l’autre membre.

Comme le passage, le piaffer est l’aboutissement d’un long dressage.


Le pas espagnol



Pas cadencé et majestueux ; le cheval étend et élève vers le haut successivement chaque antérieur tout en avançant franchement et en conservant son rassembler.
Le cheval
étend ses antérieurs de façon gracieuse.



Allures défectueuses





Amble
Il est considéré comme une allure défectueuse dans certains cas, car s’il est naturel chez certains chevaux et peut être acquis par le dressage chez d’autres, l’amble peut également être le signe de fatigue et de surmenage.

Par exemple, l’amble est sanctionné dans les courses de trot français.


Traquenard
Trot décousu ou désuni
où les battues diagonales sont dissociées, c’est à dire que lors du temps de diagonal gauche, le cheval pose le postérieur droit avant de poser l’antérieur gauche ou inversement.



Il est généralement lié à un mauvais dressage ou une très grande vitesse. C’est une allure qui fatigue énormément le cheval.

L’aubin
L’aubin est un mélange de trot et de galop.





On parle « d’aubin du devant » lorsque le cheval trotte avec ses postérieurs et galope avec ses antérieurs.
On parle « d’aubin du derrière » lorsque le cheval galope avec ses postérieurs et trotte avec ses antérieurs.


Le saut de pie

C’est le mouvement qu’effectue le cheval pour rétablir la régularité lorsque, au trot les antérieurs fonctionnent plus vite que les postérieurs (comme le traquenard, cette irrégularité survient lors de grandes vitesses) : pour rétablir la régularité, le cheval enlève sa croupe d’une seule pièce une seule fois : c’est le saut de pie.


Le galop désuni
Le cheval galope à gauche des antérieurs et à droite des postérieurs ou inversement
.
Donc, au lieu de poser un bipède diagonal lors du second temps, il pose un bipède latéral.





Par exemple :
- Postérieur gauche
- Bipède latéral droit (antérieur droit + postérieur droit)
- Antérieur gauche
- Projection




Les défauts

Cheval qui « rase le tapis » : lève insuffisamment les antérieurs, ce qui l’expose à buter ou à se « couronner » (se blesser aux genoux en tombant).

Cheval qui « trousse »
: lève exagérément les antérieurs en fléchissant le canon sur l’avant bras, dépensant des forces supplémentaires.

Cheval qui «  billarde » : est cagneux en marche : il porte ses antérieurs en dehors pendant la flexion et le lever et les ramène à l’intérieur pendant l’extension et avant le poser.

Cheval « panard en marche » : ramène ses membres à l’intérieur pendant la flexion et le lever et les ramène à l’extérieur pendant l’extension et avant le poser ; il est ainsi sujet à se couper.

Cheval qui forge : la pince du  postérieur vient taper contre l’antérieur (au galop et au pas). Ce problème peut être lié à une mauvaise ferrure, la fatigue ou un vice de conformation du cheval sous lui.

Cheval qui «  se croise »
: place ses postérieurs devant ses antérieurs. Ce problème apparait chez des chevaux maladroits et mal équilibrés, et peut les faire buter, voire tomber.

Cheval qui « éparvine », dit aussi « qui harpe » : Il s’agit d’une atteinte appelée «
éparvin sec » ; le cheval fléchit du jarret brusquement, convulsivement, en saccade. Le pied peut même toucher le ventre dans les phases aigües.



Cette flexion convulsive apparaît dès les premiers pas et se poursuit jusqu’à ce que le cheval soit échauffé ; après il «disparaît » en général.  

Le harper est la manifestation de
l’arthrose du jarret ou d’une évolution arthritique ankylosante dont l’éparvin calleux (tare dure situé sur la base interne du jarret) est la localisation la plus grave. Cette évolution arthritique provoque une distension du muscle, ce qui fait « harper » le cheval. Elle peut être également liée à un traumatisme de la partie latérale basse du jarret, ou du haut du canon.

Il atteint généralement un seul postérieur, rarement les 2. Si les 2 postérieurs sont atteints, on parle de
« harper australien».  Le harper australien est lui une neuropathie, due à l’empoisonnement par une plante délivrant une toxine, nommée « porcelle enracinée ».

Un cheval atteint d’éparvin sec ne boite pas, et peut généralement continuer à travailler.




CS


 
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