Art 24: Les aides - CARPE

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Article publié en Janvier 2015


Dressage: les aides


On désigne par le terme « d’aide » les moyens par lequel le cavalier exprime sa volonté au cheval.

On distingue :
- Les aides
naturelles : assiette, jambe, main, voix.
- Les aides
artificielles : cravache, éperon, martingale.

Le cavalier doit développer la justesse et la discrétion des aides.
Chez un cavalier expérimenté, les aides deviennent imperceptibles, donnant l’impression qu’il ne « fait qu’un» avec son cheval.


I) Les aides naturelles


1)L’assiette :










L’assiette désigne le mouvement des articulations de la hanche et du bassin, qui permet au cavalier de suivre les mouvements du cheval avec son corps sans le gêner,  et d’influencer les mouvements du cheval.

Il s’agit en fait d’
associer le centre de gravité du cheval avec celui du cavalier.

L’acquisition d’une bonne  assiette
«  permet au cavalier de rester maître de son équilibre en toute circonstance » (Cdt Licart), et lui permet également de placer et d’utiliser correctement ses autres aides.

En effet,
elle conditionne la fixité des mains et des jambes, et donc permet au cavalier de les utiliser avec aisance et justesse. Elle est donc une des premières choses à apprendre en équitation.

Mais elle est également une « finalité », puisqu’un cavalier expérimenté pourra guider un cheval dressé à l’aide de son assiette, réalisant «
le mythe du Centaure ».

En utilisant la dynamique de son « assise »sur le cheval, le cavalier peut agir sur la vitesse et les déplacements  latéraux du cheval.

L’antéversion du bassin permet au cavalier de se rendre plus léger, favorisant l’impulsion et le mouvement en avant. Elle sera donc utilisée afin de faire avancer le cheval.

L’assiette « active » désigne le voussement (légère rétroversion) du rein accompagnant le cheval pour le pousser en avant : il s’agit d’un accompagnement volontaire du cheval afin de favoriser l'impulsion.






En avançant une hanche, on agit sur l’orientation des postérieurs.

On peut également se servir du «
transfert de poids », c’est-à-dire répartir de façon inégale le poids entre les ischions (départ au galop, pas de côté).

Pour travailler son «
liant » c’est-à-dire acquérir une bonne assiette, il faut de la pratique,  changer souvent de cheval, et s’entraîner sur certains exercices comme : le travail sans étriers, le galop, le trot, les barres à terre …

A noter que « lorsque l’assiette se prolonge jusqu’aux mollets », on parle
d’enveloppe.

Il faut distinguer « fixité »et rigidité » : la fixité de l’assiette s’obtient avec un bassin souple, qui accompagne les mouvements du cheval. De la même façon, la fixité des mains désigne un maintien constant avec la bouche du cheval, sans qu’elles soient rigidement positionnées, ce qui occasionnerait des tractions dans la bouche du cheval à chacun de ses mouvements. Des jambes fixes, qui ne se déplacent que lorsque le cavalier le souhaite, s’obtiennent également par une souplesse de chaque articulation de la jambe.


2)
Les jambes

L’action de jambe sert :






- A encadrer et rassurer le cheval.

- A créer l’impulsion : Des légères vibrations de la jambe (et non pas de grands coups comme il est souvent vu) juste derrière la sangle (« à la sangle ») permettent de le faire avancer.
Les jambes ne doivent pas être serrées, mais être descendues, en adhérant de façon souple au cheval.
L’action de jambe pour faire avancer le cheval doit être discontinue (contraction/ décontraction) : une action de jambe continue ou des jambes serrées en permanence vont blaser le cheval qui ne répondra plus à l’ordre…

« Utiliser le moins possible ses jambes est le meilleur moyen de s’en servir ».


- A activer ses postérieurs : au piaffer, le cavalier recule légèrement les 2 jambes en arrière de la sangle (en association avec une assiette engagée) pour inciter le postérieur à s’engager.

- A diriger : Lorsque les jambes sont symétriques, elles créent un « couloir de direction".
Elles peuvent agir de façon indépendante l’une de l’autre : la jambe intérieure donne le pli en agissant à la sangle et la jambe isolée en arrière de la sangle déplace les hanches.
On parle de jambe isolée quand elle recule en arrière de sa position habituelle.  
La jambe isolée a pour action de déplacer les hanches et sera donc utilisée dans beaucoup d’exercices nécessitant le contrôle des hanches : demi- tour sur les hanches, cession à la jambe, incurvation, épaule en dedans, tête au mur, appuyer, départ au galop …


3)  La main

La main permet de :
-
Contenir  l’impulsion,
-
Contrôler la vitesse,
-
Indiquer la direction en agissant sur l’avant main,
-  Contribuer à
l’équilibre du cheval en agissant sur l’attitude et l’encolure du cheval.

Les mains n’agissent pas seules, mais toujours avec
les jambes ou l’assiette qui doivent précéder l’action des rênes.

Pour agir,
- Elles augmentent la tension sur les rênes en basculant le poignet et en fermant les doigts (et non en effectuant un mouvement vers l’arrière).
- En cédant : les doigts se desserrent et les mains suivent les mouvements de l’encolure.

Là encore, l’action de la main doit être
discontinue et douce afin de ne pas rendre le cheval « froid » aux actions des rênes.

On nomme "
contact", le rapport confiant, moelleux et permanent qui doit exister entre la main du cavalier et la bouche du cheval. Ce contact se fait par l’intermédiaire des rênes, ajustées par le cavalier et tendues par le cheval sous l’effet de l’impulsion.

Cette liaison moelleuse, qui nécessite que les mains du cavalier suivent les mouvements du cheval, est assurée par le dos et les épaules.

La tension des rênes est quant à elle assurée par le cheval dont l’impulsion l’incitera à se porter en avant : l’arrière- main sera reçue et canalisée par les mains du cavalier.


On parle de
main fixe quand elle ne produit pas de mouvement involontaire ou inutile. C’est la première qualité recherchée.

On parle de
main légère pour le contact simple avec la bouche du cheval.

La
main douce qualifie le soutien.

La
main ferme qualifie un appui franc et décidé.

La main est dite
active quand elle agit sur l’équilibre ou l’impulsion.

La main est dite
passive quand elle n’agit pas tout en conservant le contact.

Le
demi arrêt : il sert à ralentir les chevaux ou à reporter sur l’arrière main le poids que des chevaux mal équilibrés vont porter sur les épaules. C’est une action nette et brève qui consiste à  contourner vivement  les poignets de bas en haut sans perdre le contact avec la bouche du cheval.


Rêne d’ouverture, rêne d’appui, rêne d’opposition

La rêne d’ouverture permet de tourner du côté de la rêne utilisée. Le poignet s’ouvre, ongle vers le ciel et la main s’écarte, sans tirer. La rêne régulatrice cède pendant ce temps pour laisser l’encolure se fléchir.  

La rêne d’appui (ou rêne contraire) permet de tourner du côté opposé à la rêne employée. La rêne vient « s’appuyer » sur l’encolure.  Elle permet de mieux canaliser le cheval par rapport à la rêne d’ouverture, car elle agit sur les épaules.
Pour tourner à droite, le poignet gauche s’ouvre, en amenant les ongles vers le ciel et le bout du nez du cheval légèrement vers la gauche. La main gauche s’appuie contre l’encolure et pousse de bas en haut. La main droite cède pour laisser fléchir l’encolure.

La rêne d’opposition contraint une épauleà ralentir et donc à tourner : pour tourner à droite la main amène la rêne droite dans l’axe parallèle au cheval,  exerce une résistance de la main avec les doigts serrés sur la rêne ajustée, et entretient l’impulsion, obligeant ainsi l’épaule droite à ralentir le mouvement ; ainsi les hanches dévient sur la gauche et le cheval tourne à droite.

Rêne contraire (d’opposition) en avant du garrot : en maintenant l’impulsion et en orientant la rêne contraire droite d’avant en arrière vers l’épaule gauche et devant le garrot, les épaules sont repoussées en arrière et vers la gauche alors que les hanches dévient vers la droite : le cheval va alors tourner vers la gauche en ralentissant.

Rêne intermédiaire(rêne contraire en arrière du garrot) : en exécutant le même mouvement en orientant la rêne contraire droite en arrière du garrot (en direction de la hanche gauche), l’avant main et l’arrière main sont repoussées vers la gauche.

Il ne faut pas oublier que la main n’est pas seule à diriger ; en plus des autres aides, le
regard et les épaules indiquent également la direction au cheval.




Filet et bride







Un filet (bridon) est le dispositif permettant de maintenir le mors en position dans la bouche. Il est l’enrênement « le plus simple ».


Tenue des rênes de filet : La rêne passe entre l’annulaire et l’auriculaire et ressort entre l’index et le pouce.








La bride est un dispositif comprenant 2 embouchures : un mors simple (dit " de filet ") et un "mors de bride", assorti d’une gourmette. Le mors de filet agit alors sur les commissures, le mors de bride sur les barres et la gourmette sur le menton. La bride est utilisée par les cavaliers expérimentés car il implique un contact plus fin et précis avec la bouche du cheval.







Tenue des rênes de bride

a)Méthode la plus courante :
Les rênes de filet passent sous l’auriculaire et les rênes de brides entre l’auriculaire et l’annulaire. Les 2 rênes se rejoignent  dans le poing et ressortent entre le pouce et l’index.







b) Méthode permettant d’exercer plus de contrôle sur les rênes de bride

Les rênes de bride passent sous l’auriculaire et les rênes de filet entre l’annulaire et l’auriculaire.








c) Méthode qui privilégie les rênes de filet (technique de l’Ecole de Vienne)
Les rênes de bride sont tenues dans une seule main







d) Méthode quand le cheval a tendance à trop « s’appuyer »
Les rênes de bride passent sous l’auriculaire.
Les rênes de filet arrivent entre le pouce et l’index.










4)  La voix

La voix et ses intonations constituent un élément indispensable de la communication avec le cheval ; elle est la seule aide qui n’impose pas de contrainte physique au cheval.

Le ton employé doit être adapté à l’intention. Le cheval perçoit avec sensibilité la différence entre  des ordres « secs » et des ordres prononcés d’une voix caressante.

Elle est utilisée :
- Pour
récompenser ; elle est calme et joyeuse.
- Pour ramener au calme et
rassurer ; elle est douce et apaisante.
- Pour donner un
ordre ; elle est directive.
- Pour
punir ; elle est sèche.


Le
vocabulaire utilisé doit être limité et toujours le même, afin que le cheval associe un mot à une action : pour la voix comme pour les autres aides, il faut être cohérent.

Il faut également l’utiliser avec modération afin qu’elle ne devienne pas un « bruit de fond » auquel le cheval ne ferait plus attention.



II) Les aides artificielles

Elles viennent compléter l’action des aides naturelles. Un cavalier qui utilise trop les aides artificielles se sert souvent mal des aides naturelles.


1) La cravache

Elle
renforce l’action des jambes quand elle est insuffisante, pour pousser le cheval en avant. Elle est alors utilisée en arrière de la jambe. Elle ne doit intervenir qu’en dernier recours afin que le cheval n’attende pas l’intervention de la cravache pour réagir.

Elle peut aussi être utilisée sur l’épaule pour réveiller son attention.

Elle est utilisée comme une aide complémentaire et ne doit pas servir à punir.



2) L’éperon
L’éperon
renforce l’action des jambes et permet une action plus fine. Il n’est employé que par petits coups intermittents et ne peut être utilisé que par des cavaliers expérimentés, ayant la jambe  fixe.

Il est
totalement à proscrire pour les débutants car il doit être utilisé avec une grande justesse.

Baucher dira à son propos que « l’éperon est un rasoir dans les mains d’un singe ».

Mal utilisé, il peut inciter le cheval à se défendre, ou à s’agiter.

On distingue :
- Les éperons à
mollette
- Les éperons
Prince de Galles : dotés d’un ergot plus ou moins long, plus ou moins carré, pointu ou rond.
- Les éperons
Col de Cygne : dotés d’un ergot long et recourbé vers le haut, utilisés par les cavaliers aux jambes longues.








3) La martingale à anneaux ou fixe
Elle ne devrait jamais être indispensable à un cavalier expérimenté, mais peut servir dans la formation d’un jeune cheval.

Ces enrênements ne doivent être utilisés que par des cavaliers expérimentés.

La martingale fixe relie la sangle à la muserolle.

La martingale à anneaux part de la sangle, se divise en 2, et vient se fixer sur un anneau à chaque rêne. Moins dure que la martingale fixe, elle permet au cheval d’étirer l’encolure.

Elle sert à empêcher un cheval de lever la tête trop haut.

La martingale à anneaux est autorisée dans les CSO, contrairement à la martingale fixe, interdite par les règlements de nombreuses nations.












Lexique des aides :

Aides diagonales : Actions de main d’un côté associées à des actions de jambes du côté opposé.

Aides latérales : Actions de main et de jambes du même côté.

Aides d’incurvation : Aides permettant d’incurver le cheval ; les mains donnent le pli, la jambe intérieure à la sangle incurve le cheval, la jambe extérieure en arrière contrôle les hanches.

Le "tact" équestre : Le tact équestre est ce qui permet au cavalier d’évaluer quel effet est à produire, avec quelle intensité et à quel moment. Les agents du tact sont l’assiette, les jambes et la main.




Les aides des figures de base



L’arrêt
- Mains : elles sont au contact ; les doigts se ferment.
- Les jambes sont au contact.
- Le bassin se bloque.
- Les épaules sont légèrement en arrière.

Transition ascendante
- Jambes : pression des mollets.
- Ouverture des doigts sur les rênes.


Transition descendante
- Main ; les doigts se ferment.
- Le bassin se bloque.


Départ au galop
- Jambe intérieure à la sangle.
- Jambe extérieure en arrière.
- Poids du corps vers l’extérieur.
- Rêne d’appui intérieure légère.
- Main : les doigts s’ouvrent.


Reculer depuis l’arrêt

- Mains au contact : elles indiquent le mouvement vers l’arrière.
- Jambes au contact : elles demandent le mouvement.


Déplacement des hanches

- Jambe isolée qui agit de façon discontinue, du côté où on veut pousser les hanches, donc à gauche pour aller à droite et inversement.
- Poids du corps du côté du déplacement.
- Regard du côté du déplacement.
- Légère rêne d’ouverture (du côté du déplacement) ou d’appui ( sens contraire du déplacement) .


Incurvation
- Jambe intérieure à la hanche qui donne l’impulsion et sert de « pivot ».
- Jambe extérieure reculée pour contenir les hanches.
- Rêne d’ouverture.
- Regard en avant sur le cercle.


En conclusion :

Les aides doivent être
coordonnées et cohérentes pour être efficaces.
Les aides, «
moins on s’en sert, mieux c’est ».


" Est-ce au cavalier ou au cheval que l'on doit imputer la faute d'une mauvaise éxecution ?
Au cavalier, toujours au cavalier."

Lhotte





CS












 
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