Art 28: Lusitanien - CARPE

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Article publié en mars 2015




Lusitanien et Alter Real








Le Lusitanien est un cheval portugais, dont les origines remontent au cheval celte, auquel fut apporté très tôt du sang Barbe. On trouve sa trace dès le XVIème siècle, et son stud book est très ancien, puisqu’il a été ouvert en 1889 : il est considéré comme un des plus anciens chevaux de selle du monde.

Aussi appelé
Pure race Lusitanienne ou Lusitano, le Lusitanien partage le nom d’Andalou avec le Pure race Espagnole jusqu’au XXème siècle ; ce n ‘est qu’en 1967 qu’il obtient le statut de race séparée.


 


                                                                          PRE                                                                                                             Lusitanien


Cheval au sang chaud utilisé comme cheval de chasse et de combat pendant  des siècles, il est réputé pour son courage, son agilité et sa docilité ; il est également connu pour être le cheval des rois au XVII et XVIIIème siècle.






Très typé, il possède notamment des allures relevées et énergiques, avec un équilibre exceptionnel.

Si la race a connu une période de déclin, lié à l’engouement  pour les chevaux de type pur-sang anglais, ses capacités en dressage et en spectacle équestre lui a permis de connaitre à nouveau la popularité.

Rustique, endurant et sûr de pied, souple et énergique, il excelle dans de nombreuses disciplines :
Dressage, corridas, spectacles équestres, mais également en Horse Ball, CSO, TREC et attelage.
L’équitation de travail (la discipline
WAWE) permet de mettre en évidence les qualités du lusitanien.



   

                                                    1                                                          2                                                    3


(1) Equipe vice championne d’Europe de Horse ball de 1994 à 1996, montée sur des Lusitaniens.

(2) John Whitaker et Novilheiro, connu pour sa grande rapidité sur les circuits. En 1983, Novilheiro est le cheval de CSO le plus primé d’Angleterre.

(3) Catherine Durand Henriquet et Orphée, son Lusitanien, cheval de dressage olympique.


4 lignées principales de Lusitaniens sont aujourd’hui recensées :

-  
Veiga, lignée réputée pour son agilité et sa vivacité, adaptée à la tauromachie.
-  
Andrade, lignée réputée pour ses chevaux de grande taille, très athlétiques.
-  
Alter real, lignée très pure issue de l’ancien Haras Royal.
-  
Coudeleria National, lignée issue du Haras d’Etat.



Mesurant environ 1m55 à 1m60, le cheval lusitanien est  médioligne, c’est-à-dire que sa longueur de la pointe de l’épaule à la pointe des vertèbres de la queue est égale à sa hauteur au garrot.  

Il possède des allures plus élancées que le PRE, confortables et énergiques, avec une très bonne tendance au rassembler et aux allures relevées.

Sa silhouette est réputée pour être noble et harmonieuse, avec une arrière main plus puissante et plus arrondie que celle du PRE (on parle de profil subconvexiligne).







Le lusitanien possède en outre un port de tête noble avec un chanfrein plutôt convexe. L’encolure est puissante, avec des crins fournis et généralement frisés.

Le standard accepte toutes les robes, mais les lusitaniens sont en général gris ; très foncés à la naissance ils deviennent presque blancs avec l’âge.
La couleur baie est également très fréquente, la couleur noire très recherchée, comme les couleurs isabelle, crème et palomino.
La couleur alezane est très rare (une légende populaire affirmait que les chevaux alezan étaient colériques, ce qui a probablement conduit à l’élimination partielle des sujets alezans de la reproduction).
Ils peuvent être également souris ou isabelle, et porter alors une raie de mulet et des zébrures.

Le Portugal possède 400 élevages de Lusitaniens, dont 85 % des chevaux sont exportés à l’étranger.





Le sang lusitanien est retrouvé dans le fond génétique de nombreuses races comme le Frison , le Connemara, le Holstein,l’Oldenbourg, le Lipizzan,  le Kladruber, le Cleveland bay, ainsi que dans les  lignées femelles des Pur-Sang Anglais.






L’Alter real







Fleuron de l’école portugaise d’art équestre, l’alter real n’est pas considéré comme une race à proprement parlé, mais comme une lignée du cheval lusitanien particulièrement pure.

La sélection de la lignée a commencé au XVIIIème siècle, à partir de 300 juments d’origine andalouse qui furent importées dans le
Haras Royal  de Vila de Portal dans le but de créer une race destinée à l’aristocratie.

En 1748, le
Haras National de Alter Real  (appelé Coudelaria de Alter) est créé  par le roi Jean V à 200 km à l’est de Lisbonne  et les chevaux de Portal y sont transférés.

La lignée d’Alter real prend donc le nom de la localisation du Haras ; le terme real signifie royal en portugais.

La race doit également sa renommée à un grand écuyer des écuries royales portugaises du XVIIIème siècle,
le marquis de Marialva, qui démontra les capacités de ce cheval pour le dressage, à l’échelle européenne.  

La race connut plusieurs périodes de déclin au cours de son histoire : elle fut d’abord disséminée pendant les guerres napoléoniennes  et subit alors l’apport de sang étranger  (notamment de sang arabe) qui lui fut néfaste.

Au XXème siècle, la race faillit disparaitre à nouveau, à cause des nombreux croisements, de la fermeture du manège royal et de la proclamation de la République du Portugal.

Elle fut alors sauvée par l’apport de sang andalou et grâce au Dr Ruy d’Andrade (éleveur et zootechnicien) ; pour sauver la race, sont utilisées une quinzaine de poulinières andalouses, pratiquement non arabisées ainsi que 3 vieux étalons, tous de couleur baie :
Regedor, Vigilante et Marialva II.





A partir de 1960, tous les mâles destinés à la reproduction subissent des tests de dressage.

Les chevaux sélectionnés sont transférés à l
’Ecole Portugaise d’Art Equestre et repartent aux Haras pendant l’été pour la reproduction.

En effet, excellent cheval de dressage, doté de belles allures, d’une  grande aptitude au rassembler et aux airs relevés, l’Alter real est utilisé pour la
Haute Ecole.

Sa morphologie correspond au canon de Bourgelat, qui établit les bonnes proportions des chevaux de dressage (voir article 16 : Conformation et allures du cheval ; IV/2).

La tête de l’Alter real est expressive, avec un chanfrein rectiligne, et une encolure musclée. Les crins sont épais et fournis.


Il possède en outre une croupe arrondie, avec une arrière main puissante.

Sa taille est comprise entre 1m53 et 1m63, avec une robe généralement  baie, baie brune, parfois alezane, isabelle, noire  ou grise ( en 1989, le stud book compte 354 étalons, tous bais, à l’exception de 10 alezans, 7 gris et un noir).  

Courageux et énergique, connu pour être têtu, il peut parfois se montrer capricieux et difficile à soumettre, mais possède une grande capacité de concentration.

Au mois d’Avril, a lieu dans le Haras de Alter Real une vente aux enchères de chevaux rassemblant chaque année 2000 personnes venues pour l’occasion.


CS


 
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