Art 3: besoins cheval âgé - CARPE

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   Article publié en mars 2014

Les besoins spécifiques du cheval âgé


La durée de vie des chevaux est en moyenne de 25-30 ans.

Selon les races et la santé du cheval, elle peut être plus longue et atteindre les 40 ans (le record du cheval ayant vécu le plus longtemps est détenu par Old Billy, qui s’est éteint à l’âge de 62 ans en 1822).
                                                                                                                                             

Comme les humains, les chevaux en vieillissant nécessitent des soins spécifiques afin que leur qualité de vie soit la meilleure possible.




Quand le cheval est il vieux ?



Selon les races et surtout selon la vie que le cheval a menée, le travail qu’il a effectué et les soins qu’il a reçu, le vieillissement peut être prématuré ou retardé. Plutôt que l’âge, c’est son état physiologique qui déterminera la vieillesse du cheval.

Ces signes de vieillissement, plus ou moins tardifs, sont de toutes sortes.

Evidemment, la fatigabilité et des périodes de récupération plus difficiles et plus longues après le travail constitueront un des premiers signes.
Il est à noter cependant que le maintien d’une activité musculaire retarde le vieillissement. Il convient donc dans un premier temps de ne pas parler de retraite complète mais de changement d’activité, suivant les capacités de l’animal.

La survenue de l’essoufflement pour des efforts peu importants, des changements de la physionomie, le raidissement et la boiterie sont naturellement les signes que l’heure de la retraite, la vraie, a sonnée.



Les changements physiologiques


Le cheval âgé se transforme peu à peu, et il est nécessaire de connaître ces changements afin de lui administrer des soins adaptés :





L’altération de la rétine, la cataracte provoque une diminution de l’acuité visuelle. Cependant la cécité, comme la surdité, sont rares chez les chevaux, même âgés.





La perte de l’odorat et du goût peuvent être à l’origine d’une perte d’appétit, pouvant aller jusqu’à l’anorexie.





Cette perte d’appétit peut être accentuée par des problèmes dentaires : l’usure des dents et l’accumulation du tartre sont à l’origine du déchaussement des dents, et d’inflammations douloureuses.





La diminution de la sensation de soif est à l’origine du risque de déshydratation.





Des douleurs articulaires et musculaires peuvent survenir, provoquant la déformation des allures, un raidissement, et une tendance à l’inactivité.  De même l’ostéoporose sénile, c’est à dire la déformation des os et des cartilages des articulations provoque des difficultés à se mouvoir, et peut engendrer la survenue de fractures. La poussée de « saillants osseux » limite les articulations, et sont à l’origine de crise d’arthrite et d’arthrose.





La diminution de la masse musculaire est à l’origine du physique particulier des vieux chevaux : creusement des salières, saillie de la base de la queue et des pointes des hanches, de l’épine dorsale et du garrot.





La robe, avec l’âge,  devient moins brillante, des poils blancs apparaissent, les plaies cutanées s’infectent plus facilement, et cicatrisent plus difficilement. Le sabot est plus fragile.





La vieillesse peut aussi être à l’origine de la survenue d’un diabète, et de fragilité face aux infections et de difficultés à réguler la température corporelle, d’où la fragilité des vieux chevaux aux conditions extrêmes de froid et de chaud.  






Certaines dégradations sont directement liées à l’activité du cheval durant sa vie d’adulte, comme le poids du cavalier, qui provoque un vieillissement accéléré du dos, des articulations, et de la musculature.





Le ralentissement du transit digestif peut provoquer constipation mais aussi obstruction.





Le syndrome de Cushing, dû à un trouble hormonal, touche beaucoup de chevaux âgé ; il est à l’origine d’un développement exagéré de la pilosité (l’hirsutisme) , d’une fonte musculaire, d’une baisse de l’immunité, de la survenue de diabète et de fourbures.





Enfin, toutes les grandes fonctions de l’organisme finiront par se dégrader : le foie , les reins, le cœur et les poumons .



La mise au pré


                                                    

   


La mise au pré constitue le meilleur moyen d’offrir à son vieux cheval des jours heureux. En effet, privé d’activité physique, le cheval en box va vite s’ennuyer et sa santé se dégrader à cause du manque d’activité. Au pré, le cheval passe 13 à 15 h par jour à s’alimenter, il ne s’ennuie pas.

Pour les chevaux qui travaillent, le retour à la liberté ne peut pas se faire du jour au lendemain.

Un animal qui a vécu en box toute sa vie peut éprouver des difficultés à vivre dehors les premiers temps. Par exemple, il ne se défendra pas de la même façon contre le froid qu'un cheval habitué à vivre au pré.

La mise au pré doit donc être progressive, et doit tenir compte de la dépendance psychologique du cheval aux soins et à la présence de l’homme.  
Le cheval est néanmoins doué d’une capacité d’adaptation rapide aux changements environnementaux qui lui permettra d’apprécier rapidement sa liberté retrouvée.

Dans tous les cas, les chevaux doivent être visités au moins une fois par jour, afin de pouvoir dépister rapidement la survenue de problèmes de santé.



Au sein d'un troupeau




                                                                                                                                                              
L’insertion du cheval au sein du troupeau doit faire l’objet de précautions : Trouve-t-il sa place dans le groupe ?

Un cheval âgé au milieu de chevaux plus jeunes, mangeant moins vite que ses congénères par exemple, peut souffrir rapidement de malnutrition.
Un cheval qui a des difficultés à se mouvoir et que ses compagnons de pré obligeraient à se déplacer sans cesse, par jeu ou par domination, peut également souffrir de sa vie au sein du troupeau.

Néanmoins, le cheval étant un animal grégaire, il est important pour lui de passer ses journées au pré avec d’autres chevaux. Privé de relations sociales, il serait malheureux.




Prévention alimentaire des insuffisances organiques


La nourriture du cheval se doit d'être adaptée à sa nouvelle vie, et à ses besoins selon son état de santé.

Par exemple, un cheval qui souffre de problèmes dentaire peut être mis au foin haché, car les fourrages grossiers mal mastiqués peuvent être à l’origine d’obstruction du tube digestif.


 



Tous les aliments doivent être hautement digestibles et de qualité .
Normalement, un cheval adulte ingère la quantité de foin qu’il lui est nécessaire pour compenser ses besoins énergétiques, quelque soit la qualité du fourrage : contrairement à d’autres animaux, il est capable d’adapter la quantité pour compenser la qualité. Mais le vieux cheval en perdant la sensation de faim devient inapte à exécuter cette compensation.

Les doses doivent être adaptées :
- lors de l’arrêt de l’activité, pour éviter la prise de poids
- lors du vieillissement, pour éviter la perte de poids : le vieux cheval, à cause de la diminution de l’efficacité digestive, a en effet tendance à maigrir, et beaucoup de difficultés à grossir.

Certains troubles peuvent être compensés par des compléments alimentaires : par exemple, un poil qui deviendrait sec ( et ne serait donc plus étanche) nécessite qu’il soit apporté dans l’alimentation de l’animal des oméga 3 et 6 ( de nombreuses huiles dans le commerce mettent en avant ces acides gras très importants pour la santé) .





L’administration journalière d’harpagophytum dans la ration du cheval peut soulager les symptômes de l’arthrose et en limiter la progression.





Comme pour tous les chevaux, un bloc de sel doit être laissé à disposition.








Gestion du froid



Le pré du cheval doit comme pour tous disposer d’abris, naturels ou non, afin que le cheval puisse se protéger du soleil, de vent, du froid et de la pluie.
Lors des pics de chaleurs, des grands froids, mais également des écarts brusques de température, il est nécessaire de surveiller son cheval âgé, qui peut éprouver plus de difficultés à réguler sa température.

A noter qu’un cheval qui a froid a les reins voutés, les postérieurs sous le ventre au lieu des fesses, ses flancs sont crispés, ses oreilles et son entrejambe sont froids. Un cheval qui a froid doit être couvert et protégé des intempéries.

Il est cependant déconseillé de couvrir systématiquement un cheval : la plupart des chevaux se protègent naturellement seuls du froid grâce à leur poils d’hiver, et les couvrir ne ferait que les rendre plus fragile. Ils tomberont alors malade dès qu’ils seront découverts.

L’alimentation du cheval est très importante dans sa gestion du froid : en effet, la fermentation des aliments dans son gros intestin va dégager de la chaleur. C’est pourquoi le cheval doit avoir une alimentation suffisante en hiver et à disposition pour passer la nuit.




Hydratation




Un cheval boit entre 20 et 60 litres d’eau par jour .

Il doit disposer en permanence d’une eau propre et en quantité suffisante. .

En été, entre la chaleur et la perte de la sensation de soif, le cheval âgé peut vite se déshydrater. Il est nécessaire de le surveiller, la méthode la plus directe étant la réalisation d’un pli cutané (on pince la peau, qui doit revenir en place dès qu’on la relâche. La persistance du pli cutané est un signe de déshydratation).






Dentiste

Un dentiste équin doit examiner chaque année la bouche de votre compagnon afin d’éliminer les surdents qui lui blesseraient la bouche, enlever le tartre et surveiller l’usure de la table dentaire.
Un cheval qui a mal aux dents mangera moins et assimilera moins bien les aliments car il les aura moins bien mâché.

Certains signes doivent vous alerter, comme un cheval qui refuserait certains aliments, mastiquerait lentement,  pencherait la tête sur le côté pour mâcher, ou « ferait magasin » ( c'est-à-dire qu’il formerait une boule d’aliment, généralement de foin ou d’herbe, afin de constituer un « pansement » à l’endroit où il a mal. Ces boules d’aliments sont retrouvées dans le pré).



Maréchalerie


Les soins de maréchalerie doivent être poursuivis lors de la mise au pré par un parage fréquent, qui permettra également au maréchal d’examiner la qualité des pieds du cheval.



Vétérinaire


Le vieux cheval doit être vermifugé 4 fois par an, avec des produits adaptés selon les saisons. En effet, plus sensibles aux infestations par les vers, ils peuvent déclencher plus facilement des coliques.

La vaccination doit être poursuivie, et cette visite annuelle sera l’occasion pour le vétérinaire d’examiner le cheval de la tête au pied.



S’occuper de son cheval à la retraite demande du temps, de l’argent, et une attitude responsable de la part du propriétaire. La mise au pré ne signifie pas qu’on puisse laisser son cheval livré à lui-même.

Des « maisons de retraite »  pour chevaux existent,  comme les centres « pré-vert UNPCS », et permettent, en échange d’un loyer très raisonnable, d’apporter les soins et la surveillance nécessaires aux chevaux retraités dont les propriétaires manqueraient de temps .

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