Art 30: Vaccins - CARPE

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Vaccination

Définition

La vaccination est un procédé consistant à introduire une forme atténuée ou inactive d’un virus ou d’une bactérie afin de stimuler les défenses immunitaires de l’organisme contre la maladie provoquée par ce virus ou cette bactérie : si par la suite, l’organisme est mis en contact avec ce virus ou cette bactérie, il sera capable de réagir plus rapidement et plus efficacement grâce à la réaction provoquée par la vaccination, et sera donc protégé de la maladie.








La vaccination est le moyen le plus efficace  pour prévenir et lutter contre certaines maladies. Il protège le cheval vacciné, mais évite aussi la propagation des maladies.


Petit lexique des vaccins


Agents infectieux : Ce sont les virus, bactéries (…) ,  tous les agents communément appelés « microbes » qui provoquent  des infections.



Anticorps : L’anticorps est une molécule du système immunitaire qui neutralise un agent infectieux.




Colostrum : Le colostrum est un liquide épais, riche en protéines et en anticorps produit par la glande mammaire des mammifères en fin de gestation et pendant les premiers jours qui suivent la naissance. C’est le « premier lait », qui participe à la protection du petit contre les microbes à la naissance.

Endémie : Maladie persistante dans une région. Elle est constamment présente.
Epidémie : Une épidémie désigne la propagation d’une maladie à un grand nombre de personnes ; elle est limitée dans le temps, contrairement à l’endémie.

Forme latente (d’une maladie) : Se dit d’une maladie qui ne présente pas de signes apparents.

Primo vaccination : Elle correspond à l’injection initiale d’un vaccin à dose efficace ; pour être efficace, la primo vaccination est souvent composée de 2 ou plusieurs injections sur un intervalle de temps assez court.
Protocole vaccinatoire : Pour être efficace, la vaccination comporte des injections qui doivent être effectuées plusieurs fois, à des intervalles de temps différents pour la primo- vaccination et les rappels. Selon les vaccins, ce « schéma », appelé protocole vaccinatoire, peut varier.
Rappel du vaccin : Une fois l’organisme immunisé par une vaccination, celle-ci doit être répétée dans le temps pour conserver son efficacité (par exemple tous les ans pour la grippe).

Vaccin issu d’agents infectieux «atténués » : ils sont confectionnés à partir du microbe vivant dont l’effet a été minimisé.
Vaccin issu d’agents infectieux « inactivés » : ils sont préparés à partir de souches de microbes morts ; ils ont moins d’effets secondaires que les vaccins issus d’agents infectieux atténués.

Vaccin monovalent : Le vaccin ne contient qu’un seul produit.  
Vaccin plurivalent : Le vaccin contient plusieurs produit : vaccin grippe- tétanos ; vaccin grippe- rhinopneumonie.




Les différents vaccins disponibles pour les chevaux


- Grippe
- Rhinopneumonie
- Tétanos
- Rage


Vaccins disponibles dans des cas particuliers
-Teigne
- Rotavirus
- Gourme- retiré du marché français

Vaccins disponibles pour des mesures sanitaires d’exception
-Virus de la fièvre du Nil Occidental
- Artérite virale


Législation

Certains vaccins sont obligatoires pour certaines activités.

- Rage : Le vaccin de la rage est obligatoire pour la participation à toute compétition sportive.
Dans les régions déclarées infectées le vaccin est obligatoire pour tout cheval y séjournant ou participant à une compétition.

- Grippe : Le vaccin de la grippe est obligatoire, pour les rassemblements non officiels, dans les centres équestres et pour toutes les compétitions sportives (arrêté du 6 juin 2002 relatif à l’inscription sur la liste des chevaux de sport et aux contrôles d’identité et de vaccination).

- Rhinopneumonie : La vaccination contre la rhinopneumonie est obligatoire seulement dans certains cas particuliers : Poulinières avant les saillies, étalons TF (Trotteur français),  étalon AA (Anglo- arabe), Mérens.

Cependant, même s’ils ne sont pas obligatoires, certains vaccins sont recommandés en raison du caractère potentiellement mortel d'une maladie, ou parce qu’elle peut laisser des séquelles graves : il s’agit des vaccins contre le tétanos, la rhinopneumonie et  la grippe même dans les cas où ils ne sont pas imposés.

Pour que la vaccination soit officielle, le cachet du vétérinaire et la vignette du vaccin doivent être apposés dans le carnet du cheval. C’est pourquoi la vaccination doit être pratiquée par le vétérinaire.

De plus, le vétérinaire, avant de procéder à la vaccination, va examiner le cheval afin de dépister tout signe qui serait une contre-indication à l’injection.



La Grippe

La grippe est une maladie virale très contagieuse.
Chez le cheval elle est liée à 2 souches du virus de la grippe. Une de ces souches a la particularité (comme chez l’homme), de muter régulièrement : son profil génétique se modifie donc régulièrement et le vaccin doit donc s’adapter à ces mutations.

Signes de la grippe :
- Fièvre
- Toux
- Perte d’appétit, amaigrissement
- Fatigue
- Ecoulement nasal

La grippe peut se compliquer en bronchite, en pneumonie, créer un œdème pulmonaire …
Le cheval peut en garder de graves séquelles.
De plus, après avoir été atteint de la grippe, un cheval doit rester au repos pendant au moins 3 semaines.
Elle peut être directement mortelle chez le poulain.

La grippe est extrêmement contagieuse : elle se propage par la toux, les éternuements du cheval malade, mais également de façon indirecte par son matériel par exemple.
Pour toutes ces raisons, cette vaccination est fortement recommandée pour tous les chevaux, même s’ils ne participent pas à des compétitions.
Du fait que le virus de la grippe mute régulièrement, le vaccin ne protège pas le cheval à 100% : on dit de ce vaccin qu’il est moyennement immunogène.


La Rhinopneumonie

Cette maladie est liée à 5 souches du virus de l’herpès du cheval. La souche EHV1 est la plus virulente.

Les symptômes sont semblables à ceux de la grippe, mais la souche EHV1 peut également provoquer des symptômes nerveux: parésie, voir paralysie des membres postérieurs.

La particularité de l’herpès virus est de pouvoir rester à l’état latent dans les tissus, et d’être réactivé en certaines occasions (par exemple lors d’une période de stress). C’est pourquoi ce virus est très présent dans la population équine (on dit que l’herpès virus est endémique à l’espèce équine) : 70% des chevaux seraient porteurs de l’herpès virus équin sous forme latente, c’est-à-dire sans exprimer de symptôme.

Le vaccin, même lorsqu’il n’est pas obligatoire, est recommandé si le cheval est au contact de nombreux congénères.
De plus, la vaccination permet de limiter la transmission du virus : il protège  de la contamination un individu qui ne serait pas porteur du virus, et chez un animal qui serait  « porteur sain »,  elle permet de diminuer l’excrétion du virus et donc de diminuer les risques de contamination de l’entourage.

La rhinopneumonie est la première cause infectieuse d’avortement ou de mort rapide du poulain (dans les 48h). C’est pourquoi il est fortement recommandé aux juments gestantes et obligatoire avant les saillies officielles.


Le Tétanos

Le tétanos est dû au bacille « Clostridium Tetani ».

Ce bacille est très présent dans l’environnement du cheval puisqu’il séjourne dans la terre, les outils, le fumier (…).
Il peut ensuite venir infecter une plaie (même minime) et se multiplier dans l’organisme.
Il provoque alors des contractions et des tétanies musculaires qui conduisent à la paralysie musculaire,  et à la mort inévitable du cheval.

En plus d’y être largement exposé de par son environnement, le cheval est très sensible à cette infection.
Après avoir été infecté par le bacille du tétanos, le cheval a très peu de chance de survivre, et s’il survit, ce ne sera qu’au prix de soins extrêmement longs et couteux.

Pour ces raisons, cette vaccination est fortement recommandée.

Pour que les poulains soient immunisés dès leurs premiers jours de vie, il faut que les poulinières soient elles même vaccinées.

Le vaccin protège à 100 % le cheval vacciné : ce vaccin est très immunogéne.


La Rage

La rage a, grâce à des campagnes de vaccination très importantes, disparu en France.

Mais elle reste très présente à nos frontières, et c’est pourquoi cette maladie, mortelle, bénéficie d’une surveillance sanitaire étroite.
Le vaccin sera donc presque toujours obligatoire en cas de voyages à l’étranger, et toujours obligatoire lorsque le cheval participe à des compétitions sportives.

Le virus de la rage est présent dans la salive des animaux infectés ; la contamination se fait donc après une morsure par un animal atteint de la rage. En Europe, ce sont principalement les renards qui transmettent la maladie.

La rage conduit inévitablement à la mort de l’animal infecté.

Le vaccin protège à 100% le cheval vacciné.


La Teigne

La teigne est une mycose assez fréquente chez les équidés; très contagieuse, elle se transmet au contact d'un animal contaminé ou par le biais de son matériel.

Les symptôme de la teigne:
- apparition de plaques circulaires,
- les poils sont " hérissés" à l'intérieur de ces plaques,
- les poils tombent à l'intérieur de ces plaques,
- les plaques finissent par se propager à tout le corps.





Plus rare, ce vaccin est surtout recommandé pour les chevaux à risque ou ayant développé la maladie : en effet, si ce vaccin peut éviter l’apparition de la teigne, il peut également faciliter sa guérison.


Le Rotavirus

Le rotavirus équin est responsable de diarrhées infectieuses chez le poulain. Ces diarrhées peuvent être à l’origine de déshydratations graves.

Les juments doivent être vaccinées pendant la gestation pour que le poulain soit immunisé par le colostrum après la naissance ; ce procédé est appelé « immunisation passive ».


La Gourme

La gourme est une angine du cheval causée par la bactérie Streptococus Equi.

L’infection est redoutable et très contagieuse.

Les symptômes de la gourme sont :
- Inflammation des muqueuses de la tête et de la gorge
- Hypertrophie (gonflement) des ganglions lymphatiques. Les chevaux, lorsque les ganglions lymphatiques sont gonflés, souffrent et gardent souvent la tête vers le bas pour soulager leur douleur. Ceux-ci vont par la suite crever, pour laisser s’échapper du pus en abondance (entre 7 et 14 j après le début de l’infection).





- Abattement, manque d’appétit
- Fièvre
- Jetage (écoulement nasal), d’abord muqueux puis grumeleux et enfin purulent.
- Toux faible

La gourme peut être suivie de nombreuses complications, souvent mortelles.

Le vaccin de la gourme est peu répandu.

L’injection se fait dans la muqueuse de la bouche, avec un rappel tous les 3 mois. Le produit, commercialisé aux Etats Unis, a été pendant quelques temps commercialisé en France, mais il n’a pas convaincu. C’est pourquoi il a été retiré du marché français en 2009.


Le Virus de la fièvre du Nil Occidental

Le virus de la fièvre du Nil Occidental (virus West Nile) est due à un Flavivirus dont les vecteurs sont les moustiques (moustiques du genre Culex), et dont les oiseaux sont le réservoir : c’est-à-dire que le virus est présent chez les oiseaux, mais ce sont les moustiques Culex qui transmettent la maladie en piquant un oiseau contaminé puis un autre animal : tous les mammifères peuvent être contaminés, l’homme compris.

Seuls les oiseaux sont considérés comme réservoir du virus car eux seuls contiennent un taux de virus assez important pour que la maladie puisse se transmettre : Un cheval ou un homme contaminé ne sera pas à l’origine de la propagation de la maladie : on les appelle « hôtes accidentels ».




Les moustiques de type Culex sont présents en France en Camargue et dans le sud de la France.

Ce virus peut être à l’origine d’une encéphalite (infection du cerveau) qui peut être mortelle.

Elle se traduit par une faiblesse musculaire, une incoordination motrice  (ataxie), paralysie ; puis l’encéphalite qui conduit à la mort.

Cependant, peu d’individus ayant été infectés développent des signes cliniques : 80% des individus qui ont été contaminés ne développeront jamais la maladie.

Le vaccin est indiqué afin de diminuer le risque de voir se propager la maladie : Le virus provoque des « flambées épidémiques ».
Ces épidémies touchent parfois l’Europe, et même la France  (en 2000, une épidémie a atteint les chevaux de Camargue ;  en Août 2003, 7 cas humains ont été recensés dans le Var).

Lors d’une flambée d’infection, les chevaux sont atteints avant que les hommes sont touchés. C’est pourquoi cette maladie fait l’objet d’une surveillance étroite : elle fait partie (comme la rage) des « maladies à déclaration obligatoire ».


L’Artérite virale

L’artérite virale est liée au virus de la famille des Arteriviridae.

Comme le virus de la fièvre du Nil Occidentale, il existe à l’état endémique et provoque des flambées épidémiques : cela a été le cas en Normandie en 2007.

Des mesures sanitaires exceptionnelles ont permis de maîtriser l’épidémie.


Protocole de vaccination

Attention, les protocoles vaccinaux sont régulièrement remis à jour. Ce protocole est valable en mars 2015.

Le poulain
Le poulain est immunisé par le colostrum (lorsqu’il est absorbé dans les 48 premières heures de vie), et pour une période de 2 mois. Il reçoit ensuite les anticorps du lait maternel, même s’ils sont en moindre quantité. C’est pourquoi les juments gestantes sont vaccinées, afin que les poulains bénéficient de leur protection par le phénomène « d’immunisation passive ».

Grippe




Rage




Tétanos



Rhinopneumonie




Virus du Nil Occidental




Artérite virale




Pour toutes les vaccinations : le cheval doit avoir une activité physique limitée pendant la semaine suivant la vaccination.

Si vous venez d’acquérir un cheval et que vous n’êtes pas sure de son parcours vaccinal, il faut recommencer le protocole de vaccination dès le début.


Les effets secondaires des vaccins

Les vaccins grippe et tétanos provoquent rarement des effets secondaires : moins de 0.5%, c’est-à-dire que les effets secondaires concernent moins de 1 cheval sur 200.


Les effets secondaires peuvent être :
1- Locaux
1- Systémiques ( réaction del'organisme)

Réaction locale
Gonflement autour du point d’injection, raideur temporaire ( 2 à 3 jours) du muscle autour du point d’injection : le cheval peut alors avoir des difficultés pendant 2-3 jours à bouger le cou, ou à manger par terre lorsqu’il a été vacciné dans le cou, s’il a été vacciné dans le poitrail ou dans les fesses, il peut avoir des difficultés à la marche.

Très rarement, un abcès peut se développer au point d’injection (moins d’un cas sur 2000).

Réaction systémique
Difficultés à s’alimenter, apathie, fièvre. Ces réactions sont rares et surviennent surtout des chevaux en mauvaise santé.

Une réaction encore plus rare est celle du choc anaphylactique, c’est-à-dire une réaction allergique générale et gravissime.



Conclusion

Un cheval de particulier sera prioritairement vacciné contre la grippe et le tétanos.

Il est également important de vacciner les chevaux agés, dont les defenses immunitaires sont défaillantes.

La rhinopneumonie doit être faite pour les chevaux vivant au contact de nombreux autres chevaux et pour les poulinières.

La rage, et les autres vaccins (fièvre du Nil Occidental, rotavirus, gourme, teigne) ne seront effectuées que dans des cas particuliers.



CS

 
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