Art 32: Camargue - CARPE

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Article publié en Mai 2015


Le cheval Camargue






Symbole de la région dont il est originaire, le Camargue est un petit cheval de selle de couleur grise qui traditionnellement vit en semi- liberté dans les marais camarguais.


Origine

Considéré comme l’une des plus anciennes races du monde, on retrouve sa trace dès l’Antiquité.

Malgré tout ses origines restent mystérieuses.
De nombreuses hypothèses sont avancées quant à son ascendance:

-  Il pourrait être  issu de nombreux croisements, puis aurait fait l’objet d’une sélection naturelle qui aurait permis la création d’une race adaptée à l’environnement du delta du Rhône. De nombreux auteurs notent néanmoins ses caractéristiques primitives et le comparent aux peintures des murs des grottes de Lascaux ; certains paléontologues le considèrent comme « une relique de chevaux sauvages préhistoriques ». Un squelette est retrouvé sur les rives du Rhône près d’Arles, entouré de silex, et remonterait à l’époque de la pierre taillée.



              




- Certains écrits anciens donnent les chevaux d’origine arabes et numides les fondateurs de la race Camargue. Ces chevaux auraient été importés par les Sarrasins, lors de leur occupation du territoire au VIII et IXème siècle, occupation qui dura 40 ans. On retrouve effectivement des analogies morphologiques du cheval Camargue avec les chevaux barbes (tête carrée, encolure de cerf, hanches longues, jarrets droits, canons fins …).






En 1670, le duc de Newcastle écrivait que les éleveurs de chevaux de la région Camargue achetaient des poulains barbes et les vendaient avec ceux de leurs haras tellement leur ressemblance était évidente. Cette théorie est souvent remise en cause, mais peut être défendable de par la couleur du cheval Camargue : en effet, les chevaux gris proviennent d’Afrique ; les chevaux « primitifs » sont généralement isabelle ou bais bruns.


- D’autres théories font l’objet d’une ascendance Celte, de similitudes avec le cheval de Solutré, de descendance directe du cheval de Przewalsky (une des particularités du cheval Camargue est la présence d’une 6ème vertèbre lombaire, qui le rapproche du Tarpan et du cheval de Przewalsky), d’une origine asiatique (qui repose sur la ressemblance morphologique du Camargue avec le cheval mongol).
Les légendes locales donnent quant à elles le Camargue comme né de l’écume de mer : un homme poursuivi par un taureau noir sur la plage des Saintes Maries de la Mer n’eut d’autres choix que de se jeter à la mer pour lui échapper. Alors qu’il est emporté par les vagues, il est sauvé par un étalon blanc, sorti de l’écume et qui lui dit : « Je ne serais jamais  ton esclave, mais ton ami ». Cet étalon serait l’ancêtre de tous les chevaux Camarguais.









Environnement

Le cheval Camargue  vit dans le Delta du Rhône, sur les départements du Gard et  des Bouches Du Rhône.






Mais une petite population de chevaux camarguais vit en Italie dans le delta du Pô, où il est appelé cheval du delta.

Sa vie rude dans les marais camarguais en a fait un cheval rustique : humidité constante, insectes nombreux, hivers rigoureux avec des vents violents, nourriture pauvre…  Il est le seul cheval capable de brouter l’herbe sous l’eau en tirant sur les plantes aquatiques.







Le cheval Camargue vit traditionnellement en semi- liberté, au sein des manades.

Une manade est définie comme l’élevage extensif en liberté et en plein air avec au moins 4 juments reproductrices, et un pâturage d’au moins 20 hectares d’un seul tenant.

Le cheval est traditionnellement utilisé par les guardians pour le travail du bétail : l’équitation dite « camarguaise » dérive de cet usage.





Il vit souvent en troupeau avec les bovins, et vit en symbiose avec les hérons garde bœuf et les aigrettes. Acteur de l’écosystème camarguais, il est utilisé pour l’entretien écologique des zones marécageuses.






L’élevage en liberté est le seul autorisé pour le cheval camarguais dans son berceau d’origine.
Les saillies ont lieu en liberté ; les techniques d’élevage artificielles (insémination, transfert d’embryon et clonage) rendent les chevaux Camarguais qui en sont issus ininscriptibles au stud- book.  





Les poulains naissent généralement au printemps et sont capturés en automne par les manadiers pour être marqués au fer rouge. Ils restent 2 ans en liberté avant d’être montés. Ils vivent ensuit en semi- liberté : les guardians viennent les chercher dans le troupeau s’ils en ont besoin, avant de les relâcher.

Pour être agrées pour la monte, les étalons doivent être présentés devant un jury qui se réunit chaque année. Les juments sont visitées dans les zones d’élevage pour été répertoriées. Les poulains doivent être identifiés alors qu’ils sont encore sous  la mère.
En plus du marquage au fer rouge qui identifie l’éleveur, les chevaux reçoivent sur l’encolure (ou la cuisse pour les juments) une marque avec :
-une lettre qui identifie l’année de naissance,  
- un numéro personnel.




Seuls les animaux inscrits au stud book ont le droit de s’appeler Camargue ; on distingue :
- Camargue : « animal inscrit au stud book, né et identifié dans le berceau de la race, appartenant à une manade et ayant été marqué au fer rouge avant le sevrage ».
- Camargue hors manade : « animal inscrit au stud- book, né et identifié dans le berceau de la race, mais n’appartenant pas à une manade ».
- Camargue hors berceau : « animal inscrit au stud book, et né hors berceau de la race ».



Histoire


La race est reconnue par les Haras Nationaux en 1968 mais le Stud book ouvert en 1978.

Les Haras Nationaux ont, dans les années 1700 tentés d’effectuer divers croisements afin d’augmenter sa taille, afin de pouvoir par la suite en faire un cheval de guerre. Mais ces essais se sont révélés infructueux.

De façon générale, toutes les tentatives de croisements « améliorateurs » se sont soldées par des échecs, en dehors d’une tentative dans les années 1830 : en effet, le Camargue est souvent livré à lui-même, les Haras Nationaux ont beaucoup dénoncé le manque de soins des chevaux de manades au  cours des siècles .Dans les années 1830, la création d’une manade modèle est à l’étude : Amélioratrice de la race, assurant la survie d’un plus grand nombre de chevaux, les éleveurs camarguais ne pérennisent pourtant pas l’essai.


En 1909 est créée la Nacioun Guardiano (nation Gardiane), qui a pour objectif de sauvegarder les traditions de la région, dont l’élevage des chevaux Camargue fait partie.


Mais la race connait une période de déclin pendant la première moitié du XXème siècle  avant d’être reconnue par les Haras comme une race de cheval de selle.


En 1964 est créée l’Association des éleveurs de chevaux de race Camargue (AECRC), qui a défini les caractéristiques de la race, délimité l’aire géographique d’élevage, recensé les élevages,  défini le terme de « manade »… L’association  organise des tests d’aptitude des étalons au tri des taureaux, des concours de chevaux de selle et de loisirs, de poulinières, participe aux différents salons équestres …


Le développement du tourisme en Camargue donne un nouvel élan à la race, mais les conditions d’exploitation des chevaux dans les manades sont longtemps dénoncées avant de s’améliorer de façon générale grâce à la pression des associations de protection.



Morphologie et caractéristiques du cheval Camargue


Ce cheval est d’une maturité tardive, entre 5 et 7 ans, mais il est connu pour sa longévité exceptionnelle : le record de longévité en France est détenu par un cheval Camargue, appelé « L’Ours », décédé à l’âge de 47 ans.

Sa taille dépasse rarement 1m45 ; il est donc classé comme poney par la FEI, mais considéré comme un cheval en France.

La robe grise est obligatoire pour que le cheval soit inscrit au stud- book.
Comme la plupart des chevaux gris, il est souvent victime de mélanomes.

Sa silhouette rappelle les chevaux primitifs, avec une influence barbe.
Sa tête, quant à elle rappelle les chevaux primitifs avec un air oriental : lourde, carrée, expressive, avec des arcades sourcilières peu saillantes. Le chanfrein est rectiligne, avec des ganaches bien marquées. Les oreilles sont petites et courtes.






La crinière souvent double est abondante, comme le toupet.

La poitrine est profonde et large, l’épaule musclée, de longueur moyenne, avec une croupe pleine et inclinée, et une queue fournie et attachée bas.

Les membres sont longs, forts et résistants.

Le pied est dur, il a rarement besoin d’être ferré.

Concernant ses allures, le pas est relevé, avec de longues foulées, un trot vif et rassemblé, et un galop rapide.


De sa vie en semi- liberté, le Camargue a su tirer des qualités telles que la vivacité, l’agilité, la robustesse (à noter que le cheval Camargue est réputé pour être résistant à la gourme)  et l’endurance. On lui reproche parfois d’être difficilement soumis.


Le Camargue étant avant tout un cheval utilisé pour le tri du bétail, il est extrêmement maniable. Aujourd’hui symbole folklorique, il est souvent utilisé pour les démonstrations d’équitation camarguaise, et dans les fêtes de traditions provençales.






CS

 
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