Art 34: Akhal Téké - CARPE

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Article publié en Octobre 2015


L’Akhal Téké



Originaire du Turkménistan, l’Akhal Téké est le cheval à la robe de soie dorée légendaire.



     
Kambar, célébre Akhal Téké de course



Grande fierté des turkmènes, il est l’emblème du pays et est très présent dans la coutume du pays.





Histoire de la race


Le berceau natif de l’Akhal Téké est l’oasis d’Ashgabat, situé dans le désert turkmène.
Son nom provient de la vallée de l’Akhal où est située cette oasis, et de la tribu des Tékkés, peuple nomade turkmène qui l’élevait traditionnellement.







En raison de l’isolement de cette terre natale, les chevaux ont été préservés des  influences étrangères malgré quelques croisements avec des chevaux arabes et persans, ce qui en fait une race relativement pure. Elle fait d’ailleurs partie des 3 races dites de « pur-sang », avec le pur-sang anglais et le pur-sang arabe.

Elle constitue l’une des races les plus anciennes : en effet, des ossements de chevaux, parés d’ornements ont été découverts dans les montagnes de l’Altaï.
Ces ossements datent de l’époque des Scythes et présentent la morphologie du cheval actuel, alors que les autres chevaux de la même époque présentaient une morphologie plus primitive, semblable à celle du tarpan.

500 ans avant notre ère, la race se serait constituée, issue probablement de croisements successifs entre des chevaux issus des caravanes en route pour l’Asie, et que les Tekkés attaquaient lors de leur passage.

Le Turkménistan étant composé à 80 % de désert, les chevaux furent exposés à de dures conditions climatiques (des journées très chaudes et des nuits pouvant être très froides), ce qui a entraîné la sélection naturelle de chevaux robustes.  





De par leur passé de chevaux de nomades, les Akhal Tékés ont hérité leur caractère : très proche de l’homme, il a pourtant conservé des instincts sauvages (par exemple, 80 % des juments poulinent debout).









De par son physique longiligne, on le compare souvent au lévrier, issu des mêmes régions.


           




L’Akhal Téké compte aujourd’hui environ seulement 3000 représentants à travers le monde ; souvent menacée, la race a failli disparaître au cours du 19
ème siècle, victime de 3 phénomènes presque simultanés :

- L’apport de chevaux pur-sang anglais, dans la 2 ème moitié du 19
ème siècle afin d’améliorer les performances aux courses de la race a eu pour résultat de la diluer.

- En 1948, le cheptel vivant dans son berceau traditionnel de la vallée de l’Ashgabat fut pratiquement décimé par un séisme de magnitude 9.5 sur l’échelle de Richter.

- Dans les années 50, avec la fin du nomadisme et l’apparition de la motorisation, le cheval est considéré comme inutile et coûteux, et des abattages massifs de chevaux sont organisés par les Russes et conduisent à une réduction significative du cheptel, le ramenant à 300 chevaux au milieu du 20
ème siècle.

L’Akhal Téké ne doit son salut qu’à un petit nombre d’éleveurs passionnés du Proche Orient.


Le stud book général de la race est créé en 1930, en Russie ; en sont maintenant exempts les chevaux qui ont été croisés avec des pur-sang anglais.  

La sélection de la race est rigoureuse, basée sur la reconnaissance de 18 lignées issus d’étalons prestigieux ayant donné leur nom à chacune d’entre elles.


Aujourd’hui l’Akhal Téké est élevé  dans son pays natal, mais également au Kazakhstan, en Russie, en Allemagne, aux Etats Unis, en France, en Suisse et en Australie.

En 2004, la France est le premier pays européen à ouvrir un stud-book national.




Un des Akhal Téké français les plus célébres, Gendjim, offert par le président Niazov à Francois Miterrand en 1993 ; ici en  photo avec Alexandre Gros, célèbre écuyer chargé de ses soins.



En 2006, environ 3000 Akhal Téké sont recensés, dont 25 % en dehors du Turkménistan. La France, quant à elle, aurait un cheptel d’environ 200 chevaux.




Caractéristiques de la race


Cheval à sang chaud (« proche du sang »), il est un cheval  guerrier du désert, et son histoire lui a valu d’acquérir certaines caractéristiques : rapide, endurant et robuste, il est mince, et sa conformation longiligne  est adaptée à la course, aux allures rapides et à l’endurance.


Plus que pour ses performances, l’Akhal Téké est connu pour ses robes particulières.

Sa peau très fine (comme celle de tous les animaux du désert) est recouverte de poils ras, avec une crinière et une queue peu développées.
Le toupet est parfois absent.

L’Akhal Téké présente une grande variété de robes,  et toutes sont reconnues par le stud book, à l’exception de la robe pie.

Les plus communes sont :
- le bai (29 % des chevaux sont bais, bais brûlés ou bais cerises) ,
- l’alezan (29 % de chevaux alezans ou alezans brûlés, parfois crins lavés) ,  
- l’isabelle (11 %).


   


   AT bai                                                             AT alezan                                                       AT isabelle
        

 


Plus rarement, il est noir, gris, palomino ou crème.




      AT noir                                                      AT gris                                                         AT palomino                                            AT crème

   


Mais surtout ses robes ont la particularité de présenter des reflets métalliques dorés ou argentés qui sont dûs à la peau de l’Akhal Téké qui  a une grande capacité à refléter la lumière.


En France, une évaluation faite en 2000 estimait à plus de 50 % le nombre de chevaux possédant le gène éclaircisseur, dit « crème », qui transforme :
- la robe baie en isabelle,
- la robe alezane en palomino et
- la robe noire en smocky black.

A l’état homozygote (c’est-à-dire chez les chevaux possédant 2 fois ce gène), il donne la couleur perlino ( sur une robe baie), crème ou cremello ( sur une robe alezane) ou smocky cream ( sur une robe noire) ;  les chevaux possèdent alors une peau et des poils très clairs ainsi que des yeux bleus.


 

AT perlino                                                                          AT cremello



L’association internationale des éleveurs de chevaux Akhal Téké (MAAK), considérant que cette couleur est le signe d’un « affaiblissement de la constitution » préconise pour les élevages français de veiller à ne pas augmenter le nombre de chevaux de cette couleur.


Quant à sa conformation, sa taille peut aller de 1m47 à 1m73 avec une moyenne aux alentours de 1m58.

Son port de tête est altier, avec une encolure longue et mince.

Sa tête est fine avec des joues larges, des oreilles longues, un chanfrein droit ou légèrement concave, et des yeux intelligents et vifs, en forme d’amande, qui lui donnent un regard très expressif.





Le garrot est saillant et prononcé, les épaules larges et obliques mais avec un poitrail assez étroit. Le dos et l’arrière main sont longs.







Les membres sont longs, secs et solides, avec des paturons caractéristiques ( le sabot est attaché bien bas),  liés à l’adaptation de la marche dans le sable du désert.  Les sabots sont petits et durs.

Ses allures sont harmonieuses et légères, avec des mouvements fluides et puissants qui donnent l’impression qu'il « glisse » au-dessus du sol.  








On retrouve 4  grands types d’Akhal Téké selon leur conformation :


- Type « cheval de guerre », dit « alaman at » :

C’est le type « originel », « traditionnel » et celui qui est devenu le plus rare.
Il est équilibré avec des lignes modérées et un dos ferme.
Les lignées présentant cette conformation sont celles de Sapar Khan, Ak Sakal, Toporbai, Dor Bairam, et Kir Sakar.






-
Type « cheval de course » dit « toi at » :

Le dos est droit avec un cou et des jambes fins et longs.
Les lignées présentant cette conformation sont celles de Kaplan, El , Posman, Everdi Teleke et Fakirpelvan.






Type « sport » :

Cette conformation est plus proche du cheval occidental, type anglo- arabe ou trakhenner. Les lignées présentant cette conformation sont celles de Gelishikli, Arab, Skak et Karlavach.







Type « show » :

Les lignes sont extrêmement allongées, avec pour conséquence d’avoir parfois un dos ensellé, une encolure en tête de cygne et une épaule étroite.
Les lignées présentant cette conformation sont celles de Gelishikli et Everdi Teleke.





Volontaire et fiable, l’Akhal Téké possède une grande intelligence au travail, mais il est assez sensible et exigeant : traditionnellement élevé par les nomades, il a vécu en contact rapproché avec l’homme, et se montre donc très réceptif à son comportement à son égard, ce qui lui a parfois valu d’être considéré comme un cheval difficile.  On dit souvent de lui qu’il est le cheval « d’un seul maître ».




Performances

L’Akhal Téké est particulièrement doué en complet et en endurance, mais apte à toutes les disciplines équestres. Ses performances sont malgré tout relativement peu connues car la rareté de la race fait que peu de ses représentants évoluent en haut niveau sportif.

Détenteur d’un record olympique en dressage, le cheval Abzent ( ou Absynthe) , monté par Serguei Filatov, a ainsi remporté la médaille d’or olympique ( Rome/ 1960), ainsi que celle de bronze (Tokyo/ 1964) et celle d’argent ( Mexico/ 1968).


              


Abzent, champion de dressage



Ses qualités en endurance sont remarquables. Il est notamment capable de supporter un déficit hydrique important mais nécessite néanmoins un apport alimentaire correct : traditionnellement, les nomades nourrissaient leurs chevaux dont ils prenaient grand soin avec beaucoup de protéines : œufs, boulettes végétales liées par de la graisse de mouton…

Le type traditionnel est celui du cheval « type guerre », mais aujourd’hui, les éleveurs tentent d’orienter la race vers une conformation adaptée à l’endurance.


La race Akhal Téké aurait participé à la création du cheval arabe, mais aussi à celle du Pur-sang anglais ( Darlei Arabian, étalon AT est un des 3 fondateurs du PS) et du Trakhener ( Turkmen Atty).




                    
Darlei Arabian                                                                        Pur-sang anglais




                           
Turkmen Atty                                                                                Trakhener




L’Akhal Téké est également utilisé en croisement pour améliorer certaines races comme le trotteur Orlov ou le cheval du Don.



                     
Trotteur Orlov                                                                           Cheval du Don




Croisé avec le Pur-sang anglais , il donne l’Anglo Téké.




Anglo Téké



Les Akhal Tékés font l’objet d’évaluations par l’Association Internationale des Eleveurs d’Akhal Téké, portant sur :

- Le pedigree : Analyse des grades des ancêtres et de leur valeur en tant que reproducteurs.

- Le type : qualité de la conformation qui caractérise l’Akhal Téké : tête, cou, forme des yeux, absence de toupet, proportions du corps …

- La mesure : hauteur, longueur du corps, pourtour thoracique et circonférence du canon, ainsi que la proportion et l’harmonie  entre ces différentes mesures.
Actuellement, les chevaux de grande taille sont les mieux notés, révélant le désir de s’écarter du modèle de cheval coursier pour se rapprocher de celui du cheval de sport.

- La conformation : l’aspect extérieur du cheval et son harmonie.

- Les performances : Dès que le cheval travaille, cette qualité ne peut être évaluée que s’il concourt dans une discipline équestre.

- La qualité de la descendance : Elle ne peut être jugée que pour les reproducteurs, et n’est évaluée qu’à partir de l’âge de 7 ans et de 10 poulains pour les étalons et 3 pour les poulinières.

Chaque paramètre est noté sur 10. Les notes au-delà de 9 sont très rares et révèlent un cheval aux qualités exceptionnelles. Au-delà de 8, ses qualités sont considérées comme très bonnes, et en deçà de 7, la qualité est pauvre.

L’ensemble des 6 notes déterminent le grade, classant ainsi les chevaux en classe Elite, 1
ère classe, 2ème classe, ou sans classe.




La première évaluation se fait à 2 ans, et doit normalement être renouvelée chaque année jusqu’à l’âge de 7 ans. A partir de 7 ans, l’évaluation est faite tous les 3 ans.

De nos jours, les mâles sont toujours laissés entiers.



Les lignées


En termes d’effectifs, les plus importantes lignées sont de nos jours les lignées :
- Guelishikli
- Kaplan
- Peren
- El
- Sovkoz II
- Arab
- Sapar Khan ( Sere)
- Fakir Pelvan
- Kir Sakar




Guelishikli





Guelishikli [l’incomparable], né en 1949 et élu Elite en 1962 ;
Cheval de type turkméne, longiligne avec une conformation hors norme de son dos très long.
Sa lignée produit 2 types de chevaux : le type « show » et le type «sportif ».








Kaplan



Kaplan [Tigre] , né en 1957 et classé Elite en 1968 en raison de sa grande beauté.
Bon cheval de course, long et sportif. Sa lignée est conformée course mais aussi dressage et obstacle, même si on lui reproche parfois de manquer de type.








Peren





Peren, né en 1955,  très typé, modèle coursier. La lignée est surtout appréciée pour son esthétisme et son type. Classé Elite et champion de la race en 1967.






El






El, né en 1932,  a donné une lignée caractérisée par son élégance et sa vitesse, très prisée pour l’endurance mais manquant un peu de type. C’est pourquoi son fils Sovkhoz II est à l’origine d’une nouvelle lignée dans le but d’améliorer le type tout en gardant ses capacités sportives.
.



Sovkhoz II




Sovkhoz II, fils de El et fondateur d’une lignée moderne créée en 1998 car il était le meilleur représentant de la lignée El. Sa lignée fournit des chevaux très doués pour l’endurance.







Arab





Arab, né en 1930,  cheval de type guerrier, sa descendance possède aujourd’hui un physique type sport.
Abzent fait partie de sa lignée. Depuis Abzent, sa lignée est surtout développée vers le dressage et le saut. Les croisements issus de cette lignée améliorent les performances mais manquent de type.






Sapar Khan




Né en 1932,  puissant et bien équilibré, de type guerre, ce cheval était très doué pour les courses de plat.
La lignée est caractérisée par sa pureté, son type et ses allures très fluides et légères. Elle est très prisée pour l’endurance. Son petit fils, Sere, est à l'origie d'une lignée moderne.







Fakirpelvan



Fakirpelvan [héros magique], né en 1951 , frère de Guelishikli est classé Elite en 1961. Les caractéristiques de cette lignée sont la pureté de son pedigree et ses allures très élancées.







Kir sakar





Etalon né en 1936, de type guerre (plutôt lourd et musclé) ; lui-même cheval de course avant de devenir reproducteur, sa lignée est utilisée pour le saut et la course.







Les autres lignées : Everdi Teleke, Skak, Mele Kush, Sapar Khan, Toporbai, Karlavach, Posman, Dor Bairam, Ak Sakal, Akbelek.


Everdi Teleke



Né en 1914, de type turkmène, sa lignée est appréciée pour les courses.









Skak






Né en 1940, les chevaux de sa lignée ont tendance à manquer de vitesse en course, et sont surtout utilisés pour le dressage et le saut.









Mele Kush






L’étalon Mele Kush [oiseau gris], né en 1902, est un des étalons les plus populaires de la race. Il fut champion de course.






Toporbai



Né en 1918,  de type traditionnel de guerre, massif et caractérisé par une tête lourde. Sa lignée est caractérisée par son caractère extrêmement gentil et docile, avec des grandes capacités pour l’obstacle.









Karlavach



Né en 1939, de type sport, il possédait 12.5 % de sang PS anglais : il est de ce fait plus considéré comme un anglo Téké, qui a donné à sa lignée les caractéristiques de sa conformation, avec un gabarit assez élevé.









Posman




Né en 1919, sa lignée est caractérisée pour ses capacités pour l’endurance, la chasse et le saut. Elle est une des lignées les plus typée.











Dor Bairam





Né en 1925, de type traditionnel ancien, très musclé ; sa lignée possède des caractéristiques de type très prononcées et de résistance, rendant ces chevaux particulièrement aptes à l’endurance et au TREC. Cette lignée est malheureusement aujourd’hui très rare.








Akbelek



Né en 1931, Akbelek [balzane blanche] est le seul chef de lignée connu pour sa robe pie et avec une ascendance mâle de PS anglais. Si elle a tendance à disparaître (les puristes sont en faveur de l’extinction de cette lignée), elle a une grande valeur pour les Turkmènes de par ses aptitudes à la course.





Ak sakal

Ak sakal [barbe blanche], est né en 1930. Sa lignée se caractérise par des chevaux au dos court et musclé, les rendant aptes à courir sur de longues distances, et un caractère calme.



Les Associations

Akhal Téké France, association reconnue depuis 2004 par le Ministère de l’Agriculture comme gestionnaire de la race en France.
Association Akhal Téké France
Pôle Hippique
47000 Villeneuve sur lot
09-61-54-97-64
www.akhal-teke.fr




MAAK, Association Internationale des éleveurs d’Akhal Téké, créée en 1995. Elle gère la race au niveau mondial.

IAHA, International Akhal Téké Horse Association, nouvelle association créée en 2010 dans le but de promouvoir la race.


Les rendez-vous européens

Championnat d’Europe Ising : championnat européen organisé tous les 3 ans par l’Association allemande en Bavière (le dernier a eu lieu en 2014). Les chevaux Akhal Téké pur-sang et demi sang participent à des concours d’élevage, cross-country, hunter ou dressage.


CS



 
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