Art 35: Headshaking - CARPE

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Article publié en Novembre 2015



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Le syndrome du Headshaking

Sommaire

I) Description


Le headshaking n’est pas une maladie, mais un syndrome, c’est-à-dire un ensemble de symptômes.

On parle également « d’encensement », ou encore, à tort, de « tic à l’encensé » : en effet, le headshaking n’est pas toujours un tic (ou stéréotypie, qui est un trouble d’origine psychologique), mais
un trouble du comportement qui peut être lié à de multiples pathologies physiques ou psychiques.

Le  headshaking consiste en un balancement anormal de la tête, le plus souvent de haut en bas, de façon brusque  et incontrôlable, à la manière d’un spasme,  comme si le cheval recevait une décharge électrique sur le bout du nez.  
Le cheval semble parfois lui-même « surpris » de ce mouvement qu’il ne contrôle pas.

Ces mouvements brutaux de la tête peuvent être accompagnés de nombreux autres symptômes, en fonction de la pathologie à l’origine du headshaking : on observe souvent des frottements du nez sur le sol ou tout objet à la portée du cheval.

On observe aussi parfois reniflements et éternuements, ébrouements répétés, balancement de la tête à la verticale ou de manière circulaire, jeter des antérieurs en avant, soulèvement de la lèvre supérieure, jetage nasal, clignement excessif des paupières, frottement des yeux, tentative de se cacher la tête ...






Le cheval peut devenir incontrôlable et le travail difficile voire impossible dans toutes les disciplines ; de plus, le mal être du cheval ressenti par son cavalier est également un frein à la pratique équestre. Le cheval atteint d’encensement  peut être dangereux pour son entourage, les mouvements étant violents et incontrôlés.

Le headshaking est la conséquence d’une douleur ou d’un inconfort ressentit au niveau de la tête ou de l’encolure.

Il peut débuter à n’importe quel âge et toutes les races de chevaux et poneys peuvent être atteints.  

Parfois, le headshaking s’accentue dans certaines circonstances :
-  Avec le travail ou l’excitation du cheval : 40 à 50% des chevaux ne souffrent de ce syndrome qu’au travail, après 5 à 10 minutes d’effort.
- Avec une luminosité forte.
- Plus rarement, en cas de vent ou de pluie.

Le tempérament du cheval ne semble pas jouer de rôle dans l’apparition du syndrome mais un tempérament fort pourrait en accentuer la gravité.

Suivant son origine, le headshaking peut être :
- " pérenne ", c’est-à-dire se produire tout au long de l’année,  
- " pérenne  avec une accentuation des symptômes" durant les mois ensoleillés,
- " saisonnier " ; l’encensement disparait alors complètement pendant certaines périodes.  Les saisons les plus concernées par le déclenchement d’un syndrome de headshaking sont le printemps, l’été et l’automne.

Le headshaking « saisonnier » concernerait 60 à 70% des chevaux atteints de headshaking, et chez la majorité des chevaux présentant un headshaking saisonnier, les symptômes apparaissent au printemps, augmentent au cours de l’été puis régressent progressivement jusqu’à disparaître en hiver.
Ce schéma est similaire à celui des hommes souffrant de rhinite allergique.

De très rares cas décrivent des chevaux présentant ces symptômes ou une accentuation de ces symptômes pendant les périodes de l’automne et de l’hiver.




II) Les causes


Les causes du headshaking sont nombreuses : plus de 30 pathologies différentes ont été déterminées comme pouvant être à son origine.

Le diagnostic est parfois très difficile voire impossible: pour 90% des chevaux, l’origine reste indéterminée malgré les explorations vétérinaires.  On parle alors «d’encensement idiopathique ». Les hypothèses les plus probables concernant ces encensements idiopathiques sont :

- La stéréotypie,
- La réaction allergique,
- La névralgie trigéminale.





La stéréotypie


Le headshaking a alors une origine psychique.
La stéréotypie est définit comme « un comportement répétitif, sans fonction et sans but évident ».
Le headshaking en tant que stéréotypie pourrait être lié à un comportement obsessionnel (TOC : troubles obsessionnels compulsifs) qui pourrait se développer à cause de la frustration, du stress, de l’ennui, du confinement




La réaction allergique

L’allergie peut être à l’origine d’une irritation nasale (rhinite) ou  cutanée ; le + souvent cette allergie est liée au pollen ou insectes.

L‘origine allergique est notamment évoquée dans les cas d'un headshaking saisonnier , avec  l’apparition en avril – mai des pollens et de juillet à septembre des spores fongiques.

Mais des chevaux présentant un headshaking « pérenne » pourraient être sensibles aux acariens ou aux poussières que l’on peut trouver dans les box.

Les chevaux dont l’allergie est considérée comme la cause de l’irritation nasale à l’origine du headshaking présentent des signes s’apparentant à la rhinite allergique de l’homme :
- Les mouvements de tête et la frappe des antérieurs pourraient être liés au prurit (sensation de démangeaison) du nez,
- larmoiement et frottement des yeux,
- ébrouements et éternuements,
- jetage clair,
- frottement des oreilles,
- toux



Jetage muqueux ( clair)




La
névralgie trigéminale



Le nerf trijumeau est celui de la sensibilité faciale.  Les 2 nerfs trijumeaux, un pour chaque moitié de la face, se distribuent sur presque la totalité de celle-ci en se divisant en 3 branches principales (d’où son appellation de « trijumeau ») : une branche ophtalmique, une branche mandibulaire, une branche maxillaire.








La névralgie faciale atteint également l’homme, qui décrit alors les douleurs de la face  comme des décharges électriques de diverses intensités et qui dureraient plus ou moins longtemps, ce qui pourrait expliquer les symptômes du headshaking comme les mouvements de tête violents, le frottement du nez …


La stimulation du nerf pourrait avoir plusieurs origines :

-  le port du mors : lorsque le mors appuie sur le
diastème de la mandibule, il peut stimuler le nerf dit mental, qui est une des branches terminales du nerf trijumeau.

Effectivement, le syndrome du headshaking  concerne certains chevaux lors du travail et le fait de retirer le mors donne des résultats positifs chez 70% de ces chevaux.


- Le  passage de l’air dans le nez pendant  le travail. Le passage de l’air à grande vitesse dans le nez stimulerait un point particulier (appelé « trigger point ») qui déclencherait une névralgie trigéminale. Cette hypothèse est démontrée par le fait que l’utilisation d’un filtre nasal ( filet de nez) est efficace dans de nombreux cas.  



Filtre nasal




- La «  sommation optique trigéminale » : La forte luminosité serait la cause de la stimulation du nerf trijumeau par la voie optique. En effet, il y a une relation étroite entre les nerfs optiques et le nerf trijumeau.

Chez l’homme, cette relation est démontrée par exemple par le « reflexe photo- sténutoire » : certaines personnes, lorsqu’ils sont exposés brusquement à une forte lumière sont pris d’éternuements. Le nerf optique, stimulé par la forte lumière stimule à son tour le nerf trijumeau qui déclenche l’éternuement.

Le headshaking se manifeste dans ce cas principalement lors d’une forte luminosité (notamment pendant les beaux jours, le headshaking peut alors paraître saisonnier) et les symptômes diminuent lorsque le temps est couvert, à l’intérieur …



De nombreuses autres pathologies peuvent être à l’origine du syndrome de headshaking en provoquant une douleur ou un inconfort au niveau de la tête ou de l’encolure.



Lié à une douleur ou un inconfort au niveau de la tête

Les nerfs faciaux

Douleur neuropathique : la douleur neuropathique est liée à l’atteinte d’un nerf qui a  été  lésé, et qui se produit même en l’absence de stimulation de ce nerf.  
5 paires de nerfs sont responsables de la sensibilité au niveau de la tête, dont le nerf trijumeau.



Les yeux


-  La
conjonctivite: elle peut être d’origine allergique ou liée à la présence d’un microbe dans l’œil.
Les rhinites allergiques sont souvent accompagnées de conjonctivites allergiques.

-
Autres affections de l’œil : uvéite, obstruction du canal lacrymal, luxation du cristallin …
Si l’encensement a pour origine une pathologie de l’œil, il sera souvent accompagné de signes locaux, comme un œil rouge, douloureux, un larmoiement excessif, un changement de l’aspect de l’œil ….  suivant la pathologie qui affecte l’œil.

- Troubles de la vision: par exemple,  les
kystes iriens flottantsqui peuvent venir troubler la vision périphérique du cheval  et provoquer la réaction de headshaking.

Dans le cas de troubles de la vision, le cheval peut présenter une diminution des performances sportives ou une prudence inhabituelle, notamment aux abords de la tête.
Dans le cas des kystes iriens flottants, on observe parfois que le cheval porte sa tête légèrement sur le côté.




Le nez et les sinus


- Rhinite vasomotrice : Il s’agit d’une irritation du nez qui peut être déclenchée  par de nombreux facteurs comme les changements de température et d’humidité, le stress … Cette rhinite n’est pas saisonnière.

-
Sinusites d’origine diverses

-
Une asphyxie partielle à l’effort. Une hypothèse pour la cause du headshaking qui est provoqué par  le travail est le fait que lorsque la nuque est fléchie, les voies respiratoires peuvent être partiellement obstruées. Le mouvement de tête viserait alors à dégager les voies respiratoires de façon intermittente :



Obstruction partielle des voies respiratoires lors du fléchissement de la nuque


Le headshaking se manifeste alors pendant le travail et cesse au repos.




Les oreilles

- Otite et toute atteinte de l’oreille : les mites d’oreilles, la gale d’oreille (gale psoroptique), présence d’un corps étranger dans l’oreille, tumeur  …

Le headshaking est alors accompagné de signes témoignant d’une gêne ou d’une douleur au niveau des oreilles : frottement et /ou mouvements anormaux des oreilles …



Les dents et la mâchoire

- Ostéite dentaire péri apicale , abcès dentaire, mycose des poches gutturales ,  kyste de la mâchoire, fracture de la mandibule  …






Des difficultés à manger et/ ou la formation de boules d’herbe ou de foin recrachées peuvent témoigner de douleurs dentaires.




Les cervicales

- Douleurs cervicales d’origine diverses, comme par exemple par le travail en flexion, des traumatismes ….
Le cheval peut alors essayer de soulager le port de tête.  



Le cerveau


-
Myéloencéphalite à protozoaire équine (EPM)  
Des signes neurologiques peuvent alors accompagner le headshaking.

- Le headshaking peut être un simple comportement d’évitement par rapport à la gêne que peut représenter les insectes.
L’encensement apparaît alors avec la survenue des insectes.



Lié à une douleur ou un inconfort ailleurs qu’au niveau de la tête

- Douleur au niveau du dos : lié au poids, à une selle inadaptée, dorsalgies d’origine diverses…

- Equitation inadaptée.

- Infestation par des larves de Trombicula autumnalis. Les cas sont rares mais assez typiques, car le headshaking se déclenche alors en automne.




D’autres hypothéses sont avancées et font l’objet d’études:

L'hypothèse de l'hyperkaliémie (excés de potassium dans le sang)


L’herbe en croissance serait riche en potassium.

Ce déséquilibre minéral (l’excès de potassium entraîne également un déficit en sodium, c’est-à-dire en sel, mais aussi en magnésium) pourrait être à l’origine d’encensements.

Cette théorie est démontrée par des prises de sang faites chez des animaux nourris à l’herbe pendant le printemps et l’été, mais aussi par le fait que le changement d’environnement, l’apport de sodium par la mise à disposition d’une pierre à sel, ainsi que des suppléments alimentaires riches en magnésium (utilisés traditionnellement contre le stress) permettent d’améliorer certains cas d’encensement.


L'hypothése de la maladie de Lyme ( ou borréliose)

Cette maladie est causée par des bactéries transmises par l’intermédiaire des tiques.

3 bactéries sont responsables de cette maladie, et en fonction de cette bactérie, le cheval présentera des symptômes de type arthrosiques, neurologiques, ou cutanés.  

Le diagnostic est difficile, du fait que le test utilisé en France ne dépiste qu’une seule des 3 bactéries pouvant causer la maladie de Lyme. Cependant, un traitement par antibiotique peut être administré à un cheval présentant des symptômes évoquant une maladie de Lyme : crampes musculaires, boiteries, dépilation cutanée avec prurit, conjonctivite, cornée trouble, troubles de la vision, colique, amaigrissement malgré une alimentation appropriée, survenue d’infections et d’allergies, sensibilité cutanée, fourbure atypique, troubles du comportement (agressivité, nervosité, somnolence, léthargie…).



L'hypothése de la surcharges des glandes surrénales

Les glandes surrénales secrètent des hormones et leur dysfonctionnement est à l’origine de nombreux troubles dont certains pourraient être à l’origine d’un encensement, comme par exemple une sensibilité accrue aux allergies, une irritation du nerf optique qui rendrait le cheval sensible à la lumière, divers troubles minéraux ( dont l’excès de potassium et le déficit en magnésium)….

Des traitements par herbes médicinales chinoises ayant pour but de réguler la sécrétion des hormones produites par ces glandes ont donné de bons résultats dans certains cas d’encensement.





III) Le cas des encensements à caractère saisonnier

Pour les headshaking saisonniers, plusieurs facteurs qui seraient la cause de rhinite et d’affection du nerf trijumeau pourraient être mis en cause:

- l’augmentation du temps de travail durant les « beaux jours », l’effort pouvant être un facteur de risque suivant la cause de headshaking.
- L’augmentation des pollens et particules irritantes, à l’origine d’allergies et de rhinites.
- L’augmentation de l’intensité lumineuse entrainerait une plus grande stimulation du nerf trijumeau par le mécanisme de «sommation optique trigéminale ».




IV) Evolution du headshaking



Selon l’origine du headshaking, le syndrome peut évoluer comme par exemple devenir pérenne alors qu’il était saisonnier, ou devenir de plus en plus violent, s’étendre aux périodes de repos alors que le cheval présentait initialement ce syndrome seulement à l’effort.  


Dans certains cas, le headshaking peut avoir une origine physique (comme une irritation nasale par exemple), mais devenir par la suite une stéréotypie, c’est-à-dire que le cheval est conditionné à effectuer ce mouvement et continue de présenter un encensement après la disparition de l’affection d’origine.

Ceci pourrait expliquer pourquoi dans certains cas, on ne trouve pas la cause du headshaking, le cheval continuant à avoir ce comportement après avoir suivi un traitement spécifique qui l’a guérit de sa pathologie d’origine. Ce cas doit être envisagé si le seul signe observé est le secouement de la tête.  Si l’on suspecte que son cheval est dans ce cas de figure, une thérapie comportementale de désensibilisation peut permettre de faire disparaitre l’encensement.



V) Gravité du headshaking

Un système de gradation permet de classer l’atteinte du cheval par le headshaking selon son retentissement :






VI) Conduite à tenir

Dans tous les cas, il convient d’être prudent, le cheval ne contrôlant pas ces mouvements de tête violents, il pourrait vous blesser.


Mon cheval présente un encensement saisonnier, qui apparaît avec les beaux jours

Les causes les plus fréquentes sont la sensibilité au soleil et/ ou aux insectes, les allergies diverses et le stress.

Le cheval peut présenter un headshaking simplement parce qu’il est agacé par les insectes. Si le headshaking apparait avec la survenue des insectes, la première chose à faire est d’utiliser des répulsifs efficaces, des masques de protection….


                        


Masque de protection avec filet de nez                                 Masque de protection anti UV




Le masque de protection pourra protéger les yeux des UV mais également des allergènes qui provoquent des conjonctivites allergiques.

Lorsqu’on identifie une forte luminosité comme facteur déclenchant du headshaking, le cheval peut être mis en box la journée et sortit le soir, lorsque la luminosité diminue.

Au box, le cheval peut être protégé de la forte luminosité, des insectes et des pollens par des toiles respirantes. Ces toiles offrent une protection contre les agressions extérieures qui peuvent être à l’origine du headshaking tout en laissant passer l’air, la lumière et en conservant la vue que le cheval peut avoir de l’extérieur. Retrouvez ces produits sur le lien:   http://www.boxprotec.fr/index.html


Un masque avec filtre nasal (filet de nez) peut être efficace dans le cas des rhinites allergiques au pollen
au pré et pendant le travail.

Le sel est un
antihistaminique naturel : veiller à ce que le cheval ait une pierre à sel à disposition.




Mon cheval présente un encensement seulement lorsqu’il travaille.

Dans le cas du headshaking à l’effort, essayer de faire travailler son cheval à pied et de faire monter son cheval par quelqu’un d’autre.  

En aucun cas un enrênement ne peut être la solution au headshaking. Ce serait comme attacher les mains de quelqu’un qui aurait une mouche sur le visage et qui l’agace.

La punition est également une erreur ; encore une fois, le headshaking est un mouvement incontrôlable par le cheval et le punir serait lui infliger une injustice et provoquerait une incompréhension de sa part, créant une angoisse voire accentuant une angoisse déjà présente.

Essayer de changer son matériel : selle, mors, essayer un filet sans mors. Ces essais doivent être réalisés sur plusieurs jours car l’amélioration peut ne pas être immédiate, même si c’est le matériel qui est en cause.

Un masque avec filtre nasal (filet de nez) peut être efficace  dans le cas des névralgies faciales déclenchées par le passage de l’air dans le nez pendant le travail. Il pourrait aussi avoir un effet calmant en stimulant les fibres du « toucher » du nerf trijumeau, ce qui a pour effet de diminuer la sensation douloureuse (le phénomène est appelé « gate contrôle » ; l’action est la même que lorsqu’on frotte un endroit que l’on s’est cogné : le fait de frotter diminue la sensation douloureuse).
Le filet de nez est le dispositif qui se relève le plus souvent efficace dans le traitement de l’encensement : 60% des chevaux atteints de headshaking connaissent une amélioration ou une disparition des symptômes grâce à un filet de nez.  




VI) Les professionnels à faire intervenir






Le dentiste : il peut déceler et traiter des affections touchant les dents et la mâchoire.







L’ostéopathe : Il peut intervenir sur d’éventuelles douleurs cervicales et prévenir la survenue de douleurs induites par le headshaking.








Le vétérinaire : Il peut déterminer l’origine du headshaking et proposer des traitements spécifiques ou empiriques (sans pouvoir poser un diagnostic certain, il peut proposer un traitement qui a démontré son efficacité dans les cas d’encensements).  


Pour l’aider dans son diagnostic, le cavalier doit le renseigner sur plusieurs points :

- Depuis quand est observé l’encensement?  

- Les symptômes ont-ils augmentés avec le temps ?

- À quel moment survient le headshaking (dans la journée ou de façon périodique ou de façon saisonnière ?  
Le cavalier peut tenir un « calendrier »   où il indiquera le degré de sévérité ou l’absence de symptômes en fonction  les conditions climatiques et de l’activité du cheval.

- Le headshaking s’accentue-t-il lorsque la luminosité est forte ?

- S’accentue-t-il à l’effort ?  

- Le cheval est-il connu pour des allergies particulières ?

- Le cheval présente t-il un jetage : un headshaking idiopathique peut être associé à un jetage séreux ou muqueux (clair) mais un jetage purulent peut être le signe d’une infection comme dans le cas d’une sinusite.





Jetage purulent


- Le cheval montre-t-il des signes de douleur au niveau des oreilles : Frottements, réticences à se laisser brider, réticences à se laisser toucher les oreilles, port anormal de l’oreille ?

- Le cheval présente-t-il des difficultés à effectuer certains mouvements ? Cela pourrait être le signe d’une affection musculaire, articulaire ou osseuse comme une douleur dorsale par exemple.

- Le cheval présente-t-il d’autres symptômes particuliers : perte d’appétit, tremblements, ….


Le vétérinaire peut pratiquer une
endoscopie (par exemple pour diagnostiquer une mycose des poches gutturales) ou une radiographie (fractures, kystes, affections dentaire et sinusales, …)


Il peut également prescrire des médicaments spécifiques suivant son diagnostic ou son hypothèse concernant l’origine de l’encensement : par exemple, des anti- inflammatoires non stéroïdiens dans le cas d’inflammation des muqueuses ou des neuroleptiques dans le cas des névralgies faciales.

La cyproheptadine est une molécule à l’essai pour soigner le headshaking idiopathique, lorsqu’on l’identifie comme lié à l’exercice et à la lumière. Cette molécule a 3 effets principaux : antihistaminique, antagoniste de la sérotonine, anticholinergique.  
Son mécanisme est mal connu mais elle a donné de bons résultats dans les essais cliniques. Elle est parfois associée à une autre molécule, la carbamazépine, qui est une molécule utilisée pour traiter les névralgies trigéminales.

La gabapentine est une molécule qui peut se révéler efficace dans les douleurs neuropathiques.

Dans le cas de douleur neuropathique, le vétérinaire peut pratiquer des anesthésies locales des nerfs impliqués et des interventions chirurgicales sur les nerfs faciaux s’ils ont été identifiés comme étant la cause de l’encensement.


D’autres traitements complémentaires:

- Les suppléments alimentaires : il en existe beaucoup avec des formules différentes ; ils ont pour but d’améliorer le tempérament du cheval, de soulager la douleur de façon naturelle et/ ou d’améliorer le système immunitaire. Ces suppléments alimentaires n’ont pour la plupart pas fait l’objet d’études concernant leur efficacité, mais sont dépourvus d’effets secondaires et dans la pratique se montrent parfois bénéfiques.

- Les traitements homéopathiques peuvent également être utilisés. Là encore, ils sont dépourvus d’effets secondaires.


Même s’il est parfois difficile d’établir un diagnostic, le headshaking doit être « exploré » ; il faut observer le cheval pour essayer de découvrir à quoi le headshaking est dû et trouver une solution pour soulager le cheval : ne pas oublier que l’encensement est l’expression d’un inconfort dans le meilleur des cas, mais parfois d’une douleur qui est être profonde et constante. Une douleur permanente  est une source de stress et à une douleur physique non soulagée va très vite s’associer une souffrance psychologique.

Parfois un diagnostic est posé et un traitement spécifique est proposé. Il se peut cependant que l’encensement persiste. Il faut envisager plusieurs hypothèses dans ce cas :

- Que le traitement a été inefficace à soigner la pathologie qui a engendré le headshaking.
- Que le headshaking est lié à une autre pathologie que celle qui a été dépistée.
- Que la pathologie a été soignée mais qu’elle a crée des lésions qui persistent et continuent de causer des douleurs.
- Que la pathologie a été soignée mais que le cheval a été conditionné. Dans ce cas, une thérapie comportementale peut être envisagée pour le « déconditionner ».


Le headshaking peut avoir des conséquences sur l’état physique du cheval:

- Développement excessif des muscles ventraux de l’encolure.  
- Irritations cutanées et plaies liées aux frottements de la tête, voire plaies au niveau des yeux.
- Dans les cas extrêmes, traumatismes liés au jeter des antérieurs, à une chute ou un choc lors d’un violent mouvement de tête.




VII) Tableau récapitulatif des origines et conduite à tenir en cas d'encensement

























CS







 
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