Art 37: Lyme borréliose - CARPE

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Article publié en Mars 2016


Maladie de Lyme- Borréliose

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La maladie de Lyme, ou Borréliose est une affection souvent méconnue car difficile à diagnostiquer.
A l’origine de symptômes divers, elle est néanmoins potentiellement grave pour le cheval qui en est atteint.

Il s’agit d’une maladie infectieuse, dont la cause est la bactérie Borrelia burgdorferi.
Il existe 20 souches différentes de cette bactérie pouvant provoquer la maladie de Lyme mais en Europe on n’en dénombre que 4, qui sont à l’origine de
syndromes différents, à prédominance articulaire, neurologique ou cutanée.  



Borrelia burgdorferi

La maladie de Lyme peut toucher l’être humain ainsi que de nombreux animaux : chien, cheval, ruminants, cheval, rarement le chat …


Mode de contamination

La maladie de Lyme est une zoonose, c’est-à-dire qu’elle est transmissible par l’homme par les animaux, ce qui ne signifie pas qu’elle est contagieuse : pour la contracter, il faut être mordu par une tique qui aura préalablement mordu un animal contaminé (et avec une forte concentration de parasite dans le sang).

La tique responsable de la transmission de la maladie est l’Ixodes (plus précisément Ixodes ricinus en Europe).
On estime à environ 8% le nombre d’Ixodes ricinus contaminé par la Borrelia en France.


     
                                Tique                                                    Tique après un repas sanguin

La bactérie est présente dans la muqueuse digestive de la tique, qui contamine le sang de l’animal mordu par l’intermédiaire de sa salive. On estime que le repas sanguin de la tique doit durer au moins 24 h pour que la morsure soit contaminante (en règle général, un repas sanguin dure 3 à 5 jours).  

Les puces, moustiques et taons sont également vecteur de la transmission. Leur rôle est mineur quant à la dissémination de la maladie; néanmoins, ils peuvent jouer un rôle important dans l’entretien de l’infection dans une zone contaminée.

De nombreuses autres espèces peuvent en être porteuses sans développer de signes cliniques : oiseaux, rongeurs, lézards … Elles constituent néanmoins un réservoir de bactérie et contribuent à sa dissémination (par exemple dans le cas des oiseaux migrateurs) : les tiques vont absorber la bactérie en les mordant, puis vont à leur tour contaminer un autre animal, au cours d’un nouveau repas sanguin.  

Cependant, certains animaux vont présenter une séropositivité à la borréliose (ce qui signifie qu’ils ont été en contact avec la maladie et ont développé des anticorps) : mais ils ne constituent pas nécessairement un réservoir. Pour qu’une tique absorbe la bactérie lors d’un repas sanguin, il faut que « l’animal réservoir » ait une forte concentration de bactéries dans le sang.

De très rares cas décrivent des cas de contamination d’un animal à l’autre sans intervention du vecteur- tique, par l’intermédiaire d’une morsure, de l’urine ou pendant la gestation d’un animal contaminé.


Répartition géographique de la maladie

La borréliose présente une répartition mondiale, mais n’est pas uniforme à travers le monde ; elle est en fait liée à la répartition géographique des vecteurs de la maladie (oiseaux migrateurs, tiques ….),  et donc au climat qui les favorisent.
En France, l’Est et le Centre sont les régions les plus touchées mais la borréliose est présente dans toutes les régions. Les seules régions épargnées sont celles situées au-delà de 1500 m et une bande côtière près de la Méditerranée.







Tableau clinique de la maladie de Lyme

La principale caractéristique de cette maladie est sa diversité : elle peut affecter plusieurs organes et plusieurs systèmes, donc  elle présente des symptômes qui peuvent être très divers et parfois des tableaux cliniques «atypiques »; c’est pourquoi elle est parfois difficile à diagnostiquer. Si la majorité des signes cliniques sont d’ordre cutané, neurologique ou articulaire, la bactérie peut coloniser un grand nombre d’organes et y provoquer des dégâts (cœur, rein …).

Dans un grand nombre de cas, l’infection est asymptomatique, c’est-à-dire qu’elle ne manifeste aucun signe : des études ont montré que dans des zones d’endémie (c’est-à-dire des zones où l’infection est présente en permanence), environ 30 à 40 % des chevaux vont présenter une sérologie positive, mais seulement 9% de ces chevaux «séropositifs » développeront des signes cliniques. Dans ce cas, seul le dépistage par prélèvement de liquide biologique peut déterminer l’infection.

Parfois, le cheval va présenter un seul épisode de fièvre, ou faire des épisodes récurrents de fièvre.
Les signes cliniques peuvent être très divers: boiteries, arthrite (inflammation des articulations) et fièvre sont souvent les premiers signes cliniques.

On observe 2 stades dans l’évolution de la maladie :

Un stade précoce, dans les 8 jours après la morsure de la tique.
On peut alors observer :
- Une inflammation de la peau. Parfois, les poils la recouvrent et elle passe inaperçue. La peau est écailleuse et hypersensible.
-
Fourbure,
- Fatigue,
- Perte de poids avec un appétit conservé ou anorexie,
-
Hyperthermievariable au cours de la journée
- Difficultés respiratoires.

Un stade secondaire intervenant plusieurs mois après la morsure :
On observe alors :
-Des
arthrites qui provoquent des boiteries et parfois des paralysies. Les articulations du carpe et du tarse sont douloureuses, chaudes et œdématiées. Ces arthrites peuvent atteindre une ou plusieurs articulations.
L’arthrite est la manifestation la plus fréquente de la maladie de Lyme.



    



D’autres signes peuvent être associés comme:
-Des troubles cardiaques,
-Des troubles neurologiques : encéphalite, changement de comportement, apathie
-Des paralysies de la queue,
-Des difficultés à manger (dysphagie),
-Des lésions oculaires : uvéites, kératites, cataractes …
-Des avortements, naissance de poulains très faibles qui meurent rapidement ou infertilité,
-De la toux,
-Des problèmes cutanés, dépilation, eczéma et
prurit, hypersensibilité cutanée…

La maladie de Lyme en elle-même n’est pas une cause de mortalité chez le cheval, mais elle peut présenter des manifestations cliniques si importantes que l’euthanasie peut être envisagée, notamment dans les cas de manifestations neurologiques ou articulaires.

Le pronostic sportif peut être lui aussi fortement engagé en cas de manifestations articulaires.


Diagnostic

Le diagnostic grâce aux signes cliniques est difficile à poser car la borréliose peut présenter des symptômes très divers et atypiques. Elle doit être évoquée devant la survenue de troubles articulaires, neurologiques ou d’uvéites.

En outre, elle peut être confondue avec de nombreuses pathologies comme :
-La leptospirose (une autre maladie bactérienne),
-Des arthrites septiques (c’est-à-dire liées à une infection de l’articulation) ou traumatiques ou des maladies articulaires dégénératives, liées à un cancer  ….
-Dans le cas de manifestations neurologiques, d’autres affections touchantle système nerveux central, des traumatismes ….
-Enfin, l’uvéite bilatérale peut également être provoquée par d’autres germes, ou même être « idiopathique » (c’est-à-dire sans lien avec une autre maladie).

Le seul diagnostic fiable est posé par la recherche de la bactérie (le délai est très long, de plusieurs mois)  ou la recherche des anticorps contre la bactérie dans les liquides biologiques de l’animal (mais ce test ne signifie pas forcément que l’animal est infecté, seulement qu’il a été en contact avec la maladie).

Cependant, il y a un risque important de « faux négatif », c’est-à-dire que le test revient négatif, mais à tort ; par exemple, la recherche sanguine ne donne de résultats que lors de la phase aigüe ou lors de réactions générales de l’organisme.

Traitement

Il n’existe pas de vaccin en France.

Le traitement se fait par l’administration d’antibiotiques, auxquels on ajoute souvent des
probiotiques, qui ont montré leur efficacité.

Des anti- inflammatoires sont également utilisés pour lutter contre les manifestations articulaires.

Après 2 jours d’antibiotiques, on peut observer parfois une augmentation des symptômes (car les bactéries « lysées», c’est-à-dire dont la membrane est désintégrées par les antibiotiques, vont libérer leur contenu néfaste, les toxines dans l’organisme du cheval). Il peut alors survenir une fourbure aiguë.

Lorsque la morsure de tique est dépistée rapidement, une crème antibiotique peut être appliquée afin d’éviter la dissémination dans l’organisme de la bactérie.

En l’absence de traitement, les arthrites peuvent devenir chroniques, c’est-à-dire persistantes. Il s’ensuit alors des phases d’arthrites aigues entrecoupées de phases de rémission.

Des rechutes sont fréquentes si la durée de traitement est insuffisante.


Prévention de la maladie de Lyme

Le vecteur étant la tique, il faut donc éviter ses morsures.

La période de risque maximal est avril- mai. Mais les tiques sont actives de mars à octobre, avec une activité accrue au printemps et à l’automne.  

L’environnement de la tique est la forêt ou les sous-bois, les broussailles, les prairies et les landes, avec un certain degré d’hygrométrie (c’est-à-dire d’humidité: pour être favorable au développement des tiques, le taux d’humidité doit être de 80 % dans les périodes les plus sèches de l’année).

Il faut également que l’environnement soit riche en hôtes, afin que les tiques puissent se nourrir : rongeurs, lézards, oiseaux …

Les produits acaricides ou éloignant les tiques sont difficiles à appliquer, et leur effet est peu rémanent (persistant).

Pour les chevaux vivant au box, évitez l’entrée d’animaux domestiques susceptibles de porter des tiques (chiens, chats…), s’ils ne sont pas protégés.

Les actions indispensables sont :

- l’examen minutieux du cheval : surtout quand il est à l’herbe, ou après une balade dans un environnement propice aux tiques comme la forêt par exemple ; le cheval doit être examiné tous les jours, par exemple au cours du pansage.

- le retrait des tiques : Il doit s’effectuer avec précaution, voir le chapitre consacré à ce sujet. Après le retrait, la plaie doit être nettoyée et une crème antibiotique appliquée (pas n’importe laquelle, l’antibiotique doit être adapté au traitement de la bactérie, tout antibiotique doit être prescrit par votre vétérinaire, au risque d’être inefficace ou même néfaste).

- La tique doit être tuée en la noyant dans l’alcool.


Comment enlever une tique

Le retrait de la tique doit s’effectuer avec précaution, afin de ne pas «arracher » la tique de la peau en laissant la tête qui est par la suite susceptible de s’infecter, et pour ne pas faciliter la dissémination des germes contenu dans le système digestif de la tique.

Avec une pince à épiler : Saisir la tique au plus près de la peau et tirer bien droit ; ne pas effectuer de mouvement d’avant en arrière, qui pourrait décrocher le corps de la tête de la tique. Au préalable, chauffer dans vos mains la pince car le contact du froid pourrait entrainer la tiquer à régurgiter et donc à disséminer les germes contenus dans sa salive dans le sang de l'animal mordu.

Avec une pince à tique : Les pinces à tiques ressemblent à de petits pieds de biche. Ils permettent de saisir la tique et de l’enlever en effectuant un mouvement de rotation sans tirer. En tournant lentement, dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, la tique va naturellement se décrocher.







N’utilisez pas de produits (comme de l’éther par exemple) pour tuer la tique et ne pressez pas la tique : elle régurgiterait alors son contenu digestif au travers de la morsure.


D’autres pathologies peuvent être transmises au cheval par les morsures de tiques : La piroplasmose et l’erhlichiose équine.

La prévention des tiques et de la contamination par leur morsure est donc très importante, et doit être effectuée avec minutie pendant les périodes à risque.  


CS


 
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