Art 38: Evaluation douleur - CARPE

Aller au contenu

Menu principal :

<<< retour aux articles

Article publié en juin 2016                                                                                                       
Astuce: cliquez sur les mots en bleu pour voir apparaître la definition



L’évaluation de la douleur chez le cheval

Définition de la douleur chez l’animal

Conséquences de la douleur : les enjeux du dépistage de la prise en charge de la douleur

Evaluation de la douleur chez le cheval
1) La difficulté de l’évaluation
2) Modification des paramètres physiologiques
3) Modification du comportement en cas de douleur
4) Indicateurs spécifiques de la douleur


Les échelles d’évaluation de la douleur chez le cheval

En pratique



Le  monde vétérinaire connait un grand retard par rapport à la médecine humaine concernant la prise en charge de la douleur en raison des préjugés qui ont longtemps persisté mais également en raison des difficultés d’évaluation de la douleur en l’absence de communication verbale. Ce n’est que depuis les années 90 que la douleur animale est réellement prise en compte et prise en charge.


Définition de la douleur chez l’animal


Une «expérience » subjective

« La douleur animale est une expérience aversive, qui élicite une action motrice protectrice occasionnant un apprentissage de comportement d’évitement et de fuite et qui peut modifier des traits comportementaux spécifiques d’espèces englobant les comportements sociaux ». Zimmerman (1984).

La douleur est avant tout une « expérience », propre à chaque individu, en réponse à une atteinte physique, et elle est difficilement quantifiable.

On distingue les notions de nociception, douleur et souffrance :

- La nociception : Elle est définie comme la détection et le signalement d’évènements nocifs par des
nocicepteurset des fibres conductrices au système nerveux central. C’est une fonction défensive, d’alarme de l’organisme face à une agression.

Agression de l’organisme
è Détection de cette agression par des « capteurs » sensoriels (nocicepteurs) è Transmission de l’information par des fibres nerveuses jusqu’à l’encéphale.

Il s’agit d’une réaction purement physique, identique chez tous les individus d’une même espèce.


- La douleur : Elle est « l’interprétation » de la nociception : c’est une expérience sensorielle et émotive.
Elle devient alors une réaction subjective, qui varie d’un individu à l’autre : pour un même stimulus douloureux, 2 individus n’éprouveront pas forcément la même douleur.


- La souffrance : Elle est une expérience émotionnelle désagréable, qui peut se produire même en l’absence de douleur physique (comme la souffrance mentale par exemple qui peut être exprimée chez le cheval à travers la présence de stéréotypies, c’est-à-dire des comportements proches des « TOCs » humains). La douleur physique entraîne une souffrance.


Douleur aiguë et douleur chronique

On distingue la douleur aiguë de la douleur chronique :

- La douleur
aiguë: Elle est « physiologique» et sert à protéger l’organisme en engendrant une réaction protectrice. Par exemple, la sensation de brûlure va engendrer le retrait du membre de ce qui le brûle : c’est une sensation qui sert à protéger l’organisme.

- La douleur chronique : Elle est une douleur qui  se poursuit dans le temps (plus de 3 mois). Contrairement à la douleur
aiguë, elle est délétère car elle a perdu sa signification biologique : elle n’est plus une réaction de protection de l’organisme.  


La douleur aiguë est l’expression d’une maladie alors que la douleur chronique est elle-même une maladie.


Conséquences de la douleur


En dehors de la notion de souffrance de l’animal, la douleur peut avoir de multiples conséquences sur sa santé. Elle constitue un stress pour l’organisme et entraîne des complications diverses :

- Complications cardiaques et respiratoires par divers mécanismes comme l’augmentation du travail du cœur ou l’augmentation de la consommation d’oxygène par l’organisme. Ces complications peuvent être sévères à long terme ou sur un animal déjà fragilisé.  

- Complications digestives : En agissant sur l’hypothalamus, elle peut créer une inhibition des centres de la faim et donc une anorexie, ainsi qu’un arrêt du transit intestinal : c’est pourquoi un cheval peut déclencher une colique dite « secondaire » sur une douleur qui n’avait pas une origine digestive.

- Complications métaboliques : La douleur et le stress en augmentant la sécrétion de cortisol peuvent également affaiblir le système immunitaire et rendre le cheval plus sensible aux infections.

- Complications psychiques : La souffrance engendrée par une douleur chronique peut être à l’origine d’une détresse mentale à l’origine de troubles du comportement (agressivité, apparition de TOCs, symptômes dépressifs …).



Sickness syndrom

On appelle sickness syndrome un ensemble de symptômes causés par l’existence d’une douleur chronique : celle-ci peut en effet  engendrer une dégradation grave de l’état général du cheval, avec diminution des performances,  perte de poids, et une sensibilité accrue aux infections par baisse du système immunitaire… Cet état peut conduire à la survenue de nombreuses pathologies (on parle d’augmentation de la morbidité).

La douleur pouvant donc être à l’origine de complications à court terme (coliques secondaires) ou à long terme (sickness syndrom), il est indispensable de la traiter.
Les praticiens ont longtemps considéré que la douleur était protectrice de l’organisme et avaient donc peu recours aux antalgiques. Il est maintenant admis que les complications de la douleur doivent être évitées et que sa prise en charge fait partie intégrante de la guérison et de la prévention des complications.

La prise en charge de la douleur doit être effectuée avec réflexion: elle est généralement traitée une fois l’examen clinique terminé pour ne pas être une entrave au diagnostic: en effet, seule la réaction du cheval lors de la manipulation de la zone douloureuse et l’estimation de son intensité par l’observation du cheval permet de localiser précisément la douleur et d’orienter le diagnostic. Dissimuler une douleur par l’administration d’antalgiques avant l’examen du vétérinaire l’empêcherait de localiser cette douleur et donc fausserait son diagnostic.
De plus, les antalgiques ont des effets secondaires qui doivent être contrôlés et qui ne doivent en aucun cas venir aggraver la pathologie existante. C’est pourquoi seul un vétérinaire peut être à même de prescrire un traitement antalgique.
Il est important de savoir détecter une douleur importante chez son cheval afin de traiter une affection grave rapidement et de prévenir le risque de coliques secondaires.  



Evaluation de la douleur chez le cheval

1) La difficulté de l’évaluation

La douleur muette

La douleur est difficile à évaluer chez l’animal, qui, ne parlant pas, ne peut exprimer clairement la localisation de la douleur ainsi que son intensité.

De plus, le cheval étant à l’état naturel une proie, il a tendance à « minimiser » l’expression de la douleur afin de ne pas attirer un éventuel prédateur en affichant une faiblesse. Cette particularité est encore plus accentuée chez l’âne, qui se montre encore plus « stoïque » face à la douleur.

Une douleur au dos par exemple peut s’exprimer chez le cheval par un simple refus de partir au galop, des oreilles couchées pendant le travail, le fouaillement de la queue …

Chez l’homme, l’expression de la douleur est à la fois comportementale et émotionnelle, mais seule la composante comportementale est accessible concernant les chevaux, du fait de l’absence de communication verbale : L’évaluation de la douleur chez l’animal se rapproche donc de celle utilisée en néonatalogie humaine, par l’observation du comportement, du faciès …

L’anthropomorphisme (c’est-à-dire l’attribution des comportements humains à l’animal) représente une vraie difficulté quant à l’estimation de la douleur car le cheval ne répond pas forcément à un stimulus douloureux de la même façon que l’homme.

Comme chez les hommes, le tempérament du cheval peut jouer sur son seuil de tolérance à la douleur : certains sont « plus durs à la douleur » que d’autres :

- On constate que les modifications comportementales liées à la douleur pour des stimuli d’égale intensité sont moins importantes chez des races rustiques (poney Shetland, cheval de trait) que chez les pur-sang par exemple.

- On constate également qu’en règle générale, les animaux jeunes sont plus sensibles à la douleur. Cependant, il a été observé dans certains cas que des animaux jeunes ne montraient aucun signe de douleur, en dehors de l’anorexie ou la dépression.

- Les chevaux mâles auraient un seuil de tolérance à la douleur plus élevé que les femelles.

- Un cheval dont l’état de santé est altéré supporterait moins bien la douleur.


Comment évaluer la douleur ?

Pour évaluer la douleur d’un cheval, il faut prendre en compte ce que cette douleur peut « modifier » en lui : on s’intéresse alors :

- A la modification de certains paramètres physiologiques : fréquence cardiaque, fréquence respiratoire, pression artérielle,  modification des fonctions digestives, taux d’hormones.

- A la modification du comportement : les postures et les mouvements, les interactions sociales avec les autres chevaux et avec l’homme, et les habitudes du cheval.



2) Modification des paramètres physiologiques


La fréquence cardiaque :
La fréquence cardiaque peut être augmentée en cas de douleur
aiguë (on n’observe pas de changement de la fréquence cardiaque au cours de la douleur chronique).
Rappel : le pouls d’un cheval se prend sur les côtés du boulet ou sous la mandibule.
Au repos, la fréquence cardiaque d ‘un cheval est de 30 à 45 battements/ minute pour un adulte et de 50 à 70 battements/ minute chez un poulain.


La fréquence respiratoire :
La fréquence respiratoire peut être augmentée en cas de douleur
aiguë.
Rappel : Elle est normalement comprise entre 10 et 20 mouvements / minute pour un adulte et  entre 30 et 40 mouvements / minute pour un poulain.

La pression artérielle :
Mesurée par un sphygmomanomètre placé à la base de la queue, la pression artérielle augmente en cas de douleur
aiguë.

La modification des fonctions digestives :
Un arrêt du transit digestif ou son accélération (se traduisant alors par des diarrhées) peut également se produire en cas de douleur.

L’augmentation du taux sanguin de certaines hormones :
Les catécholamines, corticostéroïdes, et les ß- endorphines sont des hormones (substances sécrétées naturellement par l’organisme) dont la sécrétion peut augmenter en cas de douleur. D’autres causes peuvent cependant conduire à l’augmentation de sécrétion de ces hormones. Les dosages hormonaux sont en pratique peu utilisés en raison de leur coût et de leur difficulté d’interprétation.


Spécificité des paramètres vitaux

Un paramètre est considéré comme spécifique de la douleur s’il ne se produit qu’en cas de douleur.

L’augmentation des fréquences cardiaques et respiratoires, les modifications du transit intestinal, et l’augmentation des taux de sécrétions d’hormones sont des signes non spécifiques : ces paramètres peuvent augmenter pour d’autres raisons, par exemple en cas de stress. Ils sont cependant souvent présents en cas de douleur
aiguë (mais absents en cas de douleur chronique).

Il est donc nécessaire qu’un indicateur soit associé à d’autres afin de pouvoir être interprété comme un signe de douleur : par exemple, une augmentation de la fréquence cardiaque  n’est pas significative d’une douleur en l’absence d’autres symptômes.

De tous ces paramètres, la pression artérielle est la plus spécifique de la douleur. Mais elle est nécessairement mise en œuvre par un vétérinaire et il est nécessaire de connaître la pression artérielle de base du cheval pour en détecter une augmentation.  


3)
Modification du comportement en cas de douleur

La personne qui passe le plus de temps avec le cheval (propriétaire, soigneur) est la personne la plus à même de détecter des changements parfois subtils de comportement ; son témoignage est donc d’une importance capitale car si ces changements de comportements peuvent être discrets, ils sont relativement spécifiques d’une douleur ou d’un stress.

De plus, pour reconnaître le comportement anormal d’un cheval, il faut au préalable connaître son comportement habituel : or de nombreux facteurs peuvent influencer le comportement : tempérament, niveau d’éducation, âge…

Cette interprétation reste subjective en cas de changement d’environnement : si un cheval est hospitalisé, il est difficile de dire si le changement comportemental est lié à la douleur ou au changement d’environnement.


L’observation porte sur :
- les interactions sociales, avec les autres chevaux et avec l’homme.
- les postures et les mouvements.
- les habitudes du cheval.



Interactions

Fuite et agressivité
Dans la nature, la réponse innée d’un cheval à un stimulus désagréable est la fuite. Dans un box, le cheval va adapter ce comportement par l’agressivité.
Un cheval douloureux peut être dangereux, avec des comportements agressifs ou des mouvements brutaux envers les personnes, animaux ou même objets l’entourant. Même s’il ne se montre pas agressif envers son soigneur, la douleur peut le conduire à y faire moins attention, donc à le bousculer ou à le blesser en réalisant un mouvement brutal.

Anxiété, agitation et nervosité
L’anxiété, l’agitation et la nervosité sont également des comportements qui peuvent être induits par la douleur : le cheval piétine, piaffe, gratte le sol, s’agite dans son box…

Prostration
On peut également observer pour des douleurs fortes une réticence à bouger, une posture stoïque avec un port de tête bas. Le cheval peut être
prostré.



Postures et mouvements

Mimiques faciales

Les mimiques faciales peuvent également être révélatrices d’une douleur :
- Orientation des oreilles vers l’arrière,
- Fermeture des paupières,
- Contractions des muscles supra- orbitaux,
- Contraction et visibilité des muscles masticateurs,
- Pincement des lèvres,
- Dilatation des narines,
- Dans le cadre de douleurs intenses, on peut observer également des expressions de « rire sardonique » ou de faciès tendu.
- Le flehmen est souvent rencontré lors de douleurs abdominales.


Flehmen



- Les bâillements répétés et les grincements de dents sont parfois présents au cours de douleurs d’origine gastrique.

Sudation
La sudation, est un signe très fréquent de douleur, quand elle se manifeste en l‘absence d’effort ou de grandes chaleurs.

Mydriase :
Lors d’une douleur aigue, un cheval peut présenter une mydriase ; c’est-à-dire une dilatation de la pupille.



4) Les indicateurs comportementaux spécifiques d’une douleur

Certains signes peuvent être spécifiques d’une douleur en particulier : les plus fréquentes et les plus connues étant les douleurs d’origine orthopédique et abdominale.

L’examen peut permettre de localiser plus précisément une douleur grâce au comportement d’évitement du cheval lorsque cette douleur est majorée par la palpation ou la manipulation : par exemple, lors d’une boiterie d’un membre, le test à la pince tricoise peut localiser la douleur au niveau du pied (abcès, fourbure, bleime, syndrome podotrochléaire, fracture de la 3eme phalange…).

La douleur orthopédique :
Elle est observée par une boiterie.

La palpation ainsi que la mobilisation de la zone douloureuse peuvent  engendrer un comportement d’évitement.

On peut observer également des postures particulières :
- Le transfert d’appui d’un membre à un autre.
- La protection du membre douloureux, pendant laquelle le cheval va tenter d’équilibrer son membre afin de diminuer la douleur.
- La répartition anormale du poids, pour soulager un ou plusieurs membres, c’est le cas notamment du cheval fourbu qui reporte son poids sur les membres « sains »afin de diminuer la douleur.


Cheval campé, à l’occasion d’une fourbure



- Suppression d’appui et rotation du membre : La rotation du membre correspond le plus souvent à une douleur de l’épaule ou de la hanche. Lors d’une maladie naviculaire, le cheval va avoir tendance à pointer vers l’avant son membre atteint pour supprimer l’appui.
- Réticence à se déplacer : La réduction de l’activité locomotrice ou une démarche hésitante peuvent avoir pour origine une douleur orthopédique mais également d’autres pathologies dans lesquelles le mouvement serait à l’origine de douleur : c’est le cas par exemple des pleuropneumonies (affection respiratoire) qui occasionnent des douleurs au moindre mouvement.


La douleur abdominale

-
Vocalisation, gémissement : Les vocalisations sont rares mais quand elles sont présentes, elles sont souvent indicatrices d’une douleur viscérale. Elle est souvent exprimé lorsque le cheval se couche ou se roule (attention, ce signe n’est pas présent chez l’âne).
- Roulage : Expression d’une douleur abdominale, c’est le signe le plus souvent observé. Parfois accompagné d’automutilation (le cheval se mord l’abdomen ou le frappe avec ses membres). L’intensité de ce signe est en corrélation avec l’importance de la douleur.  Ce signe est plus rare chez l’âne.
- Se tape le ventre avec les membres : Ce signe est assez souvent observé et son intensité est en corrélation avec l’importance de la douleur ; il fait d’ailleurs partie des scores d’évaluation de l’intensité de la douleur.
- Se regarde les flancs : Ce signe est souvent observé dans les cas de coliques. Il est utilisé dans les échelles d’évaluation de l’intensité de la douleur. Ce signe est absent chez l’âne.
- S’étire : Ce signe donne souvent l’impression d’une difficulté à uriner ou déféquer. Il est souvent observé chez les chevaux en coliques.
- Torpeur et dépression : généralement associé à un port de tête bas. Il est souvent le seul indicateur de la douleur chez l’âne.
- L’encensement (balancement anormale de la tête de façon brusque et incontrôlée) peut également être l’expression extrême d’une douleur ou d’une douleur chronique. C’est un trouble comportemental qui peut subsister par accoutumance après la suppression de la douleur chronique.  
- La prostration peut exprimer également une douleur importante : le cheval montre moins d’intérêts aux stimuli extérieurs comme le bruit, se montre indifférent à l’homme, peut faire abstraction de son environnement en restant prostré dans un coin de son box, tête dans le mur.


La douleur dorsale

Elle est parfois très difficile à dépister. Le premier motif de consultation pour les chevaux souffrant de dorsalgies est la baisse de performance. Elle peut se manifester par des mouvements de la queue, des grincements de dents, des balancements de la tête lors du pansage ou de la rétivité au travail.

Un cheval qui remue la queue (en dehors de causes comme les insectes) est souvent un cheval qui a mal, parfois de façon sévère.


La douleur ORL

Elle est également très difficile à dépister en l’absence d’autres symptômes. Le cheval peut parfois développer
un syndrome de headshaking (encensement) sur une douleur ORL.


Les habitudes

Un changement d’habitude particulier n’est décelé que par une personne connaissant bien le cheval.

La perte d’appétit est très fréquente lorsqu’un cheval ressent des douleurs : en effet, elle accroît la sécrétion d’hormones qui vont agir sur les centres de la faim.



Les échelles d’évaluation de la douleur

L’intensité de la douleur peut être évaluée à l’aide de « scores », dérivés des échelles d’évaluation de la douleur chez le nouveau-né humain.
A chaque paramètre qui se modifie en présence de douleur, une note est attribuée en fonction de l’importance de sa modification ; le score total permet d’évaluer l’intensité de la douleur.


Les échelles d’évaluation de la douleur sont encore peu développées, peu connues et peu utilisées.

Elles doivent utiliser des comportements relativement spécifiques : un paramètre est considéré comme spécifique de la douleur s’il ne se produit qu’en cas de douleur. Or, peu de paramètres sont complétement spécifiques à la douleur. Ces paramètres doivent donc être associés pour être significatifs : les échelles prennent toujours en compte plusieurs paramètres contrairement aux échelles d’évaluation de la douleur chez l’homme adulte : par exemple l’échelle numérique permet à l’homme de quantifier sa douleur grâce à un chiffre (entre 0= pas de douleur et 10 la plus grande douleur imaginable).

Elles donnent une analyse plus fine que celle  du « tout ou rien » trop fréquente chez l’animal qui consiste à considérer une douleur comme celle des coliques comme très intense et à négliger d’autres douleurs, parce qu’elles ont moins de conséquences immédiates ou qu’elles sont moins « spectaculaires ».

Les échelles d’évaluation de la douleur ont des outils fiables qui permettent d’adapter le traitement antalgique, mais également de suivre l’évolution de la douleur et d’estimer l’efficacité des soins en ré- évaluant régulièrement ce score au cours du temps ou après l’administration du traitement.

L’échelle de grimace faciale (HGS : Horse Grimace Scale Behaviour)  met en évidence la modification de certaines mimiques faciales et leur donne un score suivant leur intensité. Plus le score est élevé, plus le cheval est considéré comme «douloureux ».















Attention, l’utilisation de cette échelle suppose de connaitre les paramètres physiologiques habituels du cheval.
Si ce n’est pas le cas, vous pouvez utiliser les normes moyennes de ces paramètres, mais le score sera moins fiable : par exemple, la fréquence cardiaque normale d’un cheval adulte au repos est de 30 à 45 bpm. Cela suppose qu’un cheval dont la fréquence cardiaque habituelle est 30 bpm aura une fréquence cardiaque de 45bpm si elle est augmentée de 50% ( score 3) alors qu’un cheval dont la fréquence cardiaque de base est de 45 bpm aura une fréquence de 67 bpm si elle est augmentée de 50% ; l’écart est donc significatif pour obtenir le score de 3 entre 2 chevaux dont la fréquence cardiaque de base reste « dans la normale ». De plus, la fréquence cardiaque peut varier avec l’âge, la race, l’existence de pathologies ….

Cette échelle rapportée aux normes devient, pour un cheval adulte au repos:








Echelle d’évaluation de la douleur plus simple et plus pratique, particulièrement adaptée à l’évaluation des douleurs de nature inflammatoire (grâce au paramètre « réaction à la manipulation » intégrant le nombre de répétition d’un mouvement pour obtenir une réaction)








CS


 
Retourner au contenu | Retourner au menu