Art 6: hierarchie - CARPE

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                                                                                                                                                                                                                                                           Article publié en Avril 2014
Mise à jour en Février 2015

       
La hiérarchie chez les chevaux




Le cheval : un animal grégaire
                                                                                                                            
Le cheval est un animal grégaire, c’est à dire qu’il vit naturellement en troupeau ( harde) et aime la compagnie de ses congénères.  

Dans ce groupe (ou même dans un couple) de chevaux, une hiérarchie est établie et doit être respectée : chaque individu connaît sa position; il sera dominant pour les uns, dominé pour les autres.

Cette hiérarchie assure la cohésion du groupe, et donc, la sécurité de chaque individu. En effet, chez les chevaux sauvages, vivre en groupe assure la survie car un individu isolé est une proie plus facile pour les prédateurs.  
Elle permet aussi d’établir un leadership dépendant des capacités de chaque cheval, comme la capacité de trouver la meilleure herbe possible par exemple.


Chez les chevaux sauvages

Chez les chevaux sauvages, le groupe est un harem : il est constitué d’un étalon, plusieurs juments, des poulains de moins de 3 ans, et quelques jeunes chevaux.

L’étalon dit « alpha » est  le dominant du troupeau : il les guide et les protège, montant même la garde contre les prédateurs afin que les autres membres du groupe puissent se reposer.  Ainsi, être le cheval dominant implique sa responsabilité vis-à-vis du groupe : la sécurité dépend de lui.

L’existence d’une « matriarche », c'est-à-dire une jument expérimentée qui serait dominante également pour les autres membres du troupeau est aujourd’hui controversée mais pourtant très souvent décrite.

Lors des déplacements dans une harde de chevaux sauvages, il est démontré que les chevaux se placent en file, la jument dominante à l’avant, l’étalon à l’arrière, les poulains derrière leurs mères et les « amis » souvent l’un derrière l’autre.

Les jeunes étalons sont repoussés vers l’âge de 18 mois par le mâle dominant afin qu’ils ne menacent pas sa position, et restent à la périphérie de la harde,  formant des « groupes de jeunes célibataires ».

Si un individu au sein d’un groupe tient tête à un animal dominant, il sera repoussé par le troupeau, et se mettra de ce fait en danger.




Le leadership

A l’animal dominant est associé une « bulle », espace virtuel qui lui appartient et qui correspond au rayonnement de sa volonté. Toute intrusion dans cet espace d’un animal dominé déclenchera une réaction agressive.
De la même façon, l’animal dominant est le premier à boire ; il mangera la meilleure herbe et bénéficiera de l’endroit le plus confortable pour se reposer.  Si un autre cheval essaie « d’usurper » sa place, là encore, il le menacera jusqu’à le faire fuir.

Malgré le confort relatif accordé au cheval dominant,  tous les membres du groupe bénéficient de cette hiérarchie, puisque les dominés se sentent protégés et guidés par ceux qui sont les plus aptes à assurer la sécurité et la survie.

La menace ou les mouvements agressifs, même s’ils sont particulièrement démonstratifs peuvent parfois induire en erreur dans la compréhension de la hiérarchie du troupeau : l’animal dominant ne sera pas forcément celui qui enverra le plus de ruades car il suffit parfois à celui cî de remuer une oreille ou la queue pour que ses congénères comprennent qu’il leur est demandé de partir.



Dans un troupeau, le dominant n’est pas forcément le plus fort physiquement.C'est souvent le plus determiné, mais la "chimie" joue un rôle important:lorsque deux chevaux se rencontrent pour la première fois, afin d'établir une hiérarchie, ils vont se flairer les naseaux pendant quelques secondes. Puis survient un cri aigu suivi ou non d'une attaque. En fait, le flairage peut suffire, car le rang se détermine aussi grâce aux phéromones les plus actives du corps de l'autre individu, l'ensemble constituant sa "carte d'identité". Si cet échange d'odeur crée un certain bien être de part et d'autre, il se peut que les deux congénères s'entendent et qu'on les retrouve fréquemment côte à côte en train de se chasser les mouches ou de se gratter mutuellement.

Ce cheval très dominant ne menace généralement pas les chevaux d’un rang très inférieur, il s’en prendra naturellement  aux chevaux qui lui seront proches dans la hiérarchie, puisqu’ils pourraient menacer sa position.

Même si au sein d’une même famille, les individus peuvent tisser des liens privilégiés ou d’antipathie profonde( notamment lorsqu’un individu menace la position hiérarchique de l’autre) , il est intéressant d’observer que des juments dominantes donneront souvent naissance à des poulains dominants, du fait du « schéma » de domination qui leur est donné de voir pendant leur jeunesse.



Malgré l’utilisation des menaces, les chevaux en liberté se blessent rarement, car un animal soumis va indiquer sa soumission à l’individu dominant en lui cédant la place, quitte à lui-même aller menacer un autre cheval qui lui sera soumis.


La hiérarchie en réseau

Il a été déterminé que la hiérarchie dans un groupe de chevaux n’est pas pyramidale mais « en réseau », c'est-à-dire où chaque individu a une relation particulière à l’autre : si A domine B et que B domine C, il n’est pas impossible que c domine A.

Comme nous l’avons vu, la position dans le groupe déterminera ce que le cheval  mange, et quand il mangera ;  Il en sera de même pour l’eau et pour le choix des endroits où se reposer. Aussi, les chevaux essaient sans cesse d’améliorer leur position dans le groupe, par des jeux de force (ruade, morsure..),  tant que le rapport dominant- dominé n’est pas correctement établie.





Néanmoins,  la vie en groupe des chevaux n’est pas fait que de rapport de force, mais également de véritables affinités et démonstrations d’affection : l’attitude la plus évidente est celle du toilettage (ou « grooming »), où 2 chevaux tête bèche se gratte mutuellement la base de l’encolure.




En captivité

Chez les chevaux vivant en captivité, une société artificielle se crée, sur le modèle des chevaux en liberté du fait de leur instinct, mais pourtant parfois incohérente car leurs conditions de vie sont très différentes : il n’y a généralement pas d’étalon sans le groupe, la surface de pré est limité, et enfin, les chevaux ne se choisissent pas : ils vivent avec les chevaux qu’on leur a « imposé ». La hiérarchie dans ce groupe peut alors être remise en cause lors de l’introduction d’un nouveau cheval.

Il est parfois difficile pour l’homme de déterminer le rôle de chaque individu dans le groupe ; c’est surtout au moment de la distribution de nourriture que sa structure se dévoile.


Le rapport de l’humain au cheval

Ainsi, bien souvent la dynamique du troupeau n’est pas entièrement comprise par le propriétaire.

S’interposer en tant qu’être humain au sein de cette hiérarchie ne peut pas avoir d’autre effet que de provoquer de la rancœur.

Mais comprendre le fonctionnement du cheval est indispensable pour l’homme afin d’interagir avec lui en connaissant quel statut le cheval lui accorde et quelles attitudes prendre face à lui.

En effet, le cheval avec l’homme va de la même façon qu’avec ses congénères chercher à savoir qui est dominant et qui est dominé. Il est important que cette relation soit rapidement et clairement définie.

L’homme possédant une  corpulence bien inférieure à celle du cheval, c’est surtout par la voix et par les gestes qu’il va communiquer avec le cheval : une réprimande d’une voix sèche, un bras qui s’agite, va représenter pour le cheval une menace, qui comprendra que l’homme est en colère.

Le cheval essaiera parfois de braver son propriétaire, comme il le ferait avec un cheval, afin de devenir le dominant. Même s’il s’agit d’un geste anodin,  il est nécessaire de ne pas se laisser faire car il interprèterait ceci comme un signe de faiblesse ou de soumission, et essaiera quelque chose de moins anodin la fois suivante.

Ce rapport de force n’empêche en aucun cas un homme et un cheval d’établir un réel lien d’affection ; il s’agit juste d’adopter le même « langage «  que lui et d’éviter la survenue de mauvaises habitudes, voir d’éviter qu’un cheval ne devienne dangereux.
Certains chevaux ne comprennent jamais qu’un homme ne sera pas un rival pour la nourriture : c’est le cas des chevaux qui mettent systématiquement les oreilles en arrière lorsqu’il est nourrit.

La grande difficulté pour le propriétaire d’un cheval est de distinguer ces mises à l’épreuve de la part de son compagnon d’une réelle frayeur.
Par exemple, un jeune cheval qui refuserait de passer un cours d’eau peut vouloir « tester » son cavalier, mais il peut également éprouver une vraie  frayeur.

Or, punir un cheval qui a peur est réellement néfaste pour lui, car cela engendrerait un cercle vicieux : le cheval, menacé alors qu’il est déjà en état de crainte développerait une plus grande angoisse encore envers l’objet de cette peur. Il est assez courant de voir un cavalier réprimander un cheval qui a une réaction brusque de peur, seulement parce que lui-même a été effrayé. C’est une situation condamnable et très néfaste, de la part de quelqu’un qui ne comprend pas le cheval.


En résumé, il est essentiel de comprendre le fonctionnement du cheval et d’éviter tout anthropomorphisme (c’est-à-dire prêter au cheval les mêmes sentiments et les mêmes comportements que l’homme). Il est impossible à un cheval de « parler humain », il est donc  nécessaire que ce soit l’homme qui apprenne à « parler cheval », et cela, pour le bien de tous.

CS

 
 
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